Accueil Politique « Parce que ce sont des femmes, on en fait tout un plat »

« Parce que ce sont des femmes, on en fait tout un plat »

par La rédaction

Toutes les têtes d’affiches des municipales à Paris sont des femmes et se revendiquent féministes. Une situation à double tranchant.


 

Anne Hidalgo sera bien la candidate socialiste à la mairie de Paris pour l’élection de 2014. Son éventuel rival, Jean-Marie Le Guen, a officiellement jeté l’éponge vendredi 15 mars.

Avec Nathalie Kosciusko-Morizet et Rachida Dati qui se disputeront l’investiture de l’UMP, peut-être Rama Yade pour l’UDI, et éventuellement Cécile Duflot pour EELV, la campagne des municipales dans la capitale sera donc une affaire de femmes.

Le quotidien britannique The Guardian s’intéresse à cette situation, ce vendredi, et y voit une nouvelle « révolution française ». Pour Philippe Marlière, professeur de sciences politiques à l’Université de Londres, cela évitera que les commentateurs posent cette question : « Est-ce que la candidate est légitime ? »

Siobhan Benita, candidate indépendante à la mairie de Londres en 2012, commente pour sa part : « C’est amusant, car si c’était une élection avec uniquement des candidats masculins, cela paraîtrait normal. Mais parce que ce sont que des femmes, on en fait tout un plat. »

Il faut dire que les candidates elles-mêmes encouragent cette situation. Ces derniers jours, Anne Hidalgo et Nathalie Kosciusko-Morizet ont débattu à distance sur le mode ‘je suis la plus féministe’. La première annonçait le 8 mars qu’elle présenterait des têtes de listes paritaires, invitant NKM à faire de même. Celle-ci lui répondait qu’elle n’avait à recevoir « de leçon de personne en matière de parité ».

Observant, plus largement, une « mode » de la revendication féministe chez les femmes politiques, Chralotte Lazimi concluait le 13 mars sur le blog Les Martiennes : « Toutes ces revendications de féminisme rendent le discours pour l’égalité inaudible. C’est dommage. »

 

 

A VOUS DE JOUER

o Vous appréciez nos articles ?
o Vous voulez partager l’information pour que tout le monde ouvre les yeux sur l’inégalité des sexes ?
o Vous considérez que l’égalité dans les médias est la mère de toutes les batailles pour l’égalité ?
o Vous savez qu’un journal indépendant et de qualité doit employer des journalistes professionnels ?
Si vous avez répondu oui à une de ces quatre questions, faites un don pour financer l’information. Ce don est défiscalisé à 66 %. (Un don de 50 € vous coûte en réalité 17 €)

JE FAIS UN DON

15 commentaires

lili 15 mars 2013 - 10:52

… une femme aura le droit de gagner … contre d’autres femmes.

C’est assez énervant de voir que pour qu’une femme arrive à un haut niveau, il faut le vide d’hommes autour d’elle.
C’était pas possible que l’une ou l’autre ait juste plus de voix qu’un homme???? Ils ont peur d’être battus par une femme alors ils lâchent l’affaire avant???

C’est vraiment pénible, et personne ne le relève.
Les mecs se barrent dès qu’ils risquent de perdre le pouvoir au profit d’une/les femmes. On décide que c’est devenu « un truc de filles » et hop ces messieurs n’en veulent plus (cf. les filières professionnelles où les filles commencent par dominer les classements avant que les garçons ne désertent la filière elle-même…)

Comme en entreprise, où bizarrement nommer une femme chef d’une équipe féminisée, ça passe moins difficilement que de nommer une femme chef d’une équipe plutôt masculine.

Tu parles d’un progrès pour les femmes. Où est l’égalité? S’il n’y avait que des hommes candidats à la Mairie de Paris, on en ferait aussi tout un plat, on dénoncerait l’exclusion des femmes, le machisme, et ce serait une bonne chose. Mais qui se plaint de l’absence de diversité parce qu’il n’y a pas d’hommes? Est-ce que c’est mieux?

Répondre
hic 15 mars 2013 - 11:52

« « Toutes ces revendications de féminisme rendent le discours pour l’égalité inaudible. C’est dommage. » »

Après le « je ne suis pas féministe mais », on va donc assister au « je suis féministe, mais »…

Répondre
Eric 16 mars 2013 - 09:09

« pour qu’une femme arrive à un haut niveau, il faut le vide d’hommes autour d’elle. »

Pas forcément. Il y a aussi les quotas (d’ailleurs cette situation à Paris est le résultat indirect des quotas en politique). Ou alors les nominations.

