Accueil SagaInitiatives Objectifs du Millénaire pour le Développement : dernier bilan avant nouveau départ

Objectifs du Millénaire pour le Développement : dernier bilan avant nouveau départ

par Arnaud Bihel

OMDLes Objectifs du Millénaire pour le Développement arrivent à terme cette année. Avec un bilan mêlant progrès et inégalités persistantes. Et après ?

L’organisation des Nations Unies a publié lundi 6 juin son rapport d’évaluation 2015 des Objectifs du Millénaire pour le Développement. C’est le dernier de ce type, puisque l’année 2015 marque la date butoir pour laquelle ces OMD avaient été fixés 15 ans plus tôt. Ces 8 objectifs recouvrent la réduction de l’extrême pauvreté et de la mortalité infantile, l’égalité des sexes ou encore l’accès à l’éducation.

Au final, le bilan est mitigé. Le rapport met en avant autant les succès que les « progrès inégaux ». Du côté des constats positifs, entre autres : plus d’un milliard de personnes sont sorties de l’extrême pauvreté ; la proportion de personnes sous-alimentées dans les régions en développement a baissé de moitié ; beaucoup plus de filles sont scolarisées.

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Mais les objectifs sont loin d’avoir été tous tenus, et « les progrès n’ont pas concerné tout le monde », admet le Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon. « Trop de gens ont été laissés de côté, en particulier les plus pauvres et ceux qui sont défavorisés en raison de leur sexe, de leur âge, de leur handicap, de leur ethnie ou de leur zone géographique. Trop de femmes et d’enfants continuent de mourir lors de grossesses ou de complications lors de l’accouchement. Et trop de gens n’ont pas accès à des structures d’assainissement, notamment dans les zones rurales ».

C’est « pour le finir le travail commencé » qu’un nouveau programme de développement pour les 15 prochaines années doit être adopté lors d’un sommet de l’ONU à New York, du 25 au 27 septembre.

L’avant-projet de la déclaration qui doit être adoptée à cette occasion prévoit un programme plus vaste que les OMD, avec 17 objectifs – parmi lesquels « parvenir à l’égalité des sexes et autonomiser toutes les femmes et les filles » (Voir aussi : Lakshmi Puri : pour le développement, l’égalité des sexes).

La France parent pauvre de l’aide au développement

Avant le sommet de septembre à New York, des dirigeants mondiaux se réuniront du 13 au 16 juillet à Addis-Abeba, en Ethiopie, pour la troisième conférence sur le financement du développement. Il y évoqueront notamment ces objectifs de développement pour l’après-2015, et les moyens de les financer.

L’occasionpour des ONG, d’appeler les pays riches à tenir une de leurs principales promesses : délivrer 0,7% de leur revenu national brut (RNB) à l’aide publique au développement, dont la moitié au bénéfice des pays les plus pauvres.

La France, sur ce point, est loin du compte. Elle ne consacre à l’aide au développement que la moitié de ce qu’elle avait promis : 0,36% de son RNB, et cette part ne cesse de reculer depuis 2010. Seuls 5 pays – la Suède, le Luxembourg, la Norvège, le Danemark et le Royaume-Uni – ont dépassé la barre des 0,7%.

L’ONG One, qui a lancé une campagne d’interpellation du gouvernement, souligne en outre que seulement 25% de l’aide française est allouée aux pays les plus pauvres. « Une aberration quand on sait que c’est là que vivent ceux qui en ont le plus besoin ».

 

Photo : une femme enceinte au Timor-Leste, 2010 © UN Photo/Martine Perret

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flo 8 juillet 2015 - 07:24

Comme le souligne le rapport, les causes fondamentales des inégalités entre les femmes et les hommes ne sont pas abordées ni traitées dans ces données. Tant que les lois, qu’elles soient d’origine « divine » (charia) ou humaine (règles juridiques) et même les coutumes (puisque intégrées dans certains systèmes juridiques) qui ne garantissent pas l’égalité entre les sexes ne sont pas dénoncées et abolies, ces inégalités et les violences qui en découlent persisteront pour les filles et les femmes dans le monde.

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