Accueil MédiasBruits et chuchotements Éditorial : La présidente dont nous ne voulons pas

Éditorial : La présidente dont nous ne voulons pas

par Isabelle Germain

dangerUne femme présidente ? En théorie, ce serait un symbole fort. Mais la candidate qui arrive au deuxième tour de la présidentielle affiche trop de positions anti-féministes et anti-républicaines.


 

Une femme en passe de devenir présidente ? Les féministes en ont rêvé. Aux États-Unis Hillary Clinton, dès son investiture parlait d’un moment  « historique » parce que sa position envoyait un message « à toutes les petites filles qui rêvent plus grand : Oui, vous pouvez être tout ce que vous voulez, même présidente. » Les grandes dirigeantes donnent à voir de nouveaux modèles pour que les filles et les femmes élargissent le champ des possibles, pour elles et pour l’humanité. « L’admission des femmes à l’égalité parfaite serait la marque la plus sûre de la civilisation, et elle doublerait les forces intellectuelles du genre humain », écrivait Stendhal.

Le problème est que Marine Le Pen, la candidate du Front National, est bien loin de vouloir doubler les forces intellectuelles du genre humain. Bien au contraire. Et les féministes qui publient des tribunes appelant à « faire barrage à l’extrême droite » l’ont très bien expliqué. Non seulement le FN prend régulièrement position en faveur de mesures visant à renvoyer les femmes à la maison, mais la politique économique qu’il prône serait catastrophique pour les femmes. Sans parler de sa xénophobie décomplexée. Au Parlement européen, le FN n’a cessé de se distinguer par ses positions antiféministes, et quand ses lieutenants parlent féminisme, c’est exclusivement pour conspuer l’Islam et attiser la haine des immigré.e.s.

Combattre la démagogie par l’information

À quelques jours du deuxième tour de cette élection présidentielle il faut le marteler, le répéter, combattre par l’information la démagogie affichée par une Marine Le Pen tout sourire.

Il faut dire tout cela pour ne pas laisser les électeurs et électrices s’endormir. Les journalistes le soulignent-ils/elles suffisamment ? Et peuvent-ils/elles donner plus de poids à l’information en laissant pour une fois de côté une « neutralité journalistique » qui n’est qu’hypocrisie, en s’engageant personnellement pour des valeurs ? Non, a répondu la direction de CNews en suspendant d’antenne Audrey Pulvar parce qu’elle a signé une pétition de féministes anti-Front National dans le HuffPost.

Voilà un signe indiscutable de la banalisation du FN. En 2002 les journalistes prenaient clairement position contre le parti d’extrême droite sans être inquiété.e.s. Point positif, néanmoins, des déboires d’Audrey Pulvar : sa mise à l’écart a le mérite de faire connaître ce texte qu’elle a signé.

Pour la rédaction des Nouvelles NEWS, pétition ou pas, c’est une évidence : Marine Le Pen et le Front National ne doivent pas être au pouvoir en France. Il en va non seulement des droits des femmes, mais de l’ensemble des valeurs de la République. Il n’est nullement question de se départir de l’esprit critique indispensable à notre profession mais il serait hypocrite de ne pas l’affirmer clairement : dimanche 7 mai, sans hésitation, nous voterons Emmanuel Macron.


 

Précision (20 heures ce jeudi 27 avril) : Plusieurs lectrices et lecteurs nous ont fait part par e-mail de leur étonnement de voir ainsi Les Nouvelles NEWS prendre position sans préciser que nous ne donnions pas carte blanche à Emmanuel Macron. Alors puisque ça va mieux en le disant et même en l’écrivant : non, nous ne donnons pas carte blanche. Nous l’avons écrit, voter Emmanuel Macron ne signifie pas se départir de notre esprit critique. Mais c’est justement la condition essentielle pour continuer à excercer notre métier de journalistes en toute indépendance, quand le Front National voudrait une presse à sa botte. Après la mise à l’écart d’Audrey Pulvar, de CNews, nous avions envie de rappeler que la neutralité journalistique est une parfaite hypocrisie. La hiérarchie de l’information, la place accordée à tel ou tel sujet, le choix de traiter ou non une info sont emplis de subjectivité. Il faut batailler pour l’information contre la démagogie des candidats, pour le pluralisme de l’info, pas pour sa neutralité. C’est ce que nous faisons depuis plus de sept ans aux Nouvelle NEWS en donnant toute leur place aux femmes dans la hiérarchie du contenu éditorial.

 

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2 commentaires

2 commentaires

flo 27 avril 2017 - 13:47

Mme le Pen est sans contestation une femme, mais très entourée d’hommes… On n’a jamais vu un mouvement politique aussi peu paritaire! La palme revenant au bureau exécutif, 100% masculin. Mais de cela je me réjouit. En revanche, imaginer Briois, St Just, Gollnisch ou Collard dans des ministères me fait réellement froid dans le dos. Si on ajoute à tout ce laid monde les Civitas, Sens Commun et autres courants identitaires et racistes, on se retient de vomir et on va voter pour E. Macron, il y a extrême urgence.

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adren 28 avril 2017 - 17:27

isabelle germain doit surement habiter à Courcelles ! la grandeur d’âme c’est facile quand on fait semblant de ne pas savoir ce qui se passe dans les villes communistes, qu’on habite Neuilly (comme macron)…

le vrai pbe c’est que marine ne fera pas la moitié de ce qu’elle prétend… elle s’insurge contre l’europe… tout en bénéficiant de sa largesse pour son impunité !

seule morano tient un discours vrai …

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