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Prostitution : les clients crient avant d’avoir mal

par Isabelle Germain

porte-voixAvant que la proposition de loi renforçant la lutte contre le système prostitutionnel ne soit examinée, les médias ouvrent largement leurs antennes et colonnes aux célébrités venues dire non à la pénalisation du client.

Frederic Beigbeder, Line Renaud, Luc Le Vaillant, Antoine, Catherine Deneuve, ou encore Charles Aznavour ont un point commun. Ils ont fait parler d’eux sur le thème de la prostitution, avant l’ouverture des débats sur la « proposition de loi contre le système prostitutionnel » des députées PS Maud Olivier (Essonne) et Catherine Coutelle (Vienne). (Cette proposition devait être examinée à l’Assemblée nationale les 27 et 29 novembre mais le démarrage a été décalé au 29.) Depuis que cette loi pointe à l’horizon, l’attention se focalise sur un seul sujet : la pénalisation du client.

La loi veut pourtant protéger les 90 % de personnes prostituées qui n’ont pas choisi leur sort et qui sont souvent issues de la traite. Faire baisser la demande en sanctionnant les clients serait une façon de les protéger. Une entrave à la liberté selon les pourfendeurs. Liberté du client bien sûr. Un discours qui masque de débat de fond sur la prostitution.

Bruits et fantasmes

Quelques jours après le manifeste « Touche pas à ma pute ! » des 343 Salauds, qui a davantage fait parler de lui pour sa grotesque comparaison aux 343 militantes pour l’avortement en 1971 que pour son contenu, Elisabeth Badinter expliquait qu’il s’agissait là « d’une intervention nécessaire ». Soutenant le principe de « liberté des femmes à disposer de leur corps », la philosophe d’ajouter : « La forme était contestable. Mais je n’ai pas de critiques sur le fond. »

Le fond pourtant est peu abordé dans cette cacophonie générale. Et les mensonges vont parfois bon train. La très bruyante pétition lancée par le chanteur Antoine et signée par de nombreuses vedettes comme Catherine Deneuve ou Charles Aznavour, dit : « Nous refusons la pénalisation des gens qui se prostituent. » Or le texte prévoit précisément d’abroger le « délit de racolage public », qui faisait des prostituées des coupables. Et Maud Olivier, rapporteure de la proposition de loi, qui a réagi à cette pétition, a été peu relayée par les médias qui ont servi de porte-voix à Antoine.

Des stars plus entendues que des médecins

De même, la tribune publiée par un collectif de médecins deux jours avant dans Le Monde n’a pas eu autant d’écho. Pourtant, ce collectif, dont le généticien Axel Kahn fait partie, estimait que grâce à cette loi, « les personnes prostituées pourront (…) plus facilement refuser un rapport sexuel non protégé ou dénoncer la violence d’un client. »

Même mise en sourdine pour les personnalités politiques de tous bords favorables à cette PPL. Chantal Jouanno (UDI), Anne Hidalgo (PS), Dominique Voynet (EELV), Roselyne Bachelot (ancienne ministre UMP), Pierre Laurent (PCF) ou encore Jean-Luc Mélenchon (Front de Gauche) ne font pas autant de buzz médiatique malgré une tribune publiée le 6 novembre dans Le Monde Prostitution : il faut interdire l’achat d’actes sexuels.

Du côté des grands quotidiens nationaux, il faut lire Le Figaro pour trouver un long article consacré à l’abattage pour les personnes prostituées. La parole est donnée à une association d’aide à ces femmes, Le Mouvement du Nid. Dans cet article, le Dr Damien Mascret, médecin sexologue demande « qu’on arrête ce discours sur la prostitution qui serait choisie et qui n’aurait pas de conséquences ». Pas gagné.

Témoignage contre témoignage

Pour faire encore plus de bruit, les médias dégainent des « témoignages bouleversants ». Le client en mal d’affection et de tendresse le dispute à la prostituée libre et heureuse. En ce 27 novembre, le festival a commencé sur France Inter dès 7h15 avec une prostituée et un client qui évoquaient de façon bon-enfant les « besoins sexuels » des hommes que la prostituée se faisait un plaisir de combler avec tendresse. Puis à 7h50, nouvelle prostituée heureuse… (Sur la radio publique, deux jours avant, un sociologue expliquait que cette loi était anti-immigration !)

