Accueil MédiasBruits et chuchotements Plus féministe que moi, tu meurs !

Plus féministe que moi, tu meurs !

par Isabelle Germain

Les uns inventent le concept d’islamo-féminisme, les autres se flattent d’avoir recours aux prostituées, d’autres encore s’opposent à l’homoparentalité, une certaine extrême droite se dit féministe tout en étant contre l’avortement… Le féminisme serait-il revendiqué par ceux qui veulent sa peau ?


superdupond

« Je ne suis pas féministe mais… » En général, celles qui commencent ainsi démontrent le contraire dans la phrase qui suit. Mais depuis peu, le féminisme se revendique à tort et à travers… Souvent pour défendre des causes qui n’ont rien à voir avec les droits des femmes. Ou alors pour les enfoncer.

Variante « islamo-féministe »

« Islamo-féminisme », c’est le terme employé par un romancier, Mouloud Akkouche, dans Rue89, pour qualifier Sila Sahin, une actrice de série télé allemande d’origine turque, musulmane. Qu’a-t-elle fait pour mériter ça ? A-t-elle exigé l’égalité salariale ? La parité à toutes les élections ? Le partage égal des travaux domestiques ? Une politique énergique de lutte contre les violences faites aux femmes ? Imposé la conciliation entre droits des femmes et religion tout en portant le voile ? Réclamé que les femmes ne soient plus cachées derrière des grilles au fond des mosquées ?

Rien de tout cela. Sila Sahin a posé nue sur la couverture de Playboy. Et ce serait le symbole d’un nouvel « islamo-féminisme »… Niqab ou nudité…  Se soustraire aux yeux des hommes ou s’exposer à leur concupiscence. Libre de choisir ses chaînes. Quid de l’égalité des droits suggérée par le féminisme ? Envolée, disparue… Islamo-féminisme, on vous dit !

Variante anti homo

Dans la même période, l’UMP s’est piquée de répondre au projet socialiste sur l’homoparentalité. L’argumentaire honnit cette idée, mais le plus surprenant est la raison invoquée : la parité. « Si nous nous battons pour la parité, c’est bien parce que nous reconnaissons qu’il y a une dimension essentielle à préserver dans l’altérité sexuelle. Il serait paradoxal de se battre pour la parité et de considérer que cela n’a pas d’importance au cœur de la famille. » L’UMP se bat pour la parité ? Vu la mauvaise volonté à appliquer les lois, en voter de nouvelles et sortir les décrets d’application, ce n’est pas flagrant… Mais là encore, l’objectif de la parité était de faire aboutir l’égalité des droits entre hommes et femmes, pas de préserver l’altérité sexuelle dans le couple. Le féminisme revendique l’égalité pas la complémentarité, qui assignerait un rôle précis à l’homme et à la femme.

Variante clients de prostituées

Début avril, lors de la sortie du rapport parlementaire sur la prostitution, un acteur, Philippe Caubère, a couru frénétiquement tous les médias pour étaler son pénis, parler de sa maman féministe et donc – forcément – castratrice tout en se revendiquant féministe parce qu’il allait aux putes. Attention, triple salto arrière avec atterrissage sur les deux pieds : être féministe, selon lui et bien d’autres qui lui ont emboîté le pas, c’est être libre de disposer de son corps ; donc, selon les autoproclamés féministes hypes, se faire payer pour qu’un homme fasse ses besoins.
C’est voir le problème par le petit bout de la lorgnette. Si des hommes comme Caubère peuvent payer 200 à 300 euros la passe à des femmes qui choisissent leurs clients et ne sont pas obligées d’en enfiler 50 par jour, soit ! Mais la réalité de la prostitution ce n’est pas ça. Plus de 80% des prostituées sont issues de la traite des femmes. Arrachées à leur famille dans des pays pauvres, endettées pour pouvoir venir sur les trottoirs des pays riches, « éduquées » par la violence à faire le boulot, privées de leurs papiers et menacées de représailles sur leurs parents ou enfants si elles ne remboursent pas leur dette en se prostituant, elles sont souvent mineures par-dessus le marché.

Alors pénaliser le client, complice de ce système, à condition de l’informer au préalable comme le préconisait le rapport, ce n’est pas de la morale réactionnaire comme ont pu le faire croire les ténors des médias, c’est de l’humanisme et même de l’assistance à personne en danger. La vraie question était de savoir si l’Etat, de plus en plus répressif, se serait donné les moyens, comme en Suède, de réaliser tout le travail d’information nécessaire. Un travail qui a abouti là-bas à un nombre d’emprisonnements infime et une baisse du nombre de viols. Le message suédois était tout l’inverse de ceux que les médias peuvent envoyer en France : le sexe n’est pas un besoin irrépressible pour l’homme. Et si le besoin s’exprime, il y a bien d’autres moyens de le soulager que la violence ou le recours à la traite des femmes. Mais ici, nos médias ont préféré les gauloiseries de Caubère, grand féministe.

