Nouvel appel de l’OCDE pour la parité

par La rédaction

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L’OCDE appelle à changer la société pour parvenir à l’égalité entre hommes et femmes.  Trois priorités : éducation, emploi, entrepreneuriat. Un programme de préconisations copieux. Reste à l’appliquer.


« Les problèmes sont complexes ; pour les surmonter, il faudra modifier la façon dont nos sociétés et nos économies fonctionnent », avertit le rapport de l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques, (OCDE) publié lundi 17 décembre et intitulé « Inégalités hommes-femmes. Il est temps d’agir ».

L’OCDE qui regroupe une trentaine de pays développés, rappelle ce constat : « De plus en plus, les jeunes femmes ont (donc) un niveau d’études supérieur à celui des jeunes hommes dans de nombreux pays de l’OCDE. » Pourtant, « les femmes continuent à gagner moins que les hommes, ont moins de chances d’atteindre le sommet de la hiérarchie au travail et ont un plus grand risque de finir leur vie dans la pauvreté. »

Partage du travail rémunéré et non rémunéré

Et d’insister : l’égalité entre hommes et femmes doit notamment passer par un partage plus équitable du travail rémunéré et non rémunéré entre les femmes et les hommes, ce qui « implique une évolution des normes, des cultures, des mentalités et des attitudes. » Si « de telles évolutions prennent du temps », l’organisation juge que « les politiques publiques ont un rôle à jouer pour mieux faire prendre conscience des préjugés sexistes qui perdurent au sein de la société et pour promouvoir le changement. L’intégration de la question de la parité à tous les niveaux de l’action publique est l’une des mesures à prendre pour renforcer efficacement l’égalité hommes-femmes. »

Exemple français

A l’égard de la France, le rapport salue les plans d’action engagés ces dernières années « en faveur de l’égalité salariale, la représentation des femmes dans les conseils d’administration ou les aides en faveur de la conciliation emploi-famille ». Il considère également comme « une initiative intéressante » le plan de lutte contre les stéréotypes engagé par le ministère des Droits des femmes, « puisqu’un changement d’attitudes et de mentalités est nécessaire pour modifier les comportements qui s’enchaînent très tôt ». Mais l’OCDE en profite pour réitérer son vœu (Lire : Politique familiale : bons points et reproches de l’OCDE) de voir aboutir une réforme du congé parental « visant à encourager un partage plus équilibré de la prise en charge du jeune enfant entre père et mère ».

Un enfant = 12% de salaire -encore- en moins pour la maman

En effet, rappelle l’OCDE, la naissance d’un enfant crée des interruptions de carrière ; « elle affecte aussi nettement la durée du travail et l’écart de salaire entre hommes et femmes qui est accru de 12% en présence d’au moins un enfant pour les salariés à temps plein. Ces interruptions de carrières conduisent, en outre, à un écart de pensions de retraite plus important en France que dans la moyenne des pays de l’OCDE : les femmes perçoivent une pension de retraite qui est en moyenne inférieure de 39% à celle des hommes, l’écart étant de 34% en moyenne dans l’OCDE. »

Education emploi, entrepreneuriat

Le rapport de l’OCDE s’inscrit dans le cadre de son « Initiative pour la parité », qui vise à explorer les aspects économiques des inégalités entre hommes et femmes, au travers de trois « dimensions clé » : l’éducation, l’emploi et l’entrepreneuriat.

Trois dimensions également au cœur d’un Forum sur la parité, lundi 17 décembre au siège de l’OCDE à Paris. Plusieurs ministres, dont Najat Vallaud-Belkacem, ainsi que des représentants des entreprises et des syndicats « réfléchiront à ce que les pouvoirs publics et le secteur privé devraient faire pour faire progresser l’égalité entre hommes et femmes et améliorer les perspectives économiques pour les femmes. »

Morale, justice, équité

L’organisation prend toutefois soin de préciser : « L’égalité entre les hommes et les femmes n’est pas qu’une question d’autonomisation économique : elle est un impératif moral, une préoccupation de justice et d’équité qui recouvre de multiples dimensions – politiques, sociales et culturelles. Elle est aussi un facteur clé dans le sentiment de bien-être et de bonheur dont les individus eux-mêmes font état de par le monde. »

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Image : Couverture du rapport « Inégalités hommes-femmes. Il est temps d’agir » © Adeline Marshall

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