« les filles commencent par dominer les classements avant que les garçons ne désertent la filière elle-même… »

C’est l’inverse: la filière devient moins attractive pour les garçons, les premiers à se barrer, ce sont les meilleurs d’entre eux, les filles parviennent donc à grimper dans le classement, mais l’hémorragie masculine se poursuit jusqu’à ce que la filière devienne clairement féminine.

Il n’existe pas d’exemple de filière ou de domaine attractif pour les garçons/hommes dont le sommet de la hiérarchie serait dominé par les filles/femmes.

Répondre
hic 16 mars 2013 - 17:30

« Eric »

C’est l’inverse: la filière devient moins attractive pour les garçons, les premiers à se barrer, ce sont les meilleurs d’entre eux, les filles parviennent donc à grimper dans le classement, mais l’hémorragie masculine se poursuit jusqu’à ce que la filière devienne clairement féminine.

Je serais bien curieuse de savoir ce qui est sous-entendu ici.

Répondre
Eric 16 mars 2013 - 21:11

Je ne « sous-entends » rien.

Les hommes ne se sentent pas en concurrence avec les femmes de manière générale. Si je lis ou entends parfois des femmes (plutôt féministes) avoir un discours du type « on va leur montrer que… » et chercher à se mesurer aux hommes, la réciproque n’est pas vraie. Probablement parce que la hiérarchie est évidente aux yeux de chacun et que les hommes n’ont rien à prouver aux femmes. Un homme qui jouerait à « on va leur montrer que… » avec les femmes aurait l’air d’un clown. Une femme qui fait la même chose aura l’air d’une féministe. C’est quand même moins humiliant. 🙂

Par ailleurs les femmes ont une solidarité collective entre elles que n’ont pas les hommes entre eux. Les hommes peuvent être très collectifs, mais uniquement lorsqu’il s’agit de vaincre un groupe d’hommes concurrents (sports, guerres, etc). Former une équipe de mecs pour battre les femmes, ça paraît totalement absurde. Ça n’existe pas, ou alors juste pour déconner. Et en général ce sont les femmes qui gagnent, preuve que la galanterie a encore de beaux restes.

C’est pourquoi le scénario que décrivait Lili me paraît irréaliste.

Une filière connaît une hémorragie de garçons lorsque les métiers vers lesquels elle mène évoluent vers des caractéristiques plus féminines (plus de « care », moins de prises de risque, moins de créativité, et par conséquent des rémunérations moindres). Quand ça se bureaucratise et se fonctionnarise, les hommes déguerpissent et les femmes investissent le secteur. C’est l’évolution qu’a connu le métier de médecin généraliste.

Répondre
Meg 17 mars 2013 - 09:24

oui pour toi un homme se dévalorise en se comparant à une femme. Si la femme gagne, c’est que les hommes sont galants. Quant des femmes réussissent dans un domaine masculin c’est pas qu’elles sont bonnes, c’est que les hommes de qualité sont parti, une femme ne serait rivaliser en intelligence avec un mec. C’est insupportable de te lire Éric, défendre bec et ongle l’inexistence d’une solidarité masculine que tu passe pourtant ton temps a venir illustré ici. Parceque venir dire ici que les femmes sont biologiquement stupides par rapport aux hommes ce n’est pas te montrer solidaire de ta communauté de la bite. Sal troll

Répondre
de profundis 18 mars 2013 - 05:30

Il faut arrêter de croire que lorsqu’un métier ou une fonction se dévalorise il se féminise et vice versa. Mairie de Paris, ce n’est pas dévalorisant je crois. Si les hommes ne veulent pas prendre le risque d’être battus, ce sont eux qui se dévalorisent…

Répondre
Lili 18 mars 2013 - 08:55

« de profundis »
Il faut arrêter de croire que lorsqu’un métier ou une fonction se dévalorise il se féminise et vice versa. Mairie de Paris, ce n’est pas dévalorisant je crois. Si les hommes ne veulent pas prendre le risque d’être battus, ce sont eux qui se dévalorisent…

Non c’est vrai, maire de Paris ce n’est pas dévalorisant. C’est donc pour cette raison que Mr Fillon, longtemps aspirant à la candidature, a laissé ce morceau de choix aux autres, se consacrant pour sa part à la conquête de l’UMP, dont l’histoire montre qu’à l’heure actuelle c’est un tremplin plus efficace vers la Présidence de la république.

Le jour où NKM envisagera d’être candidate à la candidature à la présidence, quelque chose me dit que l’UMP (surtout l’UMP) sera moins conciliant et que ce jour-là ils seront nombreux à lui dire combien Maire de Paris c’est prenant, valorisant, formidable… et incompatible avec une campagne présidentielle.