Variante extrême droite

Une nouvelle génération de femmes s’imposent là où on ne les attendait pas : dans les partis très, très à droite où elles rejettent l’avortement et adorent la femme au foyer. Aux Etats-Unis, elles ont envahi le Tea Party. Elles s’appellent les « éléphants roses», les « mamans grizzly », les « femmes musclées » et jouent de leur côté sexy pour atténuer la dureté des mouvements dont elles font partie. Le même phénomène commence à s’observer en Europe avec des responsables de partis d’extrême droite qui soignent leur look et leur chevelure, de préférence blonde, quitte à se ruiner chez les coiffeurs, comme la leader du mouvement FN en France.

Un dernier exemple ? « Oui, c’est vrai, il y a peu de femmes dans cette instance et dans bien d’autres, mais c’est parce qu’elles font des enfants… » Nicolas Sarkozy, a tenu à peu près ce langage, le 27 avril dernier, alors qu’il était interrogé, en marge de la cérémonie officielle, sur le très faible nombre de femmes nommées par ses soins au Conseil national du numérique. Les femmes seraient-elles enceintes pendant toute la durée leur vie active ? Le 8 mars dernier, journée internationale des droits des femmes, le Président de la République, estimait que tout était désormais gagné pour les femmes. Le seul jour de l’année où les médias consentent à dénoncer les inégalités dont les femmes sont victimes ! Le mythe de l’égalité déjà là. Dormez, dormez…

Avec de telles théories, on en viendrait presque à trouver sympathique un Zemmour qui réclame ouvertement le retour du patriarcat, sans circonvolution, parce que c’était mieux avant. A ce rythme, il va se faire dépasser sur son aile nostalgique par ces féministes autoproclamés, adeptes de la femme au foyer, de la femme payée 25% de moins que son collègue masculin, de la femme prostituée. La femme est l’avenir de l’homme ? Avec ce nouveau féminisme, c’est plutôt arrière toute.

 


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32 commentaires

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Kyrie 5 mai 2011 - 01:47

Beaucoup de choses très vraies. Tous des « féministes mais » la femme devrait s’occuper de sa maison, de ses enfants ou être objet de plaisir pour les hommes, sans compter l’argument absurde contre les gays (on ne demande pas franchement la parité au sein de la famille)
Cependant je trouve dommage de voir régurgiter les arguments du gouvernement sur la prostitution, et en particulier la suède ou la situation n’est peut être pas si rose qu’on veut nous le faire croire: chiffres sans signification puisque basés uniquement sur la prostitution de rue (qui n’est pas la plus développée en suède), dégradation des conditions de travail dans la rue (à cause du danger pour le client, tout se passe dans la précipitation), garde des enfants retirés en cas de refus d’arrêter la prostitution, éviction des appartement automatique (à cause des lois sur le proxénétisme), impossibilité de s’associer entre elles pour se protéger, leur enfants adultes vivant avec elles peuvent être arrêtés (même raison)…
Bref, le fait que Mr Caubère ne mérite peut-être pas l’air qu’il respire ne rend pas automatiquement la loi qu’il refuse féministe ni utile à qui que ce soit autre que la morale publique, et certainement pas au démantèlement des réseaux.

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arsinoé 5 mai 2011 - 07:09

Cet article donne à réfléchir.Pour les anglo-saxons, le terme de « féministe » renvoie à l’image de femmes combattantes, affirmées, ambitieuses, autonomes et peut être aussi libérées sexuellement. Peut-être que cette vision du « féminisme » va également se popularisée en Europe. Se diront alors féministes toutes celles et ceux ayant une sexualité dite « libérée » ou ceux se disant contre le politiquement correcte (ex: j’ose dire que les femmes sont différentes des hommes et qu’elles aiment rester à la maison s’occuper des enfants nonobstant le politiquement correcte actuel qui veut leur imposer les mêmes carrières qu’aux hommes). C’est un vieil argument antiféministe : récupérer le terme de « féminisme » pour le vider de son sens politique : la lutte contre les inégalités, pour en faire un argument sexuel ou le porteur d’idées essentialistes.

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Sarah 5 mai 2011 - 09:10

Il y a plusieurs types de féminismes, celui pour les droits des travailleuses du sexe existe depuis plus de 30 ans, au passage, merci !

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Sébastien Le Goff 5 mai 2011 - 09:13

Je ne sais pas s’il faut y voir un complot. Je pense plutôt que c’est un signe du succès du féminisme, qu’il a franchi des frontières où auparavant il était exclu, au point que ceux qui auparavant y était hostile ne peuvent plus désormais en faire l’impasse. J’imagine effectivement que cela ne plait pas aux orthodoxes, mais je trouve curieux que l’on prennent ce sujet par ce bout, j’aurai davantage pensé à une critique des essentialistes, des différentialistes, qui sont également très présentes dans les mouvements féministes, et qui ont elles aussi adaptées leur discours. On pourrait presque faire un clin d’œil à cet article, car sur le fond, leur rhétorique consiste souvent à dire dans la substance « je ne suis pas essentialiste mais … ».

Ps : j’ai peu de sympathie pour Mme Le Pen, cependant il faut lui rendre une justice, elle pour le droit à l’avortement.

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Sébastien Le Goff 5 mai 2011 - 09:42

« Sarah »
Il y a plusieurs types de féminismes, celui pour les droits des travailleuses du sexe existe depuis plus de 30 ans, au passage, merci !