Dans L’Express aussi, un long témoignage d’une prostituée, assurant pour l’occasion un rôle de psychologue, devrait achever de convaincre les plus sceptiques. Avec ce titre « impliquant » : « Nos clients ? Ce sont vos pères, vos frères, vos maris ». Des gens normaux, 60 millions de consommateurs en somme.

Et depuis belle lurette, Libération multiplie les portraits de prostituées extatiques qu’il s’agisse de Morgane Merteuil, secrétaire générale du Strass, syndicat du travail sexuel, ou encore Marla, un putain de bonheur « une fan de sexe (qui) travaille comme escort girl de luxe, tourne des pornos et vit son métier avec insouciance » expliquait le quotidien. Et bien d’autres encore…

Quand une ex-prostituée parle

Alors pour le quidam qui n’entend que ces échos, que vient donc faire cette proposition de loi dans cet océan de bonheur ? Les associations militant pour l’abolition de la prostitution essaient bien de faire entendre les témoignages d’ex-prostituées décrivant une face moins joviale de la prostitution. Mais elles ont du mal à passer dans les médias. Et les prostituées issues de la traite, curieusement, n’ont pas voix au chapitre.

Il n’est pas simple d’ébranler les certitudes construites par ceux qui parlent le plus fort. Le quotidien Le Monde dans son édito du 27 novembre a adopté la posture dominante du libertin critiquant la prétendue « morale » de la proposition de loi. Dans ce même numéro, il a illustré son article principal par une banderole de manifestation disant : « client pénalisé = putes assassinées », bref, Le Monde a marqué son opposition au texte de loi. Mais, dans son édition du 28 novembre, le quotidien a fini par publier côte à côte deux tribunes, celle d’un client et celle d’une ex-prostituée avec ce surtitre : « les prostituées sont-elles libres ou aliénées ? »… Et, s’il devait y avoir un concours de victimes, les clients ne feraient pas le poids face à l’ex-prostituée. Encore faut-il pouvoir entendre les défenseurs du texte.

 

Lire aussi dans Les Nouvelles NEWS

Tu montes, salaud ? 

Taddeï « complaisant » avec le proxénète Dodo la Saumure, juge le CSA 

Prostitution : les clients occupent les médias 

DOSSIER – Prostitution… vers l’abolition ?

 

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24 commentaires

24 commentaires

Lène 27 novembre 2013 - 20:31

On entend aussi quelques personnes dire que cette activité c’est « joindre l’utile à l’agréable ». Mais comment peut-on imaginer qu’enchaîner les passes c’est agréable? En fait, du plaisir on fait une routine. Et surtout, comment imaginer que la femme prend du plaisir dans une sexualité centré sur le plaisir masculin? Que l’on ne trouve rien à redire à cette façon de gagner sa vie, soit. Mais de là à dire que tout le monde est content, il faut une bonne dose de méconnaissance du corps et du plaisir féminin.

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Fred 27 novembre 2013 - 22:06

A-t-on le droit de défendre un autre point de vue sans être traité de « salaud »? La prostitution forcée doit être combattue et punie mais on ne peut nier qu’il existe une prostitution choisie même minoritaire et même si ça dérange. Les prostituées « libres » ne font pas ça pour le plaisir mais pour l’argent. Les clients ne sont pas dupes. Peut-être vont-ils les voir parce que leurs compagnes ont « une méconnaissance du corps et du plaisir féminin »?

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Fred 27 novembre 2013 - 22:08

« Fred »
A-t-on le droit de défendre un autre point de vue sans être traité de « salaud »? La prostitution forcée doit être combattue et punie mais on ne peut nier qu’il existe une prostitution choisie même minoritaire et même si ça dérange. Les prostituées « libres » ne font pas ça pour le plaisir mais pour l’argent. Les clients ne sont pas dupes. Peut-être vont-ils les voir parce que leurs compagnes ont « une méconnaissance du corps et du plaisir masculin »?

