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Paris-Roubaix pour les femmes enfin… mais au rabais

par Camille Saint-Cricq

30 000 euros de prime pour le vainqueur homme contre 1535, soit 20 fois moins, pour la première femme. 124 ans après les hommes, les femmes ont pris les pavés de l’enfer du Nord en pleine face. 

« On dirait des prix de kermesse. » a fini par lâcher, amère Marion Clignet, présidente de l’Association Française des Coureures Cyclistes (AFCC) dans Le Parisien.

L’organisateur du Paris-Roubaix, Amaury Sport Organisation, a dévoilé le montant des primes attribuées aux vainqueur.es des deux courses dans son livre de route de l’édition 2021 et les écarts entre femmes et hommes sont énormes. Dans la course du dimanche pour les hommes, le coureur le plus rapide a touché 30 000 €, le second 22 000 €, le troisième 15 000 €… Pour le sixième, on tombe à 1 700 €. L’écart entre premier et les suivants a été critiqué dans les gazettes sportives habituées à conjuguer sport au masculin. Mais le sixième touche encore bien plus que la première femme.

Après des années de bataille, les femmes ont enfin obtenu l’organisation d’un premier Paris-Roubaix féminin. Une première depuis 1896. Mais la première vainqueure de cette première course de l’histoire, l’anglaise Elizabeth Deignan touche une prime de 1.535 € soit 20 fois moins que son homologue masculin. Et pour les suivantes ça dégringole aussi : 335 euros pour la sixième par exemple. La première Française à l’arrivée, Audrey Cordon-Ragot qui s’est classée à la 8e place, recevra 265 euros (pour le 8e homme c’est 1300 €). Pour les femmes, le total des dotations est de 7005 € contre… 91 000 € pour les hommes.

Même si certains arguent que l’épreuve des femmes est plus légère que celles des hommes parce qu’elles ne parcourent que 116 km contre 257 pour les hommes dans « l’enfer du Nord », l’écart reste démesuré.

Autre reproche fait aux sportives pour tenter de justifier ces injustifiables écarts : leur épreuve ne serait pas assez spectaculaire pour attirer les sponsors. Pour que l’épreuve soit spectaculaire, encore faut-il qu’elle existe, et encore faut-il que les sportives aient les moyens de s’entraîner. Or, non seulement elles ont des primes ridicules mais elles sont très peu nombreuses à percevoir un salaire pour leur activité sportive. Le serpent se mord la queue. Les femmes ont attendu 124 ans pour participer, combien de temps devront-elles attendre pour être correctement traitées ?

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