D’ailleurs certain(e)s féministes seraient bien inspiré(e)s de relire leur classique. Simone de Beauvoir, dans le deuxième sexe, critique les conditions matérielles et sanitaires de vie des prostituées, mais elle ne remet pas en cause le principe même de la prostitution, le fait de vendre un service sexuel. Le puritanisme est une des tendances contemporaines du féminisme, ce n’est pas dans ses fondements.

Plus récemment, Caroline Fourest défend aussi l’idée d’un statut pour les prostituée. On peut être contre la pénalisation des clients et contre la être prostitution. On peut admettre le principe de la prostitution et être féministe.

J’ai en revanche plus de doute sur le féminisme de ceux qui ont une vision définie de la femme et qui veulent l’imposer à toutes les femmes, par la loi et la répression pénale si nécessaire. Aussi, n’est il pas curieux que des acteurs politiques traditionnellement xénophobes, s’attachent soudainement à défendre (tel des chevaliers blancs) la « dignité de la femme » à travers la lutte contre le voile, qui devient de surcroit nécessairement un voile « islamique ». Rien que le terme dignité de LA femme, devrait mettre la puce à l’oreille. Cette vision défini de LA femme, de sa dignité, n’est-elle pas le substitut de la vertu d’hier qu’on exigeait de LA femme. Demande-t-on aux hommes de se raser la barbe ? Et voilà qu’au nom du féminisme, on réduise une femme à un morceau de tissus, qui comme une jupe hier pourrait être trop long ou trop court, et que le postulat à tout échange avec cette personne, est qu’elle renonce à ce tissu auxquelles elle a peut être d’ailleurs donné une tout autre signification, mais finalement ce qu’elle pense, tout le monde s’en fout.

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Léandre 5 mai 2011 - 10:10

Le féminisme n’est pas une marque déposée et il n’appartient à personne. Donc il est revendiqué par des courants divers qui défendent les femmes… et leurs visions de la femme.
C’est ainsi, le féminisme ne vous appartient pas.

Et pour ce qui est de la question de s’exposer nue dans Playboy, quand on a été élevée dans un milieu où le corps est sale, doit être caché, n’appartient qu’à votre mari, oui poser nue sur Playboy c’est un geste libérateur. Et révolutionnaire, vis-à-vis de soi-même et de son éducation, et vis à vis de son milieu, qui prend ça en pleine figure et doit donc apprendre à évoluer et admettre que sa fille/soeur/nièce fait ce qu’elle veut, même « le pire ».

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Kyrie 5 mai 2011 - 10:30

« Le féminisme n’est pas une marque déposée » Il appartient à celles qui ce sont battues pour le droit de vote, pour ne pas dépendre de leur mari, pour le droit d’avorter, pour l’égalité des salaires, pour la parité,…
C’est d’ailleurs pour ça que beaucoup se réclament féministe et non égalitariste ou quelque chose dans ce goût là: le féminisme a une histoire, la question est de savoir qui sont ses héritierEs.

Répondre
arsinoé 5 mai 2011 - 11:52

« Je ne sais pas s’il faut y voir un complot. »
Il ne s’agit pas de complot, il s’agit de stratégies qu’on peut très bien identifiées (voir les travaux universitaires sur l’antiféminisme). Si le féminisme n’est pas une marque déposée (heureusement, c’est un courant politique tellement ouvert!), il possède néanmoins un fondement : c’est que les inégalités entre les femmes et les hommes ne sont pas justes et qu’elles peuvent et doivent être combattues.
Les idées essentialistes doivent certes être combattues, les nouveaux et nouvelles réacs aussi!

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Claude Boucher, 5 mai 2011 - 14:57

ce petit mot s’adresse à la personne qui a écrit l’article « plus féministe que moi tu meurs »
Vous faites l’amalgame entre les personnes prostituées (qui, entre nous, souhaitent vraiment aujourd’hui qu’on leur foute la paix!) et les victimes des réseaux criminels internationaux. Depuis des années, les Amis du Bus des Femmes dénonce cet amalgame – Ces jeunes femmes victimes de la traite ne sont pas et veulent pas être considérées comme des prostituées mais comme victimes de cette barbarie. Ce n’est pas parce que l’on est sur le bord d’un trottoir que l’on est prostitué(e). Depuis des années, notre association communautaire de personnes prostituées et de « clients » qui, chaque jour, apporte assistance à ces jeunes femmes , demande que ces victimes soient ENFIN reconnues et traitées comme victimes et non comme prostituées …délinquantes…étrangéres.Depuis 10 ans, nous rêvons et attendons fébriles et naives d’une réelle mobilisation solidaire, un grand rassemblement de toutes les féministes de France qui souhaiteraient intervenir pour combattre avec nous sur le terrain les mafieux et, pas seulement dans les médias; Et qu’enfin ce beau pays de France se réveille au milieu des Droits Fondamentaux et retrouve son honneur – Claude Boucher, Présidente des Amis du Bus des Femmes.