Voulais-je dire, bien sûr…

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isabelle germain 28 novembre 2013 - 07:29

« Fred »

« Fred »
A-t-on le droit de défendre un autre point de vue sans être traité de « salaud »? La prostitution forcée doit être combattue et punie mais on ne peut nier qu’il existe une prostitution choisie même minoritaire et même si ça dérange. Les prostituées « libres » ne font pas ça pour le plaisir mais pour l’argent. Les clients ne sont pas dupes. Peut-être vont-ils les voir parce que leurs compagnes ont « une méconnaissance du corps et du plaisir masculin »?

Voulais-je dire, bien sûr…

C’est un débat complexe et il ne s’agit pas de se faire traiter de salaud ici. Comme vous le dites Les prostituées « libres » ne font pas ça pour le plaisir mais pour l’argent. Mais l’histoire que racontent les médias à forte audience n’est pas celle là. On nous raconte une histoire de pauvres clients à plaindre qui iraient voir des prostituées assistantes sociales. ça biaise le débat

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Aziza 28 novembre 2013 - 08:55

Je crois qu’il faut voir les choses d’un point de vue politique: c’est la caste masculine qui est dominante en France(et en Europe) au niveau politique et économique. Cette caste veut simplement continuer à acheter le corps des femmes, et fait du négationnisme sur la violence qui leur est infligée, et tentent de déguiser leur propre pouvoir sous les oripeaux de la « liberté ». Parce que , vu les petites forces qu’ont pris les mouvements de libération des femmes, et le fait qu’une partie de leur discours soit maintenant intégré sur certains points, on ne peut plus dire: « c’est nous qui avons le plus grand nombre de députés, et le pognon, fermez là »!. Ces positions sont un appel au viol:si elles continuent, c’est qu’elles aiment ça ?

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Philippe 28 novembre 2013 - 09:14

Vous n’avez pas évoqué cet article paru le 26 novembre dans Mediapart qui part du point de vue des prostitué-es.
http://blogs.mediapart.fr/edition/les-batailles-de-legalite/article/261113/prostitution-et-penalisation-des-clients-la-bienveillance-en-question

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Didier Bois 28 novembre 2013 - 09:31

 CONSÉQUENCES DE LEUR PRATIQUE PROSTITUTIONNELLE, elles constatent avec détresse la perte du désir sexuel et l’anéantissement de leur vie sexuelle, une désensibilisation progressive de leur corps, le dégoût des gestes sexuels, la confusion sur leur identité sexuelle, une dissociation de plus en plus grave d’avec elles-mêmes qui les amènent à effectuer une rupture affective avec elles-mêmes et les autres. Elles révèlent la perte de l’attrait et de la confiance dans les hommes, l’abondance de leurs diagnostics médicaux, leur alcoolisme et leur toxicomanie, leurs pensées suicidaires et leurs tentatives de suicide,…Ce sont socialement les personnes les plus stigmatisées qui soient. »
« Ces conséquences de l’exercice de la prostitution sont méconnues, banalisées, niées par les clients et les proxénètes qui ne subissent aucune conséquence comparable.
La prostitution n’est pas l’expression de la sexualité, laquelle implique le don et le partage d’une intimité, c’est de la génitalité. La prostitution n’est pas l’amour, c’est de la baise. La prostitution n’est pas un métier, se prostituer c’est être un corps public, c’est ne plus avoir de corps privé. »
(Rose Dufour anthropologue spécialisée en santé publique, Je vous salue…, 2005)
   http://sisyphe.org/spip.php?article1605

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Roinel Nicole 28 novembre 2013 - 09:31

