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Poignées de mains viriles, compagnes et compagnon

par Isabelle Germain

Mains broyées sans sourcilier, un homme au milieu des « femmes de », mari d’un homme. Le sommet de l’Otan dans les médias avait tout pour raviver un imaginaire collectif à l’ancienne.


« Viril mais correct » – tout est dans le « mais » ! -, c’est ainsi que les rugbymen parlent de leur sport. Et c’est un peu comme cela que les médias ont commenté la poignée de main entre le président français Emmanuel Macron et son homologue américain Donald Trump. Cet échange viril a dominé l’information de jeudi à dimanche avec dans une interview au JDD un président revendiquant son geste : « Ma poignée de main avec lui, ce n’est pas innocent, ce n’est pas l’alpha et l’oméga d’une politique mais un moment de vérité ».

Alpha plus qu’oméga pourtant, selon le Washington Post qui écrivait jeudi : « Le président français a signalé par sa ferme poigne à son homologue américain qu’il n’était pas le seul mâle Alpha dans la pièce ».

Le président français avait bien compris que Trump voulait dominer son monde en tirant vers lui la main de celui qu’il saluait avant de la secouer vigoureusement. Emmanuel Macron n’a pas cédé un pouce de terrain et a planté son regard dans celui de son « adversaire ». Ambiance « concours de zizi » en politique, toujours…

Autre sujet dominant dans les gazettes, au-delà des questions de fond de ce sommet de l’OTAN : les compagnes de présidents. Ces femmes qui suivent leur mâle alpha dans ces sommets internationaux, dans lesquels elles ne participent à aucune discussion. Du coup, les médias les présentent comme des femmes désœuvrées que l’on occupe en organisant une visite de Bruxelles. Elles servent aussi de faire-valoir de leur mari. Et les gazettes commentent abondamment leur look. Chacun, chacune à sa place.

Mais où est monsieur Merkel ? Y-a-t-il un monsieur Theresa May ? Et qui est cet homme sur la photo de celles que beaucoup nomment « les premières dames » ? Il s’agit de Gauthier Destenay, l’époux du Premier ministre du Luxembourg, Xavier Bettel. Nous y voilà ! Quand un homme accepte d’accompagner, de soutenir en coulisse, bref de se mettre dans l’ombre d’une star de la politique, cette star est forcément un homme. Si la vision de cet homme au milieu des « femmes de » est un heureux progrès pour la lutte contre l’homophobie, elle ne change rien à un imaginaire collectif pétri de domination masculine. Quand un homme fait des efforts pour plaire, pour séduire, il fait le plus souvent ces efforts pour un autre homme. Si la soumission peut parfois changer de camp, la domination reste masculine.

 

5 commentaires

Gilles S. 29 mai 2017 - 21:02

Monsieur Merkel habite Dresde… Quelle question bizarre !

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fmontreynaud@gmail.com 30 mai 2017 - 09:23

Merkel est le nom du premier mari de la chancelière, dont elle est divorcée.

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09 Aziza 30 mai 2017 - 14:22

En effet, Sarkozy avait cette gaffe diplomatique d’évoquer « M. Merkel », preuve que dans l’imaginaire collectif français, une femme porte forcément le nom de son mari! Merkel est le nom que la chancelière a gardé de sa première union.
On ignore à peu prés le nom de son conjoint actuel(ce qui est parfait) et jamais il n’accompagne Madame où que ce soit. Il se peut que cela ne l’intéresse pas, d’ailleurs!Si les épouses d’hommes politiques estiment que ce statu est un métier et font les bécasses, tant pis pour elles!

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09 Aziza 30 mai 2017 - 14:24

Il faut lire « avait fait » , et « statut ». excuses!

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Isabelle Germain 30 mai 2017 - 15:09

En effet, Mr Merkel est le premier mari… On n’impose pas aux hommes le nom de leur femme. Encore un gros chapitre de l’histoire de la domination masculine

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