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beatrice 5 mai 2011 - 15:25

@ Léandre
Ce que vous dites serait juste( s’exposer nue est une provocation face à ceux qui veulent cacher le corps féminin et le réprimer) si elle avait choisi un autre support que Playboy. Ce « magasine de charme » n’est qu’une des expressions de la représentation stéréotypée des femmes. Il y a la « maman » et de l’autre, la « putain » (la playmate de Playboy n’étant pas forcément la maman). Rien de révolutionnaire là, mais du tradi pur jus. Cette jeune actrice avait la possibilité étant donné le milieu artistique auquel elle a accès de jouer un rôle provocateur où elle se met nue, une pièce de théâtre, une serie, et même des séries de photos pourquoi pas. Dans Playboy, elle enfile le costume (si j’ose dire) de la poupée sexy qui ne vit que par le regard des hommes, pour le désir des hommes. Elle en a le droit mais elle ne bouscule pas d’un iota la représentation sexiste du monde contre laquelle se dressent le féminisme.

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Kyrie 5 mai 2011 - 17:21

@#9 Claude Boucher: c’est grâce à cette confusion que le gouvernement arrive encore une fois à se faire passer pour féministe; en traitant du coup les même individus à la fois comme des victimes et des criminels.
Pourtant, même les associations qui veulent l’abolition ne sont pas d’accord avec les lois existant sur la prostitution.

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Sébastien Le Goff 5 mai 2011 - 17:30

« Kyrie »
« Le féminisme n’est pas une marque déposée » Il appartient à celles qui ce sont battues pour le droit de vote, pour ne pas dépendre de leur mari, pour le droit d’avorter, pour l’égalité des salaires, pour la parité,…
C’est d’ailleurs pour ça que beaucoup se réclament féministe et non égalitariste ou quelque chose dans ce goût là: le féminisme a une histoire, la question est de savoir qui sont ses héritierEs.

C’est une un peu vision patrimoniale du féminisme. Le féminisme n’a pas une histoire, il en a plusieurs. Il a toujours en son sein fait l’objet de débats de contradiction, d’antagosnismes. Il n’y a pas les purs et les autres.

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Sébastien Le Goff 5 mai 2011 - 18:02

« arsinoé »
« Je ne sais pas s’il faut y voir un complot. »
Il ne s’agit pas de complot, il s’agit de stratégies qu’on peut très bien identifiées (voir les travaux universitaires sur l’antiféminisme). Si le féminisme n’est pas une marque déposée (heureusement, c’est un courant politique tellement ouvert!), il possède néanmoins un fondement : c’est que les inégalités entre les femmes et les hommes ne sont pas justes et qu’elles peuvent et doivent être combattues.
Les idées essentialistes doivent certes être combattues, les nouveaux et nouvelles réacs aussi!

Le fondement du féminisme c’est surtout que les différences entre les hommes et les femmes sont artificielles. Il y a tout un tas de distinctions entre les hommes et les femmes qui ne nous empêchent pas de vivre. Mais il faut surtout avoir conscience qu’elle n’ont rien de naturelle, et permettre que des hommes s’approprient des codes féminins, que des femmes s’approprient des codes masculins, admettre cette porosité. Ensuite, effectivement, les injustices, il faut les combattre.

Pour ce qui est des travaux universitaires, ils ont l’intérêt de pouvoir dire une chose et leur contraire. C’est d’ailleurs ce qui fait leur intérêt. Il ne s’agit pas de vérité, mais d’éléments permettant d’interroger le réel. Pour ma part, concernant les travaux universitaires féministes contemporains, je trouve qu’il y a une grande hétérogénéité dans la qualité. Certains sont effectivement très intéressants, alors que d’autres manquent singulièrement de rigueur, et se contentent parfois de compiler des lieux communs.

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Kyrie 5 mai 2011 - 18:29

#12 Sébastien Le Goff
« C’est une un peu vision patrimoniale du féminisme. »

Je ne parle pas de pureté mais de mensonges hypocrites et de récupération (souvent politique) vs la volonté réelle d’amener une réelle égalités des genres dans le droits et dans les faits.
J’ai rien contre le débat d’idée et les divergences d’opinions mais lorsque qu’on vante la complémentarité des sexes ou autre connerie essentialiste je préfère qu’on n’accole pas l’étiquette féministe.

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arsinoé 6 mai 2011 - 06:54

@ Sébastien Le Goff

« Le féminisme n’a pas une histoire, il en a plusieurs. Il a toujours en son sein fait l’objet de débats de contradiction, d’antagosnismes. »

Ce n’est pas parce qu’il existe beaucoup de courants féministes (utilisant ou non ce terme) à travers les époques et les pays, qu’on ne peut pas parler d’histoire du féminisme. La preuve les historien-ne-s le font!

« Le fondement du féminisme c’est surtout que les différences entre les hommes et les femmes sont artificielles. » Moi je suis d’accord avec ce postulat mais les féministes différentialistes, non. Et pourtant, certaines étaient/sont bien des féministes, ne vous en déplaise.
Je ne suis pas du tout d’accord avec le « Ensuite, effectivement, les injustices, il faut les combattre. ». Cela a toujours été la raison d’être du féminisme! Avant même de pouvoir remettre en cause les prétendues différences naturelles entre les femmes et les hommes, les féministes réclamaient justice!

