Les Pays-Bas changeraient-ils d’avis sur la prostitution ?

par La rédaction

RedLight_h150Des parlementaires néerlandais s’intéressent au « modèle suédois » et à la pénalisation des clients, mais leur position reste minoritaire.


 

Myrthe Hilkens, une jeune députée néerlandaise du Parti travailliste au pouvoir, s’est rendue la semaine dernière en Suède avec un confrère du parti chrétien-démocrate. Ils entendaient « observer » les résultats de la politique de pénalisation des clients mise en œuvre par Stockholm.

Cette initiative a eu un écho en Irlande, où une réflexion est en cours sur une éventuelle pénalisation des clients (Voir : Outre-Manche aussi, les clients de prostituées en ligne de mire). Cela devrait « encourager nos propres législateurs à observer ce qui se passe en Hollande et à se demander pourquoi ce pays qui a été un pionner de la libéralisation [de la prostitution] envisage un demi-tour complet », souligne l’Immigrant Council of Ireland, une organisation membre de la campagne ‘Turn of the Red Light’ (‘Eteindre la lumière rouge’, référence au néon des vitrines des prostituées).

« Il est naïf de penser que la prostitution est devenue un travail normal aux Pays-Bas depuis la légalisation » en 2000, écrit Myrthe Hikens pour qui « la prostitution forcée est l’un des plus grands maux de notre temps ». La parlementaire rappelle les statistiques selon lesquelles entre 50 et 80% des prostituées aux Pays-Bas seraient victimes de la traite.

Il est toutefois bien tôt pour parler de bouleversement aux Pays-Bas. Le ministre travailliste des Affaires sociales, Lodewijk Asscher, s’est certes déjà déclaré en faveur du « modèle suédois ». Mais cette position semble bien minoritaire dans la classe politique néerlandaise. Myrthe Hilkens en est consciente, qui explique : « Ce n’est pas mon intention, aussitôt après mon voyage [en Suède], d’interdire la prostitution, mais je suis ouverte à la réflexion ».

La rapporteure nationale sur la traite et la violence sexuelle contre les enfants, Corinne Dettmeijer, a déclaré pour sa part qu’elle ne croyait pas qu’interdire l’achat d’actes sexuels permettrait d’éradiquer le trafic. Le parlement néerlandais est d’ailleurs sur le point d’examiner une nouvelle loi sur la prostitution, qui prévoit de mieux réguler l’activité, sans s’en prendre aux clients.

 

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Photo : ‘Red Light District’, quartier des prostituées à Amsterdam, 2006.

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titine 25 février 2013 - 15:51

Interdire les meurtres ne permet pas de les éradiquer. Pourtant c’est bien ce qu’on fait, et la punition qui y est associée est assez sévère pour ôter l’envie au commun des mortels de s’entretuer au quotidien. Allez, espérons qu’un jour on arrivera à une conclusion similaire sur le crime qu’est la traite d’êtres humains à des fins de prostitution.

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