Pression culturelle sur les mères allemandes

par La rédaction

LustKinder

Selon l’Institut fédéral de recherche démographique, la faible natalité dans le pays tient autant à des facteurs structurels que culturels.


Pourquoi la natalité est-elle si basse dans un pays si souvent montré en exemple pour son économie ? En Allemagne, depuis 40 ans, le taux de fécondité stagne entre 1,24 et 1,45 enfant par femme. En 2010, il était de 1,39. Bien loin du taux de deux enfants par femme que connaît la France.

Cette natalité en berne ne s’explique pas seulement par des facteurs structurels, comme le manque de mode de garde pour les moins de 3 ans, régulièrement décrié. Les causes sont également « culturelles », souligne une étude de l’Institut fédéral de recherche démographique (BiB) publiée à la mi-décembre (à lire ici, en allemand) et intitulée « (Pas) Envie d’enfants ? ».

Autrement dit, une mère qui travaille alors qu’elle a un enfant en bas âge est culpabilisée, sur le mode : « les enfants, qui passent la plupart de la semaine à la garderie sont plus susceptibles d’avoir des problèmes plus tard dans la vie », note l’étude. C’est le syndrome de la Rabenmutter, « mère corbeau ». Et c’est particulièrement le cas dans l’ex Allemagne de l’Ouest. Selon l’étude, 63 % des Allemands de l’Ouest et 36 % des Allemands de l’Est jugent qu’« un enfant en bas âge risque de souffrir si sa mère travaille ».

De fait, comme le relevait récemment de son côté l’Institut démographique français (Ined), moins d’un tiers des Allemandes mères d’un enfant de moins de 3 ans travaillent. Et les deux tiers des mères d’enfants de moins de 15 ans travaillent à temps partiel : c’est deux fois plus qu’en France (Lire : « Les Françaises ne sont pas moins actives que les Allemandes, elles le sont autrement »).

La question de la parentalité fait débat depuis des mois dans le pays. Le gouvernement d’Angela Merkel envisage depuis 2011 d’instaurer une Beutreuungsgeld, une allocation de 150 euros pour les familles ne disposant pas de mode de garde. Une mesure dénoncée par l’opposition comme une « prime aux fourneaux ». Elle devait initialement entrer en vigueur au 1er janvier 2013, mais ce sera finalement pour le mois d’avril, au plus tôt (Lire : L’Allemagne reporte son projet de « prime aux fourneaux »).


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