Cette échange montre bien que le féminisme est un mouvement politique extrêmement varié et qu’on peut se dire féministe sans partager la même définition du terme. Le risque c’est que des personnes/mouvements s’en réclament sans œuvrer à l’égalité des sexes, bien au contraire, comme ces militantes de l’extrême droite américaine.

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Léandre 6 mai 2011 - 09:15

« Sébastien Le Goff »

Le fondement du féminisme c’est surtout que les différences entre les hommes et les femmes sont artificielles (…)elle n’ont rien de naturelle

Moi qui croyait que le fondement féminisme c’était la demande d’une égalité entre hommes et femmes…. Encore une fois on confond différence et inégalité.

Donc on peut penser que ces différences sont culturelles et non naturelles, mais il me semble que ce n’est pas là le « fondement ». Le fondement, c’est l’égalité, des droits mais aussi l’égalité réelle.
Car même si ces différences étaient naturelles, ça ne changerait rien au fait qu’il est légitime de revendiquer une complète égalité. Je ne vois pas pourquoi une différence (même réelle) devrait aboutir à une inégalité.

@Béatrice : vous avez raison sur l’histoire de la maman et de la putain. Mais c’est un niveau de réflexion qui vient sans doute après ce premier geste provocateur de poser dans playboy. Le conditionnement d’un milieu où le corps est dévalorisé vous mène très loin des réflexions sur l’absence de différence notable entre l’obligation de cacher son corps et le fait de coller à une image sexuelle. Un excès entraine souvent l’excès inverse.
Mon expérience personnelle de la chose est qu’aller dans l’autre extrême est un premier pas, puis vient la réflexion plus approfondie qui mène à des comportements plus subtils…

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Sophie Maréchal 6 mai 2011 - 10:03

Tous les noms qui finissent en « isme » désignent des idéologies. Tant que le féminisme est une idéologie, il sera combattu ou récupéré à mauvais escient.

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Sébastien Le Goff 6 mai 2011 - 11:55

« arsinoé »

Ce n’est pas parce qu’il existe beaucoup de courants féministes à travers les époques et les pays, qu’on ne peut pas parler d’histoire du féminisme. La preuve les historien-ne-s le font!
[Les essentialistes] étaient/sont bien des féministes, ne vous en déplaise.

Il ne faut pas confondre un phénomène et sa représentation. Les outils méthodologiques des historiens ont leur limite. Ils le savent. D’ailleurs, après avoir publié l’histoire de tel ou tel phénomène, arrive toujours un moment où ils publient sous le titre « les histoires » de ce même phénomène. Mon propos visait surtout à contester une vision linéaire et globale du féminisme, qui consisterai en une sorte de « kit » homogène et figé.

Pour ma part, les essentialistes et différentialistes ne sont pas féminismes. J’admet qu’on débatte de cette question, mais leur postulat est contredit par la réalité. Je vais développer le point sur les fondements du féminisme dans le prochain commentaire, à quelqu’un qui m’oppose le même argument. Je trouve d’ailleurs que ces essentialistes heurtent davantage les notions du féminisme qu’une femme décidant de porter le voile, de poser nue dans un magazine porno ou de se prostituer. Tout d’abord, elles peuvent avoir vis-à-vis de ces actes un ressentis et une approche qui n’est pas celui que l’on lui prête. Ensuite, on reproche souvent à ces femmes de dégrader l’image de la femme, comme si toutes les femmes étaient débitrices d’une image définie de la femme, et devaient entretenir cette image. Chaque femme a sa trajectoire individuelle, elle peut être consciente que les différences homme/femme sont le fruits d’un processus social, mais par opportunisme et ou par nécessité, utiliser et s’inscrire dans certaines de ces différences, de s’en servir pour se libérer, pour être indépendante. Il n’y a pas de contradiction entre le fait de vivre dans le monde tel qu’il est et de critiquer ce qu’il est.

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Sébastien Le Goff 6 mai 2011 - 12:27

« Léandre »

Encore une fois on confond différence et inégalité.

Donc on peut penser que ces différences sont culturelles et non naturelles, mais il me semble que ce n’est pas là le « fondement ». Le fondement, c’est l’égalité, des droits mais aussi l’égalité réelle.
Car même si ces différences étaient naturelles, ça ne changerait rien au fait qu’il est légitime de revendiquer une complète égalité. Je ne vois pas pourquoi une différence (même réelle) devrait aboutir à une inégalité.

Je récidive, le fondement du féminisme est bien que les différences entres les hommes sont le fruit d’une d’un processus social et ne sont pas innées. Les différences de statut, que ce soit pour les esclaves ou pour les enfants, sont fondées sur une différence réelle ou supposée entre les citoyens et les esclaves, les adultes et les enfants. Dès lors que l’on admet une différence structurelle entre les sexes, on peut justifier des différences de statut. Les enfants n’ont pas le même statut que les adultes, personne ne conteste l’opportunité de cette différence car il y a bien une différence entre les capacités d’un adulte et celle d’un enfant.

