Pas de candidates ?

Pas de candidates à la tête du Medef, des ministres timorées… Et si les médias cessaient d’entretenir le complexe d’imposture des femmes ?


Alors que les candidates aux concours de miss France, miss mon village ou miss univers sont toujours nombreuses, elles brillent par leur absence au Medef. Huit hommes se présentent et pas une seule femme pour briguer la tête de l’organisation patronale. Sur Twitter, le 8 mars dernier, le Président de la République le regrettait : « La bataille pour l’égalité se joue aussi dans les têtes. 100% des femmes devenues ministres ou députées m’ont dit : ‘Je ne serai pas capable’ ». 100 %, il exagère probablement mais ce qu’il dénonce n’est pas faux. Nombre de « chasseurs de tête » nous disent qu’ils reçoivent un accueil similaire quand ils appellent des femmes tandis que les hommes calent un rendez-vous illico dans un emploi du temps tellement chargé…

Mais qu’est-ce qu’on a bien pu mettre dans la tête des femmes pour qu’elles s’auto-sabordent ainsi ? Pourquoi ont-elles la certitude qu’elles seront bien accueillies aux concours de miss alors qu’elles savent qu’elles se sentiront en milieu hostile si elles briguent des postes de pouvoir ?

Tant que les médias d’information, la publicité, le cinéma, l’éducation et toutes nos nourritures intellectuelles seront cuisinées aux stéréotypes sexistes et mijotées dans de grandes rasades de clichés, les femmes ne se sentiront pas légitimes. Cette semaine, c’est par exemple un critique cinéma du Figaro qui remporte la palme du sexisme ordinaire avec son billet tout en quête d’excitation sexuelle. À la manière des commentateurs sportifs qui, trop souvent, évoquent les qualités esthétiques des sportives avant leurs performances. On martèle que leur seul Graal doit être la beauté et que les femmes de pouvoir sont « bossy » ou « bitch ». Et on voudrait qu’elles aillent au devant de ces images délétères ?

Mais heureusement ça bouge du côté de la pub. Nous avons rencontré une publicitaire d’un nouveau genre qui, non seulement, chasse les clichés sexistes de la pub mais convertit ses clients. Ça bouge dans l’opinion aussi : la conscience des inégalités progresse. Pas encore de quoi décomplexer les aspirantes dirigeantes, mais on avance.

Tout cela ne se fait pas tout seul. Il faut que les chasseurs et chasseuses de clichés sexistes puissent parler plus fort que celles et ceux qui les entretiennent. Nouveau plaidoyer pro domo : nous avons besoin de votre soutien pour poursuivre ce travail journalistique. Faites connaître Les Nouvelles NEWS autour de vous, abonnez-vous, dites à vos ami.e.s de s’abonner. Ensemble nous allons y arriver.

 

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