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Prostitution : les clients occupent les médias

par La rédaction

caubèreBranle-bas de combat médiatique contre le rapport parlementaire sur la prostitution. Les opposants  occupent l’espace. En se focalisant sur la seule mesure répressive, la pénalisation du client, oubliant l’origine du rapport et 29 autres mesures. 

Des 30 mesures préconisées par le rapport intitulé L’exigence de responsabilité. En finir avec le mythe du plus vieux métier du monde, les médias n’en ont retenu qu’une : la pénalisation du client.

Au départ, la commission parlementaire dressait pourtant un constat alarmant : aujourd’hui, plus de 80% des prostituées en France sont des étrangères « importées » par des proxénètes, sans papiers le plus souvent, endettées, menacées, violentées… Bref, elles sont victimes de la traite des femmes, ce qui était un phénomène minoritaire il y a 20 ans. De longs développements sont consacrés à des préconisations pour leur réinsertion dans le rapport (que nous analysons ici).

Mais dans les médias, les choix éditoriaux l’oublient. Point de reportage sur les conditions de vie de ces prostituées ou sur les méthodes des proxénètes. Seul sujet supposé intéresser le « consommateur » de médias : va-t-il pouvoir continuer à aller aux putes ? La commission, qui a fait un tour d’Europe pour s’inspirer des meilleures pratiques a en effet retenu le modèle de la Suède qui pénalise les clients et voit avec succès le système prostitutionnel s’affaiblir sans que les Suédois ne se précipitent à l’étranger.

Caubère déchaîné

Levée de boucliers ! Le micro des médias s’ouvre complaisamment à des vedettes dont la légitimité sur le sujet est douteuse. Philippe Caubère est tout fâché. Il fréquente les prostituées et s’enflamme dans Le Parisien : les prostituées sont des femmes « remarquables », puisqu’elle « prennent soin d’hommes qui pour beaucoup vivent dans une misère sexuelle et une solitude terribles. » Le comédien, qui se définit comme « jouisseur », ne précise pas si une personne qui se prostitue sous la contrainte en devient d’autant plus remarquable. Il en rajoute au JT de France 2 (vers la 22ème minute). Il faut l’entendre étaler sa morale prétendument libertine, dire qu’il ne sait pas pourquoi ces femmes font ce métier et comparer ce qui n’est pas comparable. « Elles préfèrent coucher que travailler… je préfère faire le con sur la scène que travailler »… Et de convoquer Voltaire, Molière, Rousseau…  pour se justifier puis s’auto-proclamer féministe, jetant l’anathème sur un féminisme imaginaire complice de l’extrême droite, mélangeant prostitution et homosexualité et utilisant le temps médiatique qui lui est offert pour agiter tous les épouvantails… (et le comédien poursuit ses imprécations bourrées d’amalgames dans une tribune publiée par Libération le 14 avril).

A côté du problème

Les philosophes convoqués par les médias vont dans le même sens. Elisabeth Badinter, dans L’Express, se déclare « pour la liberté sexuelle absolue entre les adultes consentants ». Dès lors, dans la mesure où certaines prostituées exercent librement, elle s’indigne qu’on puisse « condamner la prostitution en général. » La philosophe féministe  estime que viser le client, c’est « condamner la prostitution ».

La défense des clients s’accompagne d’un mépris total à l’égard de cette grande majorité de prostituées qui sont des victimes de la traite. Subir la prostitution, aux yeux d’Elisabeth Badinter, s’apparente à un mal nécessaire du monde du travail, comme le fait d’« avoir des horaires décalés dans un supermarché ». Comme chez Caubère, comparons ce qui n’est pas comparable.

Pas question  d’interroger ces présupposés qui veulent que la misère sexuelle soit masculine, ou que payer pour jouir aide à en sortir. L’exercice consiste à faire assaut de mauvaise foi sans même effleurer le fond du sujet : l’inégalité entre les sexes qui sous-tend la prostitution, et la violence qu’elle induit. En oubliant, volontairement ou non, que pour la mission parlementaire la pénalisation du client ne doit être qu’une mesure parmi d’autres : l’éducation, la reconnaissance des droits des prostituées et l’implication sociale de l’Etat sont tout aussi essentielles.

Attaques personnelles

Autre angle d’attaque : la personne. Pour certains, la coupable est Roselyne Bachelot, et cette mesure est l’occasion, comme le juge Elisabeth Badinter, de « remettre un ministre à la Une des medias ». Attaque sans fondement, puisque la pénalisation du client est une idée portée par des députés de droite et de gauche dans le cadre d’une mission d’information de l’Assemblée nationale. Si la ministre appuie cette mesure, ce n’est pas elle qui la porte.

Pour d’autres, tout est la faute de Danielle Bousquet, la députée socialiste qui a présidé cette mission. A son égard, l’association Act Up se montre particulièrement violente, et n’hésite pas à la rendre à l’avance responsable d’un drame sanitaire aussi grave que celui du sang contaminé.

Pour cela, l’association utilise la pratique la plus simple : la simplification à outrance. Elle se focalise sur la pénalisation des clients. Et oublie l’ensemble des autres mesures qu’avancent les députés pour soutenir les prostituées, sur le terrain social et sanitaire.