Les essentialistes nous disent par exemple que les femmes sont plus protectrices, plus consciente de la vie car ce sont elles qui donnent la vie. Je ne sais pas si ces essentialistes ont assisté à des cours de biologie mais elles ont sûrement sauté le chapitre sur la reproduction. C’est l’homme et la femme qui donnent la vie. Après effectivement, les femmes portent l’enfant et accouchent, mais déterminer les femmes à cette seule expérience est extrêmement réducteur, c’est aussi ignorer la capacité des humains à abstraire, à se détacher de la matérialité, ou à créer du lien en dépit de la matérialité. Par ailleurs, toutes les femmes n’accouchent pas. Considérer que ces différences ne sont pas naturelles permet d’éviter de débattre de l’opportunité de telle ou telle inégalité.

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Kyrie 6 mai 2011 - 17:23

@Sophie Maréchal. Oui les ismes, c’est mal. Comme l’altruisme, le pointillisme, le lyrisme, l’altermondialisme, l’athéisme, le bouddhisme,… Si par idéologie tu entends un ensemble d’idées, ben oui toutes les idées ont leurs ennemis. Mais je vois mal comment changer la société sans se baser sur des idées. « Les hommes et les femmes doivent être égaux », ça me parait pas trop extrémiste comme idée.

@ #19 Sébastien Le Goff On est quand même pas égaux devant la reproduction. Il faut du sperme pour fertiliser l’ovule mais après ça, la femme se retrouve seule à porter pendant neuf mois le fœtus puis bébé, sans parler de l’expulsion. Ce qui justifie les lois sur le congé maternité. Non que je sois contre le congé paternité, le géniteur/partenaire devrait bien plus assumer sa place une fois que le rejeton est sorti.

Répondre
Sébastien Le Goff 7 mai 2011 - 10:35

« Kyrie »

@ #19 Sébastien Le Goff On est quand même pas égaux devant la reproduction. Il faut du sperme pour fertiliser l’ovule mais après ça, la femme se retrouve seule à porter pendant neuf mois le fœtus puis bébé, sans parler de l’expulsion. Ce qui justifie les lois sur le congé maternité. Non que je sois contre le congé paternité, le géniteur/partenaire devrait bien plus assumer sa place une fois que le rejeton est sorti.

Le processus de propcréation est effectivement différent selon que l’on est un homme ou une femme. Mais ce processus ne suffit pas à nous définir, à nous déterminer. Les points déterminant et structurels de nos identités sont notre personnalité, notre histoire, notre expérience, notre culture, notre éducation. La grossesse, l’accouchement, sont des états temporaires, et ouvrent aux femmes un statut du fait de cet état de grossesse, et non car elles sont des femmes.

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gabi 7 mai 2011 - 21:15

Vous ne savez que le féminisme est la lutte pour la liberté, le choix des femmes, lutte contre les injonctions qu’ont leur fait ? Dans ce que vous appeler avec mépris « islamo-féminisme », vous faites étalage de votre incompréhension du fait que la liberté ne s’impose pas et qu’elle n’est pas univoque. Qui etes vous pour dire que la nudité ou le niqab sont des chaines ? Vous êtes vous même de ces dictatrices d’ un seul et bon féminisme qui ignore ses points aveugles (prendre en compte d’autres questions que le sexisme). Mais puisque vous faites références aux combats féministes des années 70, dites moi quelles sont les choses qui ont été imposés aux femmes ? les féministes des années 70 n’ont elles pas proposé plus de choix qu’elles n’ont imposé aux femmes ? Les ont elles « interdites de foyer » ? « obligées à la contraception » ? Non , elles ont proposé une critique du patriarcat dont le résultat a été l’apport de nouveaux droits. Vous , vous proposer j’imagine d’interdire le niqab, car à vos yeux il s’agit d’une chaine. Bravo, libérez celles qui doivent etre trop betes pour savoir par elles même ce qu’est la liberté! Si vous n’etes pas capables de vous extraire du schéma de « ce que les hommes veulent » (nudité ou niqab) pour respecter le choix des femmes, vous avez des efforts de réflexion à faire. Comment ne comprenez vous pas que parmi ces femmes, toutes ne font pas forcément des choses par rapport aux hommes ?! Ce n’est ni le niqab, ni le vêtement qui à vos yeux serait correct, ni la nudité qui est en « soi » oppressive ou libératrice. Mais, vous vous êtes libres, elles elles sont trop connes pour savoir si c’est « vraiment leur choix ». fréquenter un peu des femmes voilées pour voir si elles toutes les mêmes, si c’est une catégorie homogène ! Ce que vous écrivez est une violence pour toute femme voilée qui lutte dans sa communauté pour les femmes, et qui de la part de dictatrice de votre genre, s’entend dire qu’elle « choisit ses chaines ». A gerber.

