Pas de vacances pour les stéréotypes

par Arnaud Bihel

CahiersVacancesMénagères et princesses pour les filles, voitures et explorations pour les garçons. Dans certains cahiers de vacances, les représentations sexuées ont la vie dure.


 

Le 19 juin dernier, une commission du Sénat déplorait la persistance des stéréotypes dans les manuels scolaires, tout en relevant une « volonté réelle et partagée », de la part des éditeurs, « de faire évoluer les contenus des manuels à l’aune de l’objectif d’égalité. » Mais cette volonté s’arrêterait-elle à la porte des écoles ? Quand vient le temps des cahiers de vacances, certaines maisons d’éditions ne font pas dans l’originalité.

Du bleu pour les garçons, du rose pour les filles. Des princesses pour elles, pour eux des voitures… L’association Réussir l’égalité Femmes/Hommes (REFH) interpelle à ce sujet la maison d’édition Hachette.

Certes, la collection phare de Hachette, ‘Passeport’, s’adresse indifféremment aux filles et aux garçons ; jusque sur la couverture. Mais d’autres séries de cahiers de vacances de la même maison jouent la carte du marketing genré ; et contribuent ainsi « à la représentation d’une intelligence et de compétences sexuées différentes entre garçons et filles », déplore REFH. Ce « qui a pour conséquence de maintenir les garçons et les filles dans les rôles stéréotypés traditionnels : par exemple : ménagères et princesses pour les filles, voitures et explorations pour les garçons. »

Pour elles la séduction, pour eux la science

L’association pointe du doigt, en particulier, la série « entraînement maternelle », avec des cahiers roses « Princesses » et des cahiers bleus mettant en scène des personnages du dessin animé « Cars ».

Pour les plus grands, il existe même des « Girls’ books » et « Boys’ books ». Qui contiennent des activités ludiques bien différenciées : « les filles sont renvoyées à la beauté, la séduction, la cuisine alors qu’aux garçons on propose d’exercer leur adresse, de s’amuser avec la science. Aux filles, on fait ‘fabriquer’ des bijoux, aux garçons un radeau », déplore REFH. Des associations de femmes scientifiques avaient déjà adressé à Hachette des remarques similaires à l’automne dernier (leur lettre à télécharger ici).

A quand la déclinaison en France de la campagne « Let books be books », menée au Royaume-Uni ? Suite à cette campagne, des éditeurs britanniques se sont récemment engagée à cesser d’enfermer filles et garçons dans des univers formaté.

> Voir : Tourner la page des livres en rose ou bleu

 

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adel20 8 juillet 2014 - 12:34

et un vieux sénateur bien dégoutant, macho, laisse en général sa place (quand il meurt) à un autre de la même espèce…
De quoi se mêle donc le sénat ?

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