Bien sûr que la prostitution est un fléau qu’il faut combattre ! La prostitution des hommes, des femmes, des mineurs garçons et filles, cet esclavage des temps modernes.
Je suis un peu perplexe devant ce gouvernement. La ministre de la Justice vide les prisons, relâchant des jeunes qui à 18 ans en sont à leur vingtième infraction et voulant à tout prix dépénaliser l’usage des drogues. Alors que les médecins ont établi maintenant à quel point cet usage est néfaste : dégâts sur le cerveau des jeunes, accidents de la route, violences à l’encontre d’autrui. Sur les ondes de la radio et de la TV, se répandent des « bien-pensants » aux moeurs avérées, qui ne se cachent pas d’aller acheter leur chair fraîche à l’étranger. Pas de risques pénaux, et la misère des uns favorise les turpitudes des autres. Un milliardaire fait l’éloge de la GPA au motif que les femmes peuvent bien vendre leur utérus (mais pas son vagin ?), puisque les hommes vendent leur force musculaire. Un prix littéraire prestigieux, le Renaudot Essai, est attribué à un écrivain pédophile qui a largement écrit sur ses pratiques, bien sûr admiré des « bien-pensants ». Ces gens-là vivent entre eux, ne prennent pas le RER et voyagent à l’étranger pour satisfaire leur « esthétisme » de chair fraîche. Cela n’émeut même pas vos Nouvelles News qui se contentent de compter combien de femmes ont obtenu un prix littéraire cette année.
Arrêtez votre hypocrisie. Journée des Droits de l’enfant, et la Journée contre les violences faites aux femmes… peut-on réclamer de poursuivre des hommes qui ont recours à des prostituées en France et ne pas demander le boycott absolu et immédiat de tous ces bien-pensant qui vont enc… leurs victimes mineures à l’étranger et de plus se font de l’argent avec les bouquins tirés de leurs expériences. Pourchassons sans pitié les proxénètes, et laissons le Français moyen tranquille. Lui au moins a honte et ne va pas se vanter sur les plateaux de télévision si complaisants.

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Annie G 28 novembre 2013 - 10:27

Parmi les artistes et les intellectuels qui revendiquent la « liberté » en matière de prostitution, beaucoup défendaient DSK à l’époque, ou ont défendu Roman Polanski.
Elisabeth Badinter que je considère de moins en moins comme une féministe était en son temps contre la loi sur la parité.
Ces artistes, intellectuel-le-s et grands bourgeois-e-s ne connaissent rien de la vie de ceux au nom desquels ils prétendent parler et dont ils ont en fait confisqué la parole… Ils constituent une caste qui domine les médias lesquels rejoignent de plus en plus souvent les pouvoirs oppresseurs…

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Natacha Henry 28 novembre 2013 - 10:35

Ce serait chouette s’ils et elles employaient plutôt leur énergie à dénoncer les viols et violences qui s’abattent sur les femmes tous les jours. Si les média people disaient que c’est nul de frapper, médiocre de violer, minable de harceler, on pourrait enfin croire qu’ils y comprennent quelque chose.

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Lilian Rufo 28 novembre 2013 - 10:37

QUELQUE SOIT LA LÉGISLATION ET LES CONDITIONS D’EXERCICE DE LA PROSTITUTION, celle ci a des conséquences profondes qu’on ne retrouve dans aucune autre activité (Rapport sur la prostitution et ses conséquences du Parlement européen, 2012). Les problèmes courants de santé psychologique des prostituées comprennent : idées suicidaires récurrentes avec 170 fois plus de tentatives de suicides que la normale (A Teixeira, 2011), 68% présentent un état de stress post traumatique analogue aux survivantes de tortures (M Farley& al, 2003), les crises de panique, insomnies, flash-backs, migraines, dépression, anesthésie physique (elles arrivent en consultation avec des maladies très avancées) et psychique (indifférence à tout, incapacité d’éprouvé des affects), dissociation psychique binaire (deux personnalités distinctes avec perte de mémoire de se qu’on a fait), mort de leur sexualité…
http://www.prostitutionresearch.com/pdf/Prostitutionin9Countries.pdf

Témoignage de Lolita « personne ne peut vivre avec ce que j’ai dans la tête, il suffit que JE FERME LES YEUX POUR QUE CES HORREURS ME REVIENNENT. ET TOUS LES JOURS, TOUTES LES NUITS C’EST LE MÊME CALVAIRE, C’EST UNE TORTURE. QUE QUELQU’UN M’AIDE À EN FINIR, JE N’AI PLUS LA FORCE DE TENTER QUOI QUE CE SOIT.
Bon Dieu ! Je voudrais juste un moment de répit, un repos. En finir avec ce monde, partir, partir, juste partir… » (Mali actualités, Prostitution des africaines en Europe : Révélation, 2013/05)

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flo 28 novembre 2013 - 11:29

« Fred »

« Fred »
A-t-on le droit de défendre un autre point de vue sans être traité de « salaud »? La prostitution forcée doit être combattue et punie mais on ne peut nier qu’il existe une prostitution choisie même minoritaire et même si ça dérange. Les prostituées « libres » ne font pas ça pour le plaisir mais pour l’argent. Les clients ne sont pas dupes. Peut-être vont-ils les voir parce que leurs compagnes ont « une méconnaissance du corps et du plaisir masculin »?