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Kyrie 7 mai 2011 - 23:29

(suite)
« Vous , vous proposer j’imagine d’interdire le niqab »
Là vous projetez carrément.
« elles elles sont trop connes pour savoir si c’est « vraiment leur choix » » Il ne s’agit pas de connerie. Je ne considère pas comme connes les femmes qui considèrent qu’on n’est pas vraiment femme tant qu’on a pas mis au monde une tripotée de gosse ou qui passe leur journée à s’occuper de la maison pendant que monsieur ramène le pain à la maison, je ne considère pas conne celles qui portent tous les jours des talons hauts malgré l’inconfort total de la chose ou qui acceptent le diktat féminin de la lisseur qui considère qu’en dehors du cheveux ou du cil, tout poil doit être arraché.
Elles en font le « choix », mais un choix qui est entaché de pressions, pour la plupart insidieuses, de l’entourage et de la culture (en particulier ciné et tv)

Pour ce qui est de Mmme Sahin, je n’ai rien a ajouter à ce qu’à dit béatrice en #10: « Ce que vous dites serait juste( s’exposer nue est une provocation face à ceux qui veulent cacher le corps féminin et le réprimer) si elle avait choisi un autre support que Playboy. Ce « magasine de charme » n’est qu’une des expressions de la représentation stéréotypée des femmes. Il y a la « maman » et de l’autre, la « putain. […] Dans Playboy, elle enfile le costume (si j’ose dire) de la poupée sexy qui ne vit que par le regard des hommes, pour le désir des hommes. Elle en a le droit mais elle ne bouscule pas d’un iota la représentation sexiste du monde contre laquelle se dressent le féminisme. »

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Kyrie 7 mai 2011 - 23:32

@22 gabi
mépris, dictatrices, betes, à gerber… D’où viens ce flot de colère?

Vous partez du principe que refuser l’étiquette féministe à Mme Sahin ou considérer le voile comme une oppression équivaut automatiquement à :
– mépriser toutes les femmes portant le voile
– approuver la loi interdisant la burqa et le niqab.
Ce n’est pas le cas. Je considère que porter le niqab est un auto emprisonnement regrettable, le fruit d’une doctrine qui pousse les femmes, et les femmes uniquement, à se cacher, à être honteuse de leur corps et de son caractère sexuel. Ça n’empêche pas la diversité des raisons qui mènent à ce choix, et ça n’empêche pas que la loi susmentionnée est pourrie de sexisme patriarcal, de racisme et de populisme.

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de profundis 8 mai 2011 - 05:20

@ Gabi, s’enfermer sous un voile relève de la liberté (contrainte parfois aussi non ?) des femmes mais pas du féminisme

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akrak 10 mai 2011 - 18:17

« …pour qu’un homme fasse ses besoins. »
rien que cette phrase indique que vous ramenez la sexualité de l’homme à une action sale, en rapport avec l’urine ou les excréments. Quel respect.

De plus, vous oubliez complètement la prostitution masculine, avec une clientèle féminine souvent bien argentée.

Quant au modèle suédois, pensez-vous sincèrement que les hommes y soient si épanouis, avec une sexualité réprimée et culpabilisée ? si vous vous souciez de l’épanouissement des hommes … Vous croyez sincèrement que n’importe quel homme puisse avoir des relations sexuelles, grâce à la séduction ? Mais bien sûr, les besoins des hommes sont sales, ils n’ont qu’à se retenir…

Si vous tenez tellement à vous attaquer à la prostitution, commencez donc par l’état français, qui impose les revenus des travailleurs/ses du sexe. Comment cela s’appelle-t-il ? du proxénétisme, non ?

Ou posez vous la question des résultats d’une interdiction : quid des pays frontaliers ? comment cela passe-t-il en Allemagne, par exemple ? Que pensez-vous que donnera une interdiction de la prostitution, une répression ?

D’aucuns se revendiquent du féminisme (souvent par opportunisme), parce qu’aujourd’hui, il est surtout défendu par des femmes qui ont la haine des hommes.

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Kyrie 11 mai 2011 - 00:55

@akrak : il n’y a rien de plus sale dans la sexualité des hommes que dans celle des femmes (dans les deux cas, c’est pas propre : transpiration et autres sécrétions) Et l’urine, au passage, c’est très propre, stérile même. Et part de la sexualité de certains. (les excréments aussi, mais je préfère ne pas y penser)

Vous faites des suppositions sur la sexualité des suédois. Sur quelle base ?

La prostitution masculine est souvent oubliée, effectivement. Je pense que la différence principale est qu’il ne s’agit très largement d’une prostitution choisie et non d’exploitation d’immigrants illégaux. Ceux qui nie/minimise/néglige la prostitution masculine et ceux qui font de même pour la prostitution choisie font le même raisonnement : il s’agit d’un groupe minoritaire, dont les droits s’effacent devant la gravité des crimes commis contre la majorité.

« Vous croyez sincèrement que n’importe quel homme puisse avoir des relations sexuelles, grâce à la séduction ? » Mon statisticien personnel me dit qu’il y a en France à peu près autant d’hommes que de femmes qui baisent.
Les besoins des hommes ne sont pas sales (enfin ça dépend quels besoins), ils sont juste hors de propos. La prostitution est un commerce, pas une charité. Il y a d’un côté les innombrables esclaves des réseaux et les prostitués persécutés (quoique taxés) par la loi et trop souvent victimes de violences. De l’autre, des clients pas tous en situation de misère sexuelle (et tous ceux ou celles qui ont une vie sexuelle inexistante ne se tournent pas vers les prostitués)
Quand on parle des problèmes de la prostitution, il ne font pas oublier où sont les enjeux et qui sont les victimes.

