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Pourquoi les femmes journalistes prennent la une

par Isabelle Germain

Prenons la UneLe collectif de femmes journalistes « Prenons la une » lance son manifeste ce lundi. Pour en finir avec la sous-représentation des femmes dans les médias et les stéréotypes sexistes.


 

18 % de femmes, 82 % d’hommes. Des femmes faire-valoir, victimes ou simples témoins et des hommes décideurs ou experts. Ce n’est pas ainsi que nous vivons mais c’est ainsi que les médias d’information nous montrent (sauf Les Nouvelles NEWS bien sûr).

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Et comme chacun, chacune d’entre nous se conforme en général, à ce qu’il-elle voit dans les média, ces stéréotypes se reproduisent en permanence… Sauf si on décide de cesser de les perpétuer. C’est ce que réclame un collectif de journalistes (dont nous) ce lundi dans un manifeste « Prenons la Une ».

Après des constats sur les stéréotypes dans le contenu de l’information, le manifeste rappelle que les femmes journalistes sont rares aux postes de décision. Les soutières du journalisme cherchent les informations et les mettent en forme mais elles ne décident pas de la hiérarchie de l’information ni des angles des sujets.

Alors si le collectif s’engage à faire œuvre de vigilance sur la question des stéréotypes, il demande aussi aux confrères de veiller à mieux représenter la société, de constituer des guides d’expertes auxquelles chaque rédaction pourra se référer, et de respecter en interne, les lois sur l’égalité professionnelle. Et : « Nous réclamons :

– l’intégration de la parité dans les critères de déontologie du futur Conseil de presse.

– la présence de 50 % d’expertes à l’antenne et sur les plateaux de télévision, en application concrète de « la juste représentation des femmes dans les médias », prévue par la loi sur l’égalité entre les femmes et les hommes dont le CSA doit préciser les contours.

– le conditionnement de l’attribution « des aides à la presse » au respect des lois sur l’égalité professionnelle.

– la création de modules de formation, dispensés auprès de tous les étudiants en école de journalisme, sur la lutte contre les stéréotypes et l’égalité professionnelle. Et l’insertion de modules sur ces thèmes dans les offres de formation continue. »

Sur ce dernier point, le collectif va affronter les foudres des écoles de journalistes vent debout contre l’article 16 bis de la loi égalité qui prévoit ces modules de formation (Voir : Égalités femmes/hommes : une loi pas si consensuelle).

Le manifeste est publié dans Libération ce jour. Un journal qui ne brille pas plus que les autres par un féminisme échevelé (Voir par exemple : Luc, son DSK et la prostitution heureuse chez Libé). Mais Libération semble de bonne volonté. Le quotidien réalise souvent des sujets sur le sexisme chez les autres. Et, lorsque Les Nouvelles NEWS avaient organisé un colloque sur « le sexe de l’info », Libé avait consacré une pleine page au sujet, la page 32… Mais, comme souvent, le journal entretient d’un côté ce qu’il dénonce de l’autre. De la page 1 à la page 31 de ce numéro du 10 juin 2011, pas une femme n’apparaissait sur les photos du journal. Et dans les pages suivantes, une seule femme, nue sur une photo… Sous-représentées, stéréotypées. Pas gagné ! (Voir : La preuve par l’image).

 

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3 commentaires

3 commentaires

Aude Wessel 3 mars 2014 - 22:38

Ce n’est pas non plus la faute de Libération si la quasi-totalité des dirigeants politiques, économiques, syndicaux, sont des hommes.

NKM pour l’instant n’est rien (ou rien de plus qu’une candidate, et si l’on en croit les sondages, n’ira pas plus loin que ce statut), et pourtant, on voit sa tête partout.
(A l’inverse d’Anne Hidalgo, qui est quand même à ce jour N°2, et très probablement N°1 dans quelques semaines, et qu’on voit très peu).
Pas la faute de Libé non plus si on s’intéresse plus au sport masculin que féminin, et pas la faute de Libé si une photo d’homme nu risquerait bien plus de ne pas passer qu’une photo de femme nue. La première serait jugée provocante, la seconde est jugée artistique ou sexy.

En fait, s’attaquer à la représentation, d’accord, mais il faut surtout s’attaquer à la réalité.

Bon, je ne suis pas non plus en charge de la défense de Libé!

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isabelle germain 4 mars 2014 - 01:06

« Aude Wessel »
Ce n’est pas non plus la faute de Libération si la quasi-totalité des dirigeants politiques, économiques, syndicaux, sont des hommes.

NKM pour l’instant n’est rien (ou rien de plus qu’une candidate, et si l’on en croit les sondages, n’ira pas plus loin que ce statut), et pourtant, on voit sa tête partout.
(A l’inverse d’Anne Hidalgo, qui est quand même à ce jour N°2, et très probablement N°1 dans quelques semaines, et qu’on voit très peu).
Pas la faute de Libé non plus si on s’intéresse plus au sport masculin que féminin, et pas la faute de Libé si une photo d’homme nu risquerait bien plus de ne pas passer qu’une photo de femme nue. La première serait jugée provocante, la seconde est jugée artistique ou sexy.

En fait, s’attaquer à la représentation, d’accord, mais il faut surtout s’attaquer à la réalité.

Bon, je ne suis pas non plus en charge de la défense de Libé!

Le pb avec les stéréotypes c’est que personne ne s’en sent responsable… Or nous en sommes tous responsables

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09 Aziza 4 mars 2014 - 09:54

Je regrette, mais « LIbération » est un journal qui a toujours pris des positions très misogynes. Défense sempiternelle des pères perchés, de ceux qui réclament la garde alternée forcée; interviews complaisants d’hommes favorables à la persistance de la prostitution; de pseudo féministes qui haïssent les femmes….positions sectaires sur le voile.
Dernièrement , un article venimeux d’Annette Lévy Willard sur Antoinette Fouque, qui bien sûr, ne pouvait répondre de sa tombe, et que visiblement l’auteure n’avait jamais approchée, jamais lue, omettant des dates historiques fondamentales du mouvement des femmes, a consterné beaucoup de lectrices.
Car, oui, les femmes arrêtent en masse de lire « LIbération », personne n’aime se voir maltraiter
Imaginez une seule seconde un traitement similaire pour toute autre catégorie de population….

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