Voulais-je dire, bien sûr…

Quel lapsus !!! 🙂

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lirelle 28 novembre 2013 - 12:15

juste pour vous dire merci de cette analyse, repérage du 2 poids 2 mesures dès qu’il s’agit du bien-être, de l’égalité, de la vie des femmes… vous faites un formidable boulot. Mon espoir c’est que je ne sais pas si les « gens » gobent les gros mensonges des médias, surtout les femmes peuvent imaginer ce que c’est d’être à la merci de n’importe quel homme pour l’argent… surtout celles qui n’ont pas trop d’argent justement. Beaucoup d’hommes aussi plaignent les prostituées, et ne défendent pas la prostitution mais ont de la compassion voire de la pitié pour elles. Pour bcp de gens ça représente la pire des activités, une des plus écoeurantes et des plus dangereuses. Les médias sont grotesques. Il y a une grande défiance vis à vis des médias et ce qu’ils font là, ces gros mensonges, ne fera qu’alimenter cette défiance. (j’espère ne pas pêcher par optimisme)

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Eric 28 novembre 2013 - 13:57

« La prostitution induit des séquelles psychologiques graves »

Exactement le même argumentaire que certains opposants au droit à l’avortement.

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Raminou 28 novembre 2013 - 14:58

@ »Roinel Nicole »
Je suis une personne prostituée (dans la vraie vie) et je vous demande sincèrement : VOUS CROYEZ QUE ÇA FAIT PLUS MAL AUX FESSES DE SE PRENDRE UN PÉNIS GRAND-BOURGEOIS QUE SON HOMOLOGUE PROLO ??? J’ai la nationalité française depuis ma naissance, et oui j’ai été prostitué mineur sur le sol français. Vous croyez vraiment que les potentiels remords du français moyen après m’avoir pénétré ça me réconcilie avec la vie, vous pensez que ça m’aide à me réintégrer, à suivre des études, à compléter mon CV pour trouver du travail ?

C’est juste absurde. C’est de notoriété publique que le système prostitutionnel est présent dans tous les milieux sociaux, alors pourquoi reculer devant la pénalisation des clients, sous prétexte que les riches touristes sexuels, clients de prostitution de luxe et autres seraient inaccessibles ?

D’autre part, l’introduction de votre message, hormis son manque d’à propos et sa totale (et malhonnête ?) incompréhension de la réforme pénale, induirait que des personnes ayant commis des délits étant mineures mériteraient presque l’enfermement à vie, tandis que des clients ordinaires de prostitution ordinaire pourraient continuer à violer impunément contre dédommagement ? En fait, c’est vomitif.

(Je n’ai malheureusement pas assez de caractères pour citer le commentaire de Madame, il doit être un peu plus bas, si vous voulez lire ce genre d’argumentaire c’est quand même intéressant.)

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Lène 28 novembre 2013 - 21:34

« flo »

« Fred »

« Fred »
A-t-on le droit de défendre un autre point de vue sans être traité de « salaud »? La prostitution forcée doit être combattue et punie mais on ne peut nier qu’il existe une prostitution choisie même minoritaire et même si ça dérange. Les prostituées « libres » ne font pas ça pour le plaisir mais pour l’argent. Les clients ne sont pas dupes. Peut-être vont-ils les voir parce que leurs compagnes ont « une méconnaissance du corps et du plaisir masculin »?

Voulais-je dire, bien sûr…

Quel lapsus !!! 🙂

Oui c’est magnifique! (j’ai presque ri) C’est exactement ça, tout est dit.Donc si les hommes vont voir des prostituées, c’est encore de la faute des femmes. Enfin, de la leur!