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NR 77 18 mai 2011 - 08:21

Merci pour cet article très intéressant. Il semble que ce sujet soit délicat à traiter car plusieurs niveaux logiques risquent à tout moment de se mêler apportant de la confusion, c’est ce qui est souligné par les commentaires; Toutes ces histoires du féminisme existent même si l’histoire dominante est égalitariste.
Cela m’inspire 2 thèmes qui pourraient compléter ma compréhension de la question.
quelle est l’origine de cette idée « avoir un enfant est un droit  » et donc un sujet de lutte égalitaire?
Quel est l’impact de la société de consommation qui domestique les humain sur le combat pour l’égalité homme et femme?

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Margot 10 octobre 2011 - 06:15

« Sophie Maréchal »
Tous les noms qui finissent en « isme » désignent des idéologies. Tant que le féminisme est une idéologie, il sera combattu ou récupéré à mauvais escient.

A bas l’alpinisme, ce repaire de sournois idéologues !

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Prune 23 janvier 2014 - 12:18

« Sébastien Le Goff »
(…)il faut surtout avoir conscience qu’elle n’ont rien de naturelle, et permettre que des hommes s’approprient des codes féminins, que des femmes s’approprient des codes masculins, admettre cette porosité. Ensuite, effectivement, les injustices, il faut les combattre.

Non, peut-être que pour vous le plus important c’est de ne pas frustrer les hommes en leur permettant de s’approprier les codes féminins, et ENSUITE SEULEMENT de s’attaquer aux injustices, mais si vous demandez à une femme, elle vous dira que le plus important c’est de régler les injustices et toutes les discriminations qui pèsent sur les femmes, en un mot d’abolir le patriarcat.

Vous présentez le féminisme comme si les deux sexes étaient discriminés à part égal, et qu’il fallait juste un peu de souplesse.
Ce n’est pas cela, le féminisme a effectivement une histoire, et c’est une histoire de luttes, politiques des femmes contre les hommes, pour leurs droits.
Les hommes ont démontrés une opposition active au féminisme, et les universitaires ne sont pas en reste avec leur version édulcorée du « féminisme ».
On ne leur doit rien en matière de droit, c’est dire s’ils participent du système patriarcal. Même si les œuvres universitaires sont intéressantes pour comprendre le monde, elles ne servent que très indirectement le « féminisme ».

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Prune 23 janvier 2014 - 12:38

« akrak »
« …pour qu’un homme fasse ses besoins. »
rien que cette phrase indique que vous ramenez la sexualité de l’homme à une action sale, en rapport avec l’urine ou les excréments. Quel respect.

Ce n’est pas la sexualité masculine qui est ramenée aux « besoins » mais la prostitution. C’est vous qui rendez équivalent la sexualité masculine à la prostitution.
Ce qui est sale dans la prostitution, c’est d’acheter avec de l’argent le plus souvent (si ce n’est toujours) à une personne en situation d’infériorité sociale et financière une pratique sexuelle qu’elle ne désire pas. Il s’agit donc d’imposer à cette personne contre une compensation financière le fait de se « vider les couilles » comme si la sexualité masculine était un « besoin » physiologique au même titre que manger ou uriner. Un besoin que les hommes seraient obligés d’assouvir au besoin en utilisant une autre personne comme un objet de consommation.

Hors vous devriez savoir que des hommes conçoivent leur sexualité comme un partage avec une autre personne désirante, et que certains trouvent la prostitution sordide.

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Prune 23 janvier 2014 - 12:50

Bah sinon pur Sébastien Le Goff, nous avons donc le parfait spécimen du mâle féministe, qui s’en réclame, qui explique aux femmes ce qu’est le véritable féminisme, « ses histoires », édicte la bonne définition et affirme sans complexe que le féminisme, pour les femmes, c’est de se prostituer, tourner un film porno ou mettre un voile. Écoutez l’homme féministe, les filles, il connaît la véritable voie du féminisme.

Alors moi je suggère à ses hommes féministes sex positiv d’aller au bout de leur logique féministe et de tourner eux même un porno en étant le personnage principal qui se fait sodomiser par un god ceinture, porté par une femme. Je pense que la cela deviendrait au moins un peu subversif, de même, histoire de soutenir les femmes qui veulent porter le voile, il peut commencer dès aujourd’hui à le porter tous les jours sur sa propre tête afin d’affirmer un soutien à ses musulmanes radicales qui ne serait pas que du blablabla sur un forum.

Ensuite, le féminisme est un mouvement politique qui considère le groupe femme, comme un groupe social pour lequel il faut obtenir un certain nombre de droits et qui subit des injustices contre lesquelles il faut lutter. Donc les actions individuelles des femmes sont perçues logiquement, non pas comme des choix qui n’affecteraient qu’elles, en tant qu’individu, mais bien tout le groupe social femme. Ainsi en est-il du voile, de l’apologie de la pornographie et du réglementarisme de la prostitution.
Les actions individuelles des femmes ont un impact sur toutes les femmes et c’est pourquoi elles sont analysées et commentées par les féminismes.

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