J’espère qu’elle ne se fera pas avoir, elle a en plus une bonne analyse de ce genre de choses. Mais la manoeuvre est flagrante.

Répondre
Lili 18 mars 2013 - 09:01

« Eric »
Je ne « sous-entends » rien.

Les hommes ne se sentent pas en concurrence avec les femmes de manière générale. Si je lis ou entends parfois des femmes (plutôt féministes) avoir un discours du type « on va leur montrer que… » et chercher à se mesurer aux hommes, la réciproque n’est pas vraie.

C’est pourquoi le scénario que décrivait Lili me paraît irréaliste.

Une filière connaît une hémorragie de garçons lorsque les métiers vers lesquels elle mène évoluent vers des caractéristiques plus féminines (plus de « care », moins de prises de risque, moins de créativité, et par conséquent des rémunérations moindres).

Effectivement, les hommes ne se sentent pas en concurrence de manière générale avec les femmes. Sauf qu’ils ont de plus en plus tort, et que la réalité s’impose de plus en plus à eux. A l’école, mixte, la concurrence est là. Ca les gêne. Alors, consciemment ou pas, ils l’évitent, ils se replient vers les secteurs effectivement moins compatibles avec les contraintes, encore trop féminines, de la vie de famille, où ils sont protégés.
Mais il va falloir qu’ils s’adaptent, et ils le feront. Soyez un peu plus optimiste sur les capacités de vos compagnons de masculinité, Eric. Un jour eux aussi seront libérés des stéréotypes à la c… et tout le monde en sera gagnant.
Quant à la solidarité féminine … si vous saviez….

Répondre
PascalePerron 18 mars 2013 - 11:31

« Une filière connaît une hémorragie de garçons lorsque les métiers vers lesquels elle mène évoluent vers des caractéristiques plus féminines (plus de « care », moins de prises de risque, moins de créativité, et par conséquent des rémunérations moindres).[/quote] »

Pff ! voilà quelqu’un qui parle à travers son chapeau.

Soigner et prendre soin nécessite énormément de créativité. Il faut constamment s’adapter et créer des solutions uniques qui correspondent à la situation et à la personne unique qui est devant nous.
Prendre soin représente un risque pour la santé psychique des personnes qui aide : à preuve c’est le domaine où l’on rencontre le plus de Burn out. Quand la vie ou l’avenir de quelqu’un, qui compte sur vous, dépend des gestes professionnels que vous poserez, on peut parler de risque.

De toutes façons, les domaines les moins reconnus sont ceux de l’humain. C’est une question d’histoire et de choix des valeurs sociales prioritaires. Les banques avant les hôpitaux, la défense militaire avant les services sociaux… nous avons (peut-être) besoin des deux mais le fait que certains domaines soit moins rémunérés est lié à ce qui a de la valeur collectivement. Aujourd’hui l’argent est plus important que les êtres humains. L’actualité nous le prouve tous les jours.

Répondre
florence larroque 18 mars 2013 - 12:46

« Eric »
« pour qu’une femme arrive à un haut niveau, il faut le vide d’hommes autour d’elle. »

Pas forcément. Il y a aussi les quotas (d’ailleurs cette situation à Paris est le résultat indirect des quotas en politique). Ou alors les nominations.

« les filles commencent par dominer les classements avant que les garçons ne désertent la filière elle-même… »

C’est l’inverse: la filière devient moins attractive pour les garçons, les premiers à se barrer, ce sont les meilleurs d’entre eux, les filles parviennent donc à grimper dans le classement, mais l’hémorragie masculine se poursuit jusqu’à ce que la filière devienne clairement féminine.

Il n’existe pas d’exemple de filière ou de domaine attractif pour les garçons/hommes dont le sommet de la hiérarchie serait dominé par les filles/femmes.

Vive la fuite des cerveaux ériquéens !! Vive la perdition de l’instinct de domination dans les bas-fonds du masculinisme !

Répondre
Eric 18 mars 2013 - 20:28

@Meg

Je ne suis pas « solidaire des hommes ». Je suis solidaire de la vérité. Si je dis que la France produit de meilleurs vins que l’Angleterre, ce n’est pas du chauvinisme franchouillard, c’est un simple constat. Et si je dis que l’Angleterre produit de la meilleur pop que la France, j’espère qu’on ne va pas m’accuser d’antipatriotisme et de haute trahison. Je suis parfaitement capable de tenir compte des réalités statistiques qui jettent une lumière peu flatteuse sur les catégories dont je relève – par exemple le fait que les hommes commettent plus d’homicides que les femmes. Ça ne vous pose pas de problème de constater ce type de différences, non ?

