Onde de choc en Inde après un viol collectif

par La rédaction

Le calvaire vécu par une étudiante soulève un plus vaste débat dans le pays sur les violences à l’encontre des femmes.


 

Cinq jours après les faits, le viol collectif d’une étudiante à New Delhi, et l’onde de choc que l’affaire a propagée, continue de faire la une de la presse indienne.

La jeune femme de 23 ans a été battue et violée dimanche soir dans un bus. Elle est toujours hospitalisée, dans un état grave. A ce jour, cinq personnes ont été arrêtées. Jeudi soir encore, plusieurs centaines de manifestants, principalement des étudiant.e.s, se sont rassemblées devant le siège du gouvernement de l’Etat à New Dehli, qui est aussi la capitale du pays.

« Alors que les peines étaient jusqu’à présent légères et les arrestations plus que rares avec une police masculine à 93%, certains députés vont jusqu’à réclamer aujourd’hui la peine de mort » à l’encontre des violeurs, rapporte Arrêt sur Images, titres de presse à l’appui. Le comité parlementaire des affaires intérieures annonce, ce vendredi, qu’il se réunira le 27 décembre pour étudier les réponses du système administratif et judiciaire face aux affaires de viol et les éventuels changements à y apporter.

Si le débat sur la répression fait rage, l’affaire permet aussi de souligner qu’il s’agit là d’un symptôme d’un mal plus profond. « Le viol est le paroxysme d’une hostilité à l’égard des femmes profondément ancrée dans notre société (…) Les femmes sont les Dalits (Intouchables) de notre société patriarcale », écrit Jug Suraya (en anglais), rédacteur en chef du quotidien Times of India, rappelant que cette violence de genre commence dès l’état de fœtus. La sélection prénatale en faveur des garçons reste une pratique courante en Inde.

Ratna Kapur, professeure de droit, lui fait écho dans un autre quotidien, The Hindu, en estimant qu’une « législation renforcée – et les appels à la peine de mort – ne sont pas la réponse à ce qui est un problème de société profondément enraciné ». La réponse à cette « culture du viol » passe par l’éducation et « une plus grande responsabilité de la part des parents et de la société pour ne plus élever les fils d’une façon qui les endoctrine en leur faisant se sentir supérieurs ».

En 2011, plus de 24 000 cas de viols ont été officiellement enregistrés en Inde, dont 624 à New Dehli, surnommée la « capitale du viol ». Moins d’un quart débouchent sur des condamnations. Et selon les associations féministes, seule une infime minorité des plaintes est effectivement enregistrée. Dans la capitale comme dans l’ensemble du pays, les chiffres sont en constante augmentation ces dernières années.

 

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2 commentaires

Ann 3 janvier 2013 - 12:13

Les condamnations sont de 26% des plaintes portées pour viols, en Inde. Mais ne nous leurrons pas ,selon la presse anglo-saxonne , c’est mieux parait-il qu’ en Grande Bretagne et aux US.

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