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Pologne : un nouveau bras d’honneur aux droits des femmes ?

par La rédaction
convention d'istanbul

convention d'istanbulLe gouvernement polonais réfléchit à une sortie de la Convention d’Istanbul, qui fixe des règles strictes en matière de lutte contre les violences faites aux femmes.

 

La Pologne osera-t-elle revenir sur la Convention d’Istanbul ? C’est en février 2015 que le parlement polonais ratifiait la « Convention sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique », dite Convention d’Istanbul. Moins de deux ans – et un nouveau gouvernement – plus tard, le pays pourrait choisir de renier son engagement.

Cette convention initiée par le Conseil de l’Europe, et entrée en vigueur le 1er août 2014, fixe à ses parties une série de standards minimums, très concrets, en matière de prévention des violences, de protection et d’assistance des victimes et de poursuites des auteurs. Il s’agit du texte international légalement contraignant le plus complet en ce domaine.

Texte trop féministe

La Pologne est l’un des 14 pays européens – parmi lesquels la France – à avoir ratifié le texte à ce jour ; elle pourrait donc aussi le premier pays à revenir sur son engagement. Un média local, Oko.press, le révélait le 2 décembre : le gouvernement réfléchit à une sortie de la Convention. Le ministère de la Justice a depuis confirmé que des discussions internes sont en cours, et la ministre du Travail Elizabeth Rafalska s’est personnellement déclarée favorable à une sortie de la Convention.

Selon la Gazeta Wyborcza, autre média polonais, le texte est considéré comme trop progressiste, trop féministe, par le PiS, le parti conservateur au pouvoir, très proche de l’Eglise catholique. En cause notamment, son évocation du « rôle stéréotypé des femmes et des hommes » ou encore l’emploi de la notion de genre.

« Provocation »

Ce pas en arrière esquissé par le gouvernement polonais sonne comme une nouvelle attaque contre les droits des femmes, après sa tentative en octobre dernier de restreindre le droit à l’avortement, déjà très limité. Les organisatrices des « manifestations en noir » d’octobre, qui ont fait reculer (provisoirement ?) le gouvernement sur l’IVG, ont déjà annoncé que les femmes retourneront dans la rue si le gouvernement revient sur la Convention.

La réflexion du gouvernement polonais est tout aussi mal perçue en Europe. D’autant plus que, fin novembre, le Parlement européen adoptait une résolution pour demander l’adhésion de l’Union européenne, en tant que telle, à la Convention d’Istanbul. Les eurodéputés socialistes dénoncent une « provocation » du gouvernement polonais, et appellent l’Union européenne à réagir. D’abord en adhérant « le plus vite possible » à la Convention. En effet, de cette façon « tous les Etats membres seraient de facto considérés comme membres à part entière ».

 

 

 

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