Accueil Politique & SociétéÉducation Premières leçons contre les stéréotypes sexués à l’école

Premières leçons contre les stéréotypes sexués à l’école

par Arnaud Bihel
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© manuela tinoco (macati) sur Flickr

Pour l’égalité filles/garçons, les ministres de l’Éducation nationale et des Droits des femmes annoncent des expérimentations en classe contre les stéréotypes, et un module de formation pour les enseignants… déjà censé exister.


 

« Mettre l’égalité des filles et des garçons au cœur même de la refondation républicaine de l’école », c’est la volonté exprimée par les ministres de l’Éducation nationale et des Droits des femmes, dans une tribune publiée mercredi 26 septembre dans Le Monde.

Ce même jour, Vincent Peillon et Najat Vallaud-Belkacem se rendaient dans un lycée professionnel de Seine-et-Marne pour évoquer ce sujet : violences sexistes, stéréotypes, interrogations autour de la sexualité ou encore choix d’orientation… autant de questions que les ministres entendent « prendre à bras-le-corps ».

Annonce ou redite

D’abord en impliquant les enseignants. Sur place, le ministre de l’Éducation nationale a annoncé que leur formation comprendra désormais un module obligatoire « égalité femmes – hommes », afin de « déconstruire les stéréotypes » (Le ministre avait déjà fait cette annonce le 23 août en s’exprimant devant l’Assemblée des femmes à la Rochelle.)

Les deux ministres signeront par ailleurs « dans les semaines qui viennent », annoncent-ils, la nouvelle Convention interministérielle pour l’égalité entre les filles et les garçons, qui doit être renouvelée tous les 6 ans.

Mais de tels textes suffisent-ils ? On peut en douter quand on observe qu’une formation à l’égalité est déjà prévue officiellement, et de longue date, pour les futurs enseignants. L’actuelle « Convention pour l’égalité entre les filles et les garçons, les femmes et les hommes, dans le système éducatif« , signée en 2000 et renouvelée en 2006 par les ministères concernés, prévoit déjà, entre autres mesures, de « généraliser la formation à l’égalité des membres du système éducatif dans le cadre de leur formation initiale et continue ». De belles intentions restées lettre morte, comme le remarquaient en 2011 des acteurs éducatifs lors d’un rendez-vous sur la question organisé par les Cahiers Pédagogiques.

Expérimentations contre les stéréotypes

Plus que par les textes, c’est donc avant tout sur le terrain que se jouera cette « refondation » par l’égalité. Les ministres doivent d’ailleurs rencontrer ensemble les recteurs et rectrices, en novembre, « afin d’inscrire dans la durée et sur l’ensemble du territoire cette démarche pour l’égalité entre filles et garçons à l’école. » Par ailleurs, deux expérimentations destinées à questionner les stéréotypes dans les classes vont être lancées prochainement.

La première débutera « dès cet automne » dans les écoles primaires de cinq académies et « sera basée sur des jeux et des outils ludiques ».

Une deuxième expérimentation impliquant les lycéens doit débuter, elle, à la rentrée 2013 dans huit régions. Il s’agira là de travailler spécifiquement sur l’orientation des élèves « pour obtenir une double mixité, c’est-à-dire plus de filles dans les filières considérées comme masculines, et plus de garçons dans les secteurs considérés comme féminins », a précisé Najat Vallaud-Belkacem.

La rencontre des ministres avec les lycéens franciliens, ce mercredi, aura en tout cas permis de constater « l’ampleur du travail à mener », admet le ministère des Droits des femmes. Selon une enquête réalisée dans ce lycée, une majorité des filles revendiquent la parité. Mais chez les garçons, seuls 18% pensent que c’est important. Sur place Caroline de Haas, conseillère de la ministre, tweetait quelques autres constats édifiants :

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Pour aller plus loin :

« Filles et garçons sur le chemin de l’égalité » (édition 2012), une brochure éditée par le ministère de l’Éducation nationale qui compile des études statistiques genrées sur les parcours scolaires.

 

Lire aussi sur Les Nouvelles NEWS :

L’Europe face aux stéréotypes de genre dans l’éducation

Exercices d’égalité pour l’éducation

L’enseignement féminisé par le bas

Entre filles et garçons, le fossé de la lecture

La différence sexuée chez les adolescents

Quand les écoles non mixtes renforcent les stéréotypes

 

 

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5 commentaires

Lora 29 septembre 2012 - 10:37

« Faites ce que je dis, pas ce que je fais », ça ne marche pas. Sexisme même à l’Assemblée nationale, mise à disposition de corps de femmes pour les hommes… L’éducation, c’est l’exemple.

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Emily 30 septembre 2012 - 11:08

ça va être aux élèves engagés de tenter de déconstruire les stéréotypes…
Bon bah je vous laisse, je vais m’y mettre tout de suite.
( Au passage, on nous enseigne plus de stéréotypes qu’autre chose, au final… )

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Lili 1 octobre 2012 - 07:55

« Emily »
ça va être aux élèves engagés de tenter de déconstruire les stéréotypes…
Bon bah je vous laisse, je vais m’y mettre tout de suite.
( Au passage, on nous enseigne plus de stéréotypes qu’autre chose, au final… )

Vous vouliez dire quoi là?

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Viviane M 2 octobre 2012 - 08:08

J’ai des amies qui ont participé à la mise en place d’une telle formation à l’éducation nationale, il y a 4 ans. La formation était facultative. Résultat des courses : il y a une plus d’animatrices de formation que de stagiaires.

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Lili 2 octobre 2012 - 16:18

« Viviane M »
J’ai des amies qui ont participé à la mise en place d’une telle formation à l’éducation nationale, il y a 4 ans. La formation était facultative. Résultat des courses : il y a une plus d’animatrices de formation que de stagiaires.

Sachant que les « stagiaires » visés étaient des femmes pour l’essentiel, soit elles ne voient pas les stéréotypes, soit ça leur va comme c’est …

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