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Pierre Salviac défend sa blague sexiste

par Isabelle Germain

Le chroniqueur sportif assigne en justice RTL qui l’avait remercié après un tweet sexiste… Au nom de la liberté d’expression.


 

Curieux revirement de la part de Pierre Salviac, ex chroniqueur sportif sur RTL. En mai dernier après l’élection présidentielle, il écrit sur Twitter : « A toutes mes consoeurs, baisez utile, vous avez une chance de vous retrouver première Dame de France ». Insultant pour la compagne du président de la République et pour toutes les femmes journalistes… Réactions indignées sur la Toile.

Puis Jacques Esnoux, le patron de la radio, condamne publiquement ces propos et « met un terme à toute forme de collaboration avec Pierre Salviac ». Sport, le chroniqueur répond : « J’ai commis un pénalty et pris un carton rouge. Qu’on ne compte pas sur moi pour contester l’arbitre. J’ai trop de respect pour #RTL ».

Mais quelques mois après il nous apprend, toujours sur Twitter « J’annonce que j’assigne #RTL devant le TGI pour atteinte à la liberté d’expression des journalistes sur leur compte personnel Twitter. »

C’est parti pour de longs débats théologiques sur la frontière entre la liberté d’expression et la liberté d’insulter. Ce sera l’occasion de mesurer le niveau de tolérance de la justice a l’égard du sexisme, de se demander à qui profite la liberté d’expression. L’occasion sans doute aussi de relativiser le prix de la liberté d’expression. Quoi de commun par exemple entre Malala et Salviac ?

 

Lire aussi sur Les Nouvelles NEWS :

Viré pour insulte sexiste

 

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4 commentaires

Lili 21 décembre 2012 - 08:16

… probablement.

Pas au motif du non-sexisme, mais au motif que son compte Twitter étant personnel, il n’avait pas à être sanctionné sur le plan professionnel.

Comme les salariés qui gagnent quand ils critiquent leur patron sur leur compte Facebook et sont licenciés, puis portent plainte pour licenciement abusif.

C’est triste, mais le fait est que s’il est débouté, ça veut dire que n’importe qui peut être viré pour un tweet, et ça n’est pas souhaitable non plus…

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isabelle germain 21 décembre 2012 - 15:09

@Lili oui, liberté d’expression sur tweeter on ne peut qu’être d’accord.
La liberté d’expression c’est bien mais l’égalité dans le poids donné à la parole de chacun et de chacune ce serait le stade ultime de la liberté d’expression, et on en est loin…

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Stéphanie 21 décembre 2012 - 17:16

Certes, Twitter, comme Facebook, c’est privé. Et potentiellement, on y écrit ce qu’on veut. Sauf que. Par exemple, les personnes liées au secret professionnel, y sont aussi liées sur les réseaux sociaux. Et le devoir de réserve envers son employeur est également valable sur les réseaux sociaux. Si un médecin étale la vie de ses patients sur twitter (ou autre), il commet une faute professionnelle. Si une étudiante-infirmière se plaint (ou insulte) ses collègues sur facebook, elle va contre son devoir de réserve (vécu, et remise à l’heure des pendules). Alors où sont les limites?

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Genn 23 décembre 2012 - 09:45

Twitter et Facebook, ce n’est pas la même chose. Un compte Facebook, c’est en général privé, un compte Twitter, c’est en général public (le sien l’est) ; quand on écrit sur Twitter, c’est accessible à tous, y compris aux gens qui n’ont pas de compte Twitter.

Dire quelque chose sur Twitter, ça équivaut à dire quelque chose dans une émission radio ou télé qui n’est pas la sienne ; certes, on le fait à titre privé et en dehors du strict cadre du travail, mais peut-on dire ce qu’on veut en public ? Non.

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