Accueil Eco & SocialEnvironnement A l’ONU, l’appel à la « révolution verte permanente »

A l’ONU, l’appel à la « révolution verte permanente »

par La rédaction

ZumaHalonen

Le développement durable et l’égalité doivent être au cœur des décisions politiques et économiques. A l’approche de la conférence de Rio sur le développement durable, un groupe de travail a remis à l’ONU ses recommandations pour mettre un terme au modèle actuel, jugé « insoutenable ».


« Trois milliards d’êtres humains pourraient basculer dans la pauvreté ». Le titre de cette dépêche de l’agence Reuters, consacrée au rapport du Groupe de haut niveau sur la croissance durable, fait froid dans le dos.

Le document remis lundi 30 janvier au secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, est en fait moins alarmiste. Ce n’est qu’au détour d’une phrase qu’il évoque « le risque de condamner jusqu’à trois milliards de membres de notre famille humaine à une vie de pauvreté endémique ».
Ce « Groupe de haut niveau », composé de 22 membres, était co-présidé par celle qui sera bientôt l’ex-présidente de la Finlande, Tarja Halonen, et Jacob Zuma, son homologue sud-africain. 

Leur rapport, intitulé « Gens résilients, planète résiliente : un avenir qui mérite d’être choisi » (ici en anglais), rappelle que la population de la planète devrait passer de 7 milliards à 9 milliards d’habitants d’ici à 2040. Et que « le  besoin de ressources va croître de manière exponentielle » : en 2030, le monde aura besoin d’au moins 50% de nourriture, 45% d’énergie et 30% d’eau supplémentaires.

« Le modèle actuel de développement est insoutenable »


Pour faire face à cette situation, le Groupe de travail s’adresse aux gouvernements, aux marchés et aux peuples et avertit : « le modèle actuel de développement est insoutenable ».
Il appelle alors de ses vœux une « nouvelle révolution verte » ; une « révolution verte permanente » fondée sur la notion de développement durable. Il ne s’agit pas là que de protéger la nature, insistent-ils : le développement durable est une affaire d’interconnexions entre les activités humaines et l’environnement. Il requiert une vision économique d’ensemble.
Le groupe de travail prodigue 56 recommandations pour mener cette nouvelle révolution, créatrice d’emplois verts, garante d’une société plus juste et respectueuse de l’environnement et des ressources de la planète.

D’autres indicateurs de croissance, un socle de protection sociale, l’égalité de genre…

Il appelle ainsi à intégrer les coûts sociaux et environnementaux dans la manière de fixer les prix mondiaux et mesurer les activités économiques. Cela doit passer par une remise en cause du tout-puissant produit intérieur brut (PIB), soulignent ses auteurs : « La communauté internationale devrait mesurer le développement au-delà du PIB et développer un nouvel indice ou de nouveaux indicateurs de développement durable ». (L’occasion de se replonger dans notre dossier).
L’un des défis essentiels, pour le groupe de travail, est la réduction des inégalités. Ils le soulignent en effet : alors que de plus en plus de richesses sont produites, les inégalités n’ont cessé de s’accroître, cette dernière décennie, entre les plus riches et les plus pauvres dans la grande majorité des pays du monde. Pour Tarja Halonen, « l’élimination de la pauvreté et l’amélioration de l’équité doivent rester des priorités pour la communauté internationale. »
C’est notamment l’occasion pour les auteurs du rapport de plaider, à leur tour, pour un socle mondial de protection sociale. Ce projet porté depuis 2 ans par l’Organisation internationale du travail et Michelle Bachelet devait être un des points clé de la présidence française du G20 cette année. Il est quelque peu passé à la trappe
L’égalité, c’est aussi celle, nécessaire, entre les hommes et les femmes, insiste le rapport : « Toute transition sérieuse vers le développement durable requiert l’égalité de genre. »

Objectif Rio+20

Jusqu’ici, « le développement durable a indiscutablement souffert d’un manque de volonté politique », remarque le groupe de travail. Ce document permettra-t-il de changer – au moins un peu – la donne ? Il est loin d’être le premier à plaider pour un modèle de société plus respectueux. « La nécessité d’intégrer les dimensions économiques, sociales et environnementales pour un développement durable a été clairement définie il y a un quart de siècle », observent d’ailleurs les auteurs du rapport.

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2 commentaires

Manso 1 février 2012 - 09:30

Même si ce rapport n’y fait pas directement allusion, politiquement correct oblige, la planète est “à bout de souffle” du fait de l’explosion démographique passée : tous les maux écologiques seraient moindres si nous n’étions pas si nombreux. Certes pour ce qui est des 7 milliards d’êtres humains actuels, nous ne pourrons revenir en arrière de sitôt, mais en ce qui concerne les 3 milliards supplémentaires attendus d’ici la fin du siècle, ce ne sont que des prévisions et non une fatalité.
http://www.demographie-responsable.org/

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nickland772 2 février 2012 - 02:37

Consommer mieux et moins. Ne pas craindre le changement et tourner nos économies vers le développement durable. Aux poubelles les énergies fossiles et il faut durcir le ton face aux compagnies et aux citoyens qui se fichent de l’environnement et la planète pourra supporter plus d’humains. Si nous continuons a avancer comme des bulldozers comme nous le faisons maintenant…. échec et mat

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