@ PascalePerron

« à preuve c’est le domaine où l’on rencontre le plus de Burn out »
Je soupçonne que cette prévalence de troubles psychiques invisibles (pas de méthode de diagnostic fiable) est due au fait que le secteur emploie beaucoup de femmes. Les femmes sont bien plus souvent diagnostiquées dépressives que les hommes, mais les hommes se suicident beaucoup plus. Allez comprendre…

Il y a risque et risque. Une femme médecin généraliste prend des risques évidemment, mais moindres qu’un neurochirurgien. Cela se reflète au niveau du coût de l’assurance professionnelle. Dès qu’ils ont un doute, les généralistes sont sensés renvoyer vers un spécialiste. Le neurochirurgien n’a personne vers qui se décharger du risque.

Il y a quelques minutes sur le site du Figaro, je tombe sur ce titre de dépêche :

« Le Grand Canyon sur un fil, sans harnais »

Pas de précision sur le sexe de l’équilibriste, et pourtant, je sais immédiatement qu’il s’agit d’un homme.

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2013/03/18/97001-20130318FILWWW00682-le-grand-canyon-sur-un-fil-sans-harnais.php

Répondre
Lili 19 mars 2013 - 09:00

« Eric »
@Meg

Je suis parfaitement capable de tenir compte des réalités statistiques qui jettent une lumière peu flatteuse sur les catégories dont je relève – par exemple le fait que les hommes commettent plus d’homicides que les femmes. Ça ne vous pose pas de problème de constater ce type de différences, non ?

@ PascalePerron

« à preuve c’est le domaine où l’on rencontre le plus de Burn out »
Je soupçonne que cette prévalence de troubles psychiques invisibles (pas de méthode de diagnostic fiable) est due au fait que le secteur emploie beaucoup de femmes. Les femmes sont bien plus souvent diagnostiquées dépressives que les hommes, mais les hommes se suicident beaucoup plus. Allez comprendre…

Il y a risque et risque. Une femme médecin généraliste prend des risques évidemment, mais moindres qu’un neurochirurgien. Cela se reflète au niveau du coût de l’assurance professionnelle. Dès qu’ils ont un doute, les généralistes sont sensés renvoyer vers un spécialiste. Le neurochirurgien n’a personne vers qui se décharger du risque.

Bien sûr que si ca pose problème, que les hommes se suicident plus et tuent plus. C’est le résultat d’une éducation où on tolère chez les garçons une plus grande expression de l’agressivité, alors que chez les filles elle est plus rapidement et fortement punie. Au contraire, on brime l’expression de la souffrance, physique et psychique, chez les garçons, qui serait une faiblesse autorisée aux filles et pas aux garçons.
Ca aussi, il faut que ça change.

Et au fait, une femme neurochirurgienne (parce que figurez-vous que ça existe), elle se décharge du risque auprès de qui?

Répondre
hic 19 mars 2013 - 09:54

« Lili »

Bien sûr que si ca pose problème, que les hommes se suicident plus et tuent plus. C’est le résultat d’une éducation où on tolère chez les garçons une plus grande expression de l’agressivité, alors que chez les filles elle est plus rapidement et fortement punie. Au contraire, on brime l’expression de la souffrance, physique et psychique, chez les garçons, qui serait une faiblesse autorisée aux filles et pas aux garçons.

Il y a aussi que les hommes ont le monopole des armes, et que se suicider avec une arme à feu, ça a pas mal de chances de réussir. Après, c’est pas la seule explication, je l’accorde volontiers.

Répondre
titine 21 mars 2013 - 15:21

Dommage Eric, les femmes aussi font ça très bien, marcher sur un fil au-dessus du Grand Canyon.

http://www.idratherbeslacklining.com/

Elle fait même la pub des camions mâles :

http://www.youtube.com/watch?v=1zXwOoeGzys

Et vous, à 23 ans, vous faisiez quoi ? Arrêtez ces raccourcis s’il-vous-plaît, l’être humain est capable de beaucoup de choses, et je ne connais aucune étude scientifique qui montre que la présence d’un vagin ou de testicules (ou des deux, d’ailleurs) ait une quelconque influence sur la prise de risques.

[quote name= »Eric »]

Il y a quelques minutes sur le site du Figaro, je tombe sur ce titre de dépêche :

« Le Grand Canyon sur un fil, sans harnais »

Pas de précision sur le sexe de l’équilibriste, et pourtant, je sais immédiatement qu’il s’agit d’un homme.

Répondre

Laisser un commentaire