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macouba 28 novembre 2013 - 21:52

Je reprends quelques point du très intéressant (et long) article de Mélange Instable : http://melange-instable.blogspot.fr/2013/11/prostitution-pourquoi-et-comment-jai.html

ce n’est pas 80% ou 90% des personnes prostituées qui sont vistimes de la traite mais plutôt 60%. 74% des travailleurs du sexe sont étrangers, et parmi eux 80% victime de la traite = 60%, selon le rapport d’information de monsieur Guy Geoffroy (http://www.assemblee-nationale.fr/13/rap-info/i3334.asp). Ce rapport ne concerne que la postitution de rue et pas sur internet, où il y a sans doute (un peu) moins d’étranger et de victimes de la traite. De plus les chiffres sont de source policière, ce qui entraine des biais (la police peut avoir tendance à arrêter plus souvent des personnes étrangères/non-blanches). D’après ce que peut voir Mélange Instable, prostituée, seul 20% à 30% de la prostitution serait forcée.

– ce qui laisse une grosse minorité de 40% de prostitution plus ou moins choisie, la misère (et autres joyeusetés) réduit fortement les choix. On ne devrait pas réduire encore plus leurs choix, mais les sécuriser (et donc abroger la loi sur le racolage). Ou alors on doit abolir aussi la misère.

– ça n’empêche pas de lutter contre l’esclavage sexuel, qu’il soit dû des réseaux ou à des individus (et on a très peu d’info sur ces derniers)

– la loi est prohibo-abolistioniste : l’abolitionisme vise à l’abolition de toutes formes de réglementation concernant la prostitution (source Wikipédia http://fr.wikipedia.org/wiki/Abolitionnisme_(prostitution))

Le blog de Mélange Instable parle aussi des conséquences psychologiques de la prostitution sur elle-même, mais aussi de l’empowerment que la prostitution lui a donné (et aussi des pratiques plus que limites de certaines personnes abolistionistes)

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macouba 28 novembre 2013 - 22:10

– voir aussi la vidéo de médecin du monde donnant la parole à des prostituées étrangère (mais non victime de la traite) et l’article de médiapart : http://blogs.mediapart.fr/edition/les-batailles-de-legalite/article/261113/prostitution-et-penalisation-des-clients-la-bienveillance-en-question (un commentaire a déjà mis ce lien)
– une tribune de féminisites contre la pénalisation des clients : http://lmsi.net/Feministes-donc-contre-la

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Esther 29 novembre 2013 - 07:50

« macouba »
– voir aussi la vidéo de médecin du monde donnant la parole à des prostituées étrangère (mais non victime de la traite) et l’article de médiapart : http://blogs.mediapart.fr/edition/les-batailles-de-legalite/article/261113/prostitution-et-penalisation-des-clients-la-bienveillance-en-question (un commentaire a déjà mis ce lien)
– une tribune de féminisites contre la pénalisation des clients : http://lmsi.net/Feministes-donc-contre-la

non mais vous êtes naïfs ou quoi ? les femmes montrées dans la video de Medecins du monde montrent toute la misère du monde et disent que ces femems ont des dettes… Envers les mac qui les ont importés, leur on volé leur papiers et les menacent de s’en prendre à leur famille si elles ne se prostituent pas. Comment peut-on cautionner ce système en disant laissez les exercer , c’est hallucinant!

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Esther 29 novembre 2013 - 07:50

« Natacha Henry »
Ce serait chouette s’ils et elles employaient plutôt leur énergie à dénoncer les viols et violences qui s’abattent sur les femmes tous les jours. Si les média people disaient que c’est nul de frapper, médiocre de violer, minable de harceler, on pourrait enfin croire qu’ils y comprennent quelque chose.

