Accueil Médias Prix humour et politique : la palme de l’ignorance

Prix humour et politique : la palme de l’ignorance

par La rédaction
Dessin de la Tête à Toto par Nils R. Barth, via Wikipédia

Dessin de la Tête à Toto par Nils R. Barth, via Wikipédia

Hilarant ? Le jury du prix « humour et politique » a choisi la phrase de Ségolène Royal : « L’égalité homme-femme est une condition indispensable à la réussite de la lutte contre le dérèglement climatique » dans sa cuvée 2016. De quoi remporter la palme de l’ignorance.

Pour la quatorzième année, le jury Press Club présidé par Jean Miot, ancien président de l’AFP, a sélectionné les cinq phrases en lice pour son prix « humour et politique ». Ce prix très médiatisé entend récompenser « l’auteur de la phrase la plus hilarante de l’année, qu’il s’agisse indistinctement d’humour volontaire ou involontaire ». 

Le politique y est, l’humour pas toujours. Parmi les sélectionné.e.s pour le prix 2016, cette citation de Nicolas Sarkozy : « J’ai confiance en Alain Juppé, je pense qu’il a confiance en moi » ; celle de Jean-Marie Le Guen : « Le PS ne travaille jamais pour rien ; surtout quand il travaille » ; ou encore celle de Michel Sapin : « Une croissance nulle conforte nos objectifs en matière de croissance ». 

Et en ce jour consacré à la thématique « Femme et climat » à la COP21, le jury a également choisi cette phrase de Ségolène Royal : « L’égalité homme-femme est une condition indispensable à la réussite de la lutte contre le dérèglement climatique. »

Hilarant ? Rien de mieux que ce choix pour décrédibiliser les propos de la ministre de l’Ecologie et faire passer le lien entre dérèglement climatique et genre pour une vaste blague. Les femmes, premières victimes du dérèglement climatique, c’est drôle. Le risque de décès en cas de catastrophe naturelle est 14 fois plus élevé pour les femmes que pour les hommes, les femmes, représentent 70% des 1,2 milliard de personnes vivant avec moins de 1$ par jour… c’est hilarant.

Un choix d’autant plus désolant que la plupart des membres du jury sont des journalistes censé.e.s informer les citoyens. Mais un jury pas vraiment sensible à l’égalité entre les femmes et les hommes. N’y figurent d’ailleurs que 4 femmes pour 14 hommes. Un attelage hétéroclite dans lequel siège Françoise Laborde, ancienne membre du CSA et désormais du Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes, au côté de Nelson Monfort, président du Press Club, épinglé en 2014 par le CSA pour les propos « graveleux » tenus à l’antenne de France Télévisions durant les JO de Sotchi.

Sur Twitter, cette sélection « humour et politique » est mal passée. « Navrant de méconnaissance », commente la Secrétaire d’Etat chargée des Droits des femmes. Navrant pour les militant.e.s féministes qui essaient au quotidien de faire comprendre l’enjeu d’une perspective genrée dans le dérèglement climatique. L’ignorance du jury ne fait pas rire.

https://twitter.com/Pascaleboistard/status/674289837361508352 https://twitter.com/carolinedehaas/status/674307761044398085

 

Lire aussi sur Les Nouvelles NEWS :

Changement climatique : pour l’ONU, les femmes sont en première ligne

COP21 : 7% de femmes à la table du pouvoir

 

Partager cet article

A VOUS DE JOUER

o Vous appréciez nos articles ?
o Vous voulez partager l’information pour que tout le monde ouvre les yeux sur l’inégalité des sexes ?
o Vous considérez que l’égalité dans les médias est la mère de toutes les batailles pour l’égalité ?
o Vous savez qu’un journal indépendant et de qualité doit employer des journalistes professionnels ?
Si vous avez répondu oui à une de ces quatre questions, faites un don pour financer l’information. Ce don est défiscalisé à 66 %. (Un don de 50 € vous coûte en réalité 17 €)

JE FAIS UN DON

1 commenter

1 commenter

09 Aziza 10 décembre 2015 - 17:09

Chère Caroline, le XIX ême siècle était plus rétrograde que le Moyen Age, surtout envers les femmes….faites un peu d’histoire8

Répondre

Laisser un commentaire