Accueil CultureCinéma #PayeTonTournage, nouvel opus contre le sexisme

#PayeTonTournage, nouvel opus contre le sexisme

par La rédaction

Cette fois-ci, c’est dans le milieu du cinéma, en Belgique, que les femmes travaillant derrière la caméra lancent « PayeTonTournage ».

Rassembler des « témoignages de harcèlement sexiste sur les plateaux de tournage et en post-prod » pour les mettre au grand jour et espérer changer les mœurs, c’est l’objectif de la plateforme belge  « Paye Ton Tournage ».  qui s’ajoute à une longue série de PayeTa… confirmant ainsi qu’aucun milieu n’est épargné.

Voir Paye tes témoignages sur le sexisme ordinaire

#PayTonTournage a été lancé par deux professionnelles anonymes, forcément anonymes pour éviter les représailles. Les créatrices de cette plateforme ont en effet expliqué à la RTBF qu’Anaïs Bourdet la créatrice de #PayeTaShnek, première initiative du même genre, leur avait conseillé de ne pas divulguer leur identité pour éviter le cyber-harcèlement. Et puis, ajoutent-elles «  surtout, on n’avait pas envie de se griller professionnellement. Même si nous sommes issues d’une nouvelle génération, cela reste mal vu d’être féministe. »

On en est encore là. Et l’on peut comprendre cette prudence quand on lit les témoignages. Une accumulation de propos visant à exclure les femmes et leur ôter toute légitimité dans leur métier. Et ça marche manifestement puisqu’elles sont très peu nombreuses derrière la caméra alors qu’elles représentent la moitié des diplomé.es des écoles de cinéma.

Comme dans les autre « PayeTa… » tous les registres du sexisme ordinaire y passent :

  • Combo : Ici, la femme doit à la fois comprendre qu’elle est une intruse, une provocatrice, un objet sexuel et que s’il lui arrive quoi que ce soit, elle en sera responsable :  « Tu peux mettre un pull ? Mes gars sont loin de chez eux depuis quelques semaines, et ça les déconcentre de te regarder percher en T-shirt ! » – Un chef opérateur à une perchwoman, il lui a redit trois fois et a fini par aller en parler à l’ingénieur du son.
  • Intimidation : « Fais gaffe, ici c’est la tente à viol » – Le chef machino alors qu’il pleut à flot et que j’arrive sous la tente de matériel électro avec plein d’accessoires à ranger.
  • Présomption d’incompétence : « C’est fou, quand on écoute ton travail, on ne soupçonne pas que ça puisse venir d’une femme ! » – Un collègue qui me complimentait sur mon travail de montage son. 
  • Femme Objet « Est-ce que t’as pris ses mensurations ? »  – Le directeur de post-production à son collègue à côté de lui, au moment de signer mon contrat d’assistante monteuse. Tout le bureau rit aux éclats.
  • Re-combo « C’est pas qu’une femme ne puisse pas faire le boulot. C’est que ça pourrait distraire les électros. Après ils ne font plus bien leurs boulots et alors il faut virer la nana. » –  Entendu sur le plateau.

Des plaisanteries ? Non, un sexisme calculé pour préserver l’entre soi masculin.

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