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Pauvre papa privé de son fils ? Pas si simple

par Isabelle Germain

père-noel-grueUn quotidien régional reconnaît s’être fait manipuler par un père le soir de Noël. Remake des papas perchés sur les grues.

Le soir de Noël, le quotidien régional La Dépêche du Midi a reçu un communiqué d’un homme organisant un happening devant un tribunal pour se plaindre de ne pas passer le réveillon avec son fils. Il est séparé de la mère. Et La Dépêche y va de son récit plein de compassion avec force trémolos devant ce père « seul. Désespérément seul »…

Pas de contre-enquête sur les raisons pour lesquelles il en est là, aucune réserve de la part du journal. L’histoire a pourtant un arrière-goût de papas perchés sur des grues. Quand, il y a deux ans, des pères séparés de leurs enfants après un divorce sont montés en haut de grues pour crier leur désespoir, une bonne partie de la presse a alors illico pris fait et cause pour ces hommes. Découvrant seulement plus tard que certains d’entre eux avaient eu des comportements qui justifiaient que la garde des enfants ne leur soit pas accordée. Que des chiffres donnés par les associations de pères étaient faux ou ne reflétaient qu’une partie du problème. Et que la justice ne lésait pas les pères contrairement à ce qu’ils affirmaient (Voir : Garde des enfants : les pères gagnent du terrain).

Idem ici. La Dépêche du Midi, en guise de contre-enquête, a reçu plusieurs courriers de proches de la famille et a publié un nouvel article « tous victimes d’une manipulation ». Le père serait en obligation de soins, il aurait aussi une fille dont il ne parle pas, il ne paierait pas sa pension alimentaire. Le journal, cette fois-ci, a cherché à en savoir un peu plus, en vain car ce genre de situation est forcément complexe.

Mais pourquoi avoir attendu le courrier des proches de la famille pour donner les deux versions des faits ? Pourquoi tant de compassion envers ce père, comme avec les pères des grues, en un premier temps ?

Probablement parce que c’est toujours le point de vue masculin qui s’exprime dans les médias d’information. Il y a quelques jours, deux articles traitaient avec humour pour l’un, romantisme pour l’autre, des agressions sexuelles. En donnant la parole à ceux qui organisent des happenings, font le plus de bruit, ou ont la chance de diriger des journaux puissants, les médias font perdurer le système.

 

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3 commentaires

3 commentaires

Lène 31 décembre 2015 - 15:19

Bonjour,

un peu dans le même ordre d’idée, il y a l’affaire Jacqueline Sauvage. Pourquoi ne pas en avoir parlé sur ce site? J’aimerais bien en savoir un peu plus. Par exemple, j’ai lu que cette femme avait vécu 47 ans avec un homme violent et qu’elle n’avait jamais été entendue, notamment par les services qui auraient dû jouer leur rôle (services sociaux, police, etc…). Comment est-ce possible? Je vous serais bien reconnaissante de m’éclairer sur ce point!
Je vous souhaite un bon réveillon.

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Zuzanna Jablonska 3 janvier 2016 - 19:40

Bonjour Lène,
Nous avons bien sûr parlé de l’affaire Jacqueline Sauvage. C’est par ici : http://www.lesnouvellesnews.fr/condamnation-jacqueline-sauvage-definition-de-legitime-defense-restrictive-archaique/
Bonne lecture et bonne année.

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09 Aziza 5 janvier 2016 - 09:53

@lène: les services sociaux ne sont pas la police, et n’ont aucun pouvoir d’intervention si il ne s’agit pas d’enfants mineurs. Seulement une capacité de persuasion, et d’incitation à porter plainte, et d’accompagnement dans cette démarche(on peut accompagner une femme au commissariat).En l’occurence, si les filles de cette dame étaient victimes d’inceste alors qu’elles étaient mineures, effectivement, que s’est il passé? mais vous savez l’inceste n’est pas facile à déceler si les victimes ne parlent pas! Et la plupart du temps , elles sont terrifiées de parler, car l’entourage leur fait bien comprendre que la punition sera terrible si elles mettent qui que ce soit au courant. La meilleure prévention reste l’information des ENFANTS EUX MÊMES, comme au Québec, et dans le milieu scolaire/ si tout le monde montre que l’inceste est un crime, l’enfant est mieux armé pour dire « non », et dénoncer.

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