Pas de cadeau pour Baby-Loup

par Arnaud Bihel

BaleatoLe parcours du combattant de la crèche Baby-Loup se poursuit. Après une affaire de voile en justice, la tension porte aujourd’hui sur une question de subventions. En cause, le refus d’aide de la région.


 

Intransigeante sur la laïcité, cette structure d’accueil installée depuis plus de 20 ans à Chanteloup-les-Vignes (Yvelines) a fait parler d’elle pour son bras-de-fer judiciaire. En mars dernier, à l’issue d’une procédure à rebondissements, la Cour de cassation donnait raison à une salariée de la crèche, licenciée parce qu’elle portait un foulard (Voir : Baby-Loup : la Cour de cassation valide le voile dans les crèches privées)

Cette décision de la Cour a contribué à alourdir une « atmosphère locale délétère » sur fond de revendications communautaires, déplore la directrice de la crèche. Natalia Baleato assure n’avoir d’autre choix que de déménager l’établissement dans la commune voisine de Conflans-Sainte-Honorine.

Mais la crèche, et le maire PS de Conflans Philippe Esnol, déplorent aujourd’hui un nouveau bâton dans ses roues, rapporte Le Figaro : la région Île-de-France a refusé de lui accorder une subvention pour son déménagement. Baby-Loup demandait une aide de 100 000 euros pour investir de nouveaux locaux.

Raison technique ?

Accusé d’avoir opposé un refus idéologique, le Conseil régional se défend : la raison est « d’ordre purement technique », explique dans Le Figaro Marc-Pierre Mancel, conseiller régional (PS) en charge de la commission santé-social. Selon lui, la région ne peut financer que des frais de fonctionnement des établissement d’accueil de la petite enfance, or cette demande de Baby-Loup concerne des investissements.

Ce n’est pas tout à fait le regard que porte la Chambre régionale des comptes, laquelle relevait justement deux semaines plus tôt que « la région Île-de-France met en œuvre un dispositif facultatif de subvention aux opérations de création, d’extension ou de rénovation » des établissements d’accueil de jeunes enfants. « Entre 2008 et 2013, ce dispositif a représenté, en moyenne annuelle, 35 subventions, pour un coût total de 4,4 M€ ». En 2011, d’ailleurs, Baby-Loup avait reçu une subvention régionale de 22 500 euros pour son extension de 30 à 38 places.

Ambiguïtés

Mais la Chambre déplore justement, dans son rapport, la complexité et les ambiguïtés du système. Les subventions accordées par la région à ces établissements sont en fait « conditionnées à la réalisation de bâtiments respectant des normes de haute qualité environnementale (HQE) ». Pourtant, plusieurs subventions ont été accordées en l’absence de dossier HQE.

Par ailleurs, les autres critères imposés par la région sont des critères que Baby-Loup remplit au mieux. Il s’agit notamment de « favoriser les projets qui concourent à réduire les inégalités sociales et territoriales dans les départements sous-dotés en structures d’accueil des jeunes enfants », et « soutenir des projets répondant à des problématiques spécifiques à la petite enfance, notamment des horaires élargis ».

Typiquement le rôle de Baby-Loup, qui est ouverte tous les jours, et 24 heures sur 24, afin de permettre aux parents, et surtout aux femmes seules, qui travaillent en horaires décalés de bénéficier d’un mode de garde.

 

 

Photo : La directrice de Baby-Loup Natalia Baleato au tribunal de Versailles, le 12 septembre 2011.

 

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Roinel Nicole 27 novembre 2013 - 23:04

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