Accueil Eco & Social Pour évaluer les mesures économiques d’urgences : 12 hommes, 2 femmes d’abord

Pour évaluer les mesures économiques d’urgences : 12 hommes, 2 femmes d’abord

par Camille Saint-Cricq

Le comité chargé d’évaluer le soutien financier aux entreprises après la pandémie risque de poser un regard masculin sur le problème. (Rectificatif : le président nous indique que le comité va être élargi)

« C’est une mauvaise blague ! Ce sont des hommes qui vont suivre et évaluer les mesures économiques d’urgence touchant majoritairement des femmes » la députée européenne LREM Irène Tolleret a été une des premières à tirer la sonnette d’alarme sur twitter le 10 mai. Une alarme que @JamaisSansElles n’a pas manqué de relayer…

Le communiqué du gouvernement annonçant l’ « Installation du comité de suivi et d’évaluation des mesures économiques d’urgence » publié le 22 avril n’avait pas fait de vague. Ce comité va pourtant avoir une importance considérable pour décider de la pérennité des entreprises qui ont été affectées par la mise en sommeil de l’activité économique pendant la pandémie.  Il est « chargé de veiller au suivi de la mise en œuvre et à l’évaluation des mesures de soutien financier aux entreprises confrontées à l’épidémie de covid-19. »

Ce comité est présidé par Benoît Coeuré ancien membre du directoire de la Banque centrale européenne et parmi ses membres : deux conseillers à la Cour des comptes, le directeur général des Finances publiques, des représentants des trois grandes associations d’élus (maires, départements, régions) ou encore du Medef et de l’U2P (Union des entreprises de proximité). Et comme la plupart de ces fonctions prestigieuses sont exercées par des hommes, une seule femme s’est glissé dans le lot : Odile Renaud-Basso, directrice générale du Trésor. S’y est ajoutée, et c’est la seule à présenter un tel profil : Anne-Laure Cattelot, députée. Si les syndicats de salariés ont été les premiers à protester indiquant que leur regard pouvait compter pour cette mission d’évaluation, l’absence de parité n’a pas encore fait grand bruit. Rectificatif provisoire : Benoît Coeuré  nous indique que la sénatrice Sylvie Vermeillet et les représentantes syndicales de la  , Mmes Marilyse Léon (CFDT) et Raphaëlle Bertholon  (CFE/CGC) vont rejoindre le comité. Il y voit « Un progrès vers la parité ». Mais il indique aussi que le comité a été élargi aux 5 syndicats représentatifs, ce qui ajoute donc deux femmes… et trois hommes côté syndicats. Un représentant de la CPME (petites et moyennes entreprises) doit les rejoindre. Nous attendons la publication du décret Pour compter les avancées de la parité.

Pourtant, le « male gaze » (regard masculin) sur le soutien aux entreprises est délétère pour les entrepreneuses. Il y a quelques mois, une étude de Sista montrait que seulement 2% des start-ups qui obtenaient des financements étaient créées par des femmes. Et une étude américaine montrait les biais dans les jugements des investisseurs qui questionnent les hommes sur leurs ambitions et les femmes sur les risques. (Voir Les questions qui tuent l’entrepreneuriat féminin)

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