Accueil International Pas de grossesse après un viol ? Un élu fait scandale aux USA

Pas de grossesse après un viol ? Un élu fait scandale aux USA

par La rédaction
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Todd Akin en 2007, photo officielle du Congrès

Selon Todd Akin, candidat au Sénat dans le Missouri, le corps empêche la conception après un « viol véritable ». Un nouvel élément dans la bataille politique aux Etats-Unis sur la question de la « guerre aux femmes ».


 

L’élu républicain du Missouri Todd Akin n’y est pas allé par quatre chemins pour légitimer son opposition à l’avortement, même en cas de viol : les grossesses en cas de viol sont « très rares », et ce sont des médecins qui le disent, a-t-il affirmé dimanche 19 août lors d’une émission sur une chaîne de télévision locale. Car, confronté à un viol (mais un « viol véritable » – « legitimate rape » – tient-il à préciser), « le corps d’une femme a les moyens de faire barrière » à la conception.

Cette sortie (que le journaliste Charles Jaco, lors de l’interview, a laissé passer sans commentaire, enchaînant par « OK, passons à l’économie ») a aussitôt suscité des réactions indignées. Le sénateur s’est donc senti obligé de rétropédaler quelques heures plus tard : en parlant de « legitimate rape » il a tenu, explique-t-il « des propos inadéquats », qui « ne reflètent pas [sa] profonde empathie pour les milliers de femmes qui sont violées et agressées chaque année ». Mais il ne revient pas sur son étrange commentaire médical. Le fait qu’un viol débouche rarement sur une grossesse est « une idée fausse véhiculée par ceux qui s’opposent à l’avortement en toute circonstance », relève le magazine Mother Jones. The Guardian revient aussi sur ce « concept médiéval ».

Romney prend ses distances

A vrai dire, cette prise de position de Todd Akin, qui se revendique comme ultraconservateur, n’avait rien pour surprendre. Les médias rappellent ainsi qu’il avait récemment appuyé un projet de loi visant à instaurer une sous-catégorie de viol, « forcé » – laissant entendre a contrario que certains seraient amicaux.

Mais dans un contexte politique tendu sur la question des droits des femmes, cette sortie a forcé le candidat républicain à la Maison Blanche à prendre position à son tour. Dans une déclaration officielle, l’équipe de Mitt Romney affirme son « désaccord avec la déclaration de Mr. Akin » et assure : « une administration Romney-Ryan ne s’opposerait pas à l’avortement en cas de viol ». Mais le camp démocrate entend bien voir là un nouveau symbole de la « guerre aux femmes » qu’il accuse régulièrement le camp républicain de mener. D’autant que le candidat républicain à la vice-présidence, Paul Ryan, apparaît lui aussi comme un anti-avortement convaincu, et il avait également appuyé la redéfinition du viol « forcé ».

L’enjeu politique est également fort localement, car le Missouri est l’un des points chauds qui pourrait faire perdre aux Démocrates leur majorité au Sénat, à la fin de l’année. Todd Akin, après 6 mandats à la Chambre des Représentants, vise cette fois un siège de sénateur. Un siège aujourd’hui détenu par une démocrate, Claire McCaskill, en retard dans les sondages.

 

 

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Mis en ligne le 27/06/12 I Rédaction par La rédaction
 
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Censurée pour avoir prononcé le mot « vagin » à la chambre des représentants du Michigan, une élue joue « les monologues du vagin ».

« Je suis flattée que vous vous intéressiez tellement à mon vagin, mais non, c’est non. » Mercredi 13 juin, l’élue démocrate du Michigan, Lisa Brown a ainsi interpellé le président de la Chambre des représentants de son État à l’issue d’un discours contre une loi prohibant l’avortement. Le lendemain, elle n’a pas été autorisée à prendre la parole. En raison de sa conduite « non professionnelle la veille » rapporte le Daily Mailonline. Sa collègue, Barb Byrum qui avait employé le mot « vasectomie » a elle aussi été privée de débat.

Puis, raconte Big Browser, « Outrée de voir que des législateurs du Michigan ne veulent pas seulement dicter ce que les femmes peuvent faire mais aussi ce qu’elles peuvent dire », elle a organisé, samedi dernier,  une lecture de la pièce de théâtre  d’Eve Ensler Les Monologues du vagin en présence de l’auteure, en face de la chambre des représentants. Plus de 2 500 spectateurs ont fini par scander :  « Can’t say it ? Don’t legislate it ! » : « Vous ne pouvez pas en parler ? Alors ne le réglementez pas ! » Les protestations se poursuivent sur les réseaux sociaux avec les hashtag #vaginamovielines, #vagina ou #Lisabrown. En photo et en video ici.

 

 
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Commentaires  

Vaginagate aux USA09 Azizale Jeudi 12 Juillet 2012 à 11:26

Oui, souvent, les hommes veulent légiférer ou rendre des jugements sur ce qu’ils ne connaissent pas.
Certaines se souviennent peut être qu’au procès de Bobigny, où G. Halimi défendait une mineure ayant subi un avortement, et sa mère; le juge ne savait pas ce qu’était un spéculum….
 
RE: Vaginagate aux Etats-Unisisabelle germainle Mercredi 27 Juin 2012 à 18:42

Citation en provenance du commentaire précédent de Diké:

J’aurai plutôt traduit « Can’t say it ? Don’t legislate it ! » par : « Vous ne pouvez pas en parler ? Alors ne le réglementez pas ! « , au sens où si on interdit de mentionner le vagin et les sujets y afférents lors des débats,, on s’interdit aussi de le mentionner dans les textes de loi qu’on rédige.

Vous avez raison, je change de ce pas. Merci

 
La précision des motsTerminologiste againle Mercredi 27 Juin 2012 à 12:57

Ce n’était pas très professionnel en effet : s’agissant d’avortement il eut été plus pertinent de parler d’utérus…

+1 pour la traduction de Diké au passage

 
TraductionDikéle Mercredi 27 Juin 2012 à 07:17

J’aurai plutôt traduit « Can’t say it ? Don’t legislate it ! » par : « Vous ne pouvez pas en parler ? Alors ne le réglementez pas ! « , au sens où si on interdit de mentionner le vagin et les sujets y afférents lors des débats,, on s’interdit aussi de le mentionner dans les textes de loi qu’on rédige.
 

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