OUI OUI OUI

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flo 29 novembre 2013 - 12:40

si je résume bien la situation :
QUI consomme de la prostitution ?
QUI crie au méga énorme pas beau pas bien scandale à l’idée qu’une loi vienne LIMITER les droits ANCESTRAUX à acheter des corps féminins ?
QUI pleure en se demandant « mais-comment-je-vais-faire-quand-y’aura-plus-ma-pute-pour-me-soulager ?
QUI explique les yeux dans les yeux que « pute c’est le plus VIEUX métier du monde » ? (sans penser à ajouter « du monde… patriarcal »)
QUI menace de l’augmentation des VIOLS, INCESTES et autres pratiques zoophiles si ces dames ne se dévouent plus pour satisfaire des FANTASMES de domination, par ailleurs largement alimentés par le visionnage addictif de pornographie ? (ah.. le joli cercle vicieux que voilà..)
QUI se permet de comparer l’activité prostitutionnelle au métier de caissière ? (à moins que certains imaginent qu’enchaîner les clients à la caisse ou dans sa bouche relève de la même aliénation..)
QUI tente d’établir un lien (pour démontrer que cela ne MARCHE pas) entre l’abolition de la prostitution et la prohibition de l’alcool, en mettant sur le même plan des bouteilles d’alcool et des CORPS de femmes ?
QUI ose soutenir pour justifier la prostitution qu’UNE SEMAINE sans relation sexuelle c’est… impossible. Aaahh !!!! Vite !! il me faut un corps (à acheter) là tout de suite ! (témoignage d’un « client » entendu sur france inter.. il explique que sa femme est souvent en déplacement..)
QUI ?
alors, si pour une fois on jouait à « c’est celui qui dit qui l’est » ? je ne donne pas une semaine enfermés dans un bordel ou sur un trottoir à tous ces beaux messieurs pour… réviser leur position (si je puis dire…)

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taranis 2 décembre 2013 - 09:54

L’abolition du système prostitueur est un choix politique, celui qui réfute cette vision archaïque selon laquelle le corps des femmes serait un corps disponible, une femme peut demander des contreparties c’est sa liberté en revanche personne ne peut s’adjuger son corps pour le soumettre car c’est une femme comme les autres… Aucun argument « pro sexe » n’est recevable car le sujet avec le système prostitueur, ce n’est pas la sexualité. Le sujet avec cette prostitution, c’est l’argent. C’est l’argent qui détermine la volonté des parties et c’est ce même argent qui nourrit justement le proxénétisme. Dans la prostitution, le consentement à l’acte sexuel est un consentement dans lequel ceux qui ont de quoi payer ont droit à la soumission de ceux qui n’ont d’autre choix. A la domination de l’argent s’ajoute la domination masculine, Et cette emprise insupportable limitera toute égalité des sexes. Un système qui brasse 40 milliards de dollars chaque année, qui enrichit d’abord ceux qui vivent de la traite, du crime, du trafic de drogue. Un système qui n’existerait pas, si à l’autre bout de la chaîne, il n’y avait pas quelqu’un pour accepter et pour payer. Bien sur que les prostituées et les clients seront les victimes de ce combat je ne renie pas celles qui vont en souffrir car les beaux principes ne nourrissent pas mais pour autant doit-on continuer à s’enraciner sur la misère du monde pour répondre à L’ultime justification de la demande de certains hommes d’une perpétuation du droit de cuissage. Nous ne sommes pas des bêtes. Nous valons mieux que l’état de nature. Nous devons faire confiance à l’humanité qui est en tout homme et en toute femme

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taranis 2 décembre 2013 - 09:57

La dissociation entre le corps et la personne est une chimère. Je ne veux pas d’une société dans laquelle le sexe serait un service fourni à des voitures qui défilent comme des hamburgers à partir d’un menu qui détaille avec des noms de fleurs des prestations dans lequel il faudrait piocher. Je ne veux pas d’une société où les femmes ont un prix. Je ne veux pas d’une société où les femmes font l’objet, c’est le cas dans quelques pays, d’une ristourne pour les clients séniors, d’une autre pour les titulaires de minima sociaux, d’une autre ristourne, pour ceux qui viennent à vélo. Je n’en veux pas. Pourquoi payer le corps d’une femme ? Parce que cela a toujours été comme ça, disent certains. Les femmes s’achètent, ce serait une loi cachée du monde. Il y aurait dans notre planète une loi de gravité qui ramènerait systématiquement les femmes en dessous des hommes (NVB)

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JM:o 7 décembre 2013 - 08:48 Répondre

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