Pour étayer son accusation, Act Up prend pour caution les recommandations développées en septembre 2010 par le Conseil national en Sida (CNS). En toute malhonnêteté. Car le CNS, dans son document, insiste bien sur le fait qu’il ne prend pas position sur le terrain législatif. Et ses critiques sont détaillées dans le rapport des députés : l’Etat, jusque là, n’a pas joué son rôle de soutien des personnes prostituées. Et la loi sur le racolage passif a eu des effets négatifs sur leur santé et leur sécurité.

Procès d’intention

Act Up s’insurge que le rapport ne préconise pas d’abrogation du délit de racolage passif. Toutes les associations de terrain avaient en effet déploré cette mesure devant les députés. Aux yeux d’Act Up, « Danielle Bousquet renonce donc à se battre contre une disposition qu’elle juge dangereuse pour les personnes concernées, dans l’unique but que son projet aboutisse. Comment croire dès lors que sa priorité serait le soutien réel aux personnes victimes de la traite via la prostitution ? » Le questionnement sonne juste mais la critique en reste au stade du procès d’intention. (Lire la réponse d’Act Up dans les commentaires ci-dessous).

Danielle Bousquet avouait, à la veille de la publication du rapport, être consciente de ces risques : « Evidemment, il y a un risque que les médias ne se focalisent que sur la pénalisation du client. C’est tellement plus simple ». Reste à voir qui, passée la levée de boucliers des premières heures, aura le courage de prendre réellement connaissance des 400 pages du document.


Ajout du vendredi 15 avril : après la publication de cet article le bal des clients continue.

Caubère est partout :

– Une demi-page dans Libération : « Moi, Philippe Caubère, acteur, féministe, marié et client de prostituées ». 

– Un sujet sur France Info : « Moi, Philippe Caubère, client de prostituées…».

– François Bayrou lui emboîte le pas dans L’Express : « La prostitution ne sera pas régulée par la pénalisation. »  Ce qui témoigne d’un manque d’information de sa part, les pays ayant expérimenté la pénalisation des clients voyant la prostitution baisser. (Il avait aussi pris la défense du rappeur qui chantait « sale pute ». Cohérent).

– Samedi soir dans « On n’est pas couché » Philippe Caubère rejoue le même numéro avec en renfort Eric Zemmour et… Edwy Plenel !

– Dans Le Nouvel Observateur, Pascal Bruckner parle lui aussi de sa libido.

– Sur Europe1 dimanche dans l’émission de David Abiker, Philippe Caubère refait le numéro (vers la 12ème minute, mais vous pouvez écouter Mercedes Erra avant, très intéressante).

Mais d’autres éclairages du sujet « prostitution » se font jour :

– Arrêt sur images (accès payant) voit dans Caubère un « bon client » des médias. 

– Sur Itélé, interview d’Emmanuelle Piet, présidente du Collectif féministe contre le viol.

– 20 Minutes donne la parole à un ancien client : « Si la loi avait interdit l’achat de services sexuels, je n’y serai jamais allé » .

– Dans France Soir, interview de Caroline de Haas, Présidente d’Osez le féminisme !, « Prostitution : “Il faut se positionner” selon Osez le féminisme ! ».

– Et France 24 fait débattre Caroline de Haas avec Philippe Caubère (avec un temps de parole bien plus long pour l’acteur).

 

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30 commentaires

30 commentaires

Act Up-Paris 13 avril 2011 - 20:24

Bonjour :
– Le CNS décrit les politiques publiques en introduction de ses recommandations (dernière partie, page 40 sur 52). S’il entend ne pas se positionner sur la prise en charge de prostitution (abolition, réglementation, reconnaissance d’un statut, et aussi pénalisation du client), le CNS se positionne en matière de santé. Ce sont ces recommandations que nous signalons. Vous pouvez estimer que ce n’est pas la priorité, mais il est inexact de parler de malhonnêteté, sauf à avoir mal lu les 52 pages du rapport.
– Procès d’intention ? Depuis des mois, Danielle Bousquet intervient dans les médias pour parler avant tout de la pénalisation des clients. Elle avait annoncé cette mesure comme la conclusion-phare du rapport avant même d’avoir commencé les auditions. Comment s’étonner qu’on ne parle que de cela aujourd’hui, au détriment de questions vitales comme le droit des personnes, la prévention du VIH et d’autres IST, etc.
– Au titre de membre du groupe sida de l’Assemhblée nationale, D. Bousquet avait le devoir de penser AUSSI à la prévention du VIH. Comment ne pas avoir le sida en tête de ses priorités quand on parle d’une activité comme la prostitutioin ? Cela lui donne une responsabilité particulière. Nous vous signalons par ailleurs que notre communiqué interpelle l’ensemble du PS. Quant à l’UMP, qui peut en attendre quoi que ce soit sur la santé ?
– Nous sommes des séropositifs, des malades du sida. Nous avons, entre autres, eu à affronter l’incurie des responsables du sang contaminé. Nous pesons donc nos mots quand nous faisons cette comparaison. Merci d’en tenir compte quand vous nous accusez de violence. Au minimum, rappelez la violence, réelle elle, que nous devons combattre chaque jour.

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Act Up-Paris 2 13 avril 2011 - 20:25

– Act Up et l’UNALS, qui regroupe 30 associations de lutte contre le sida, a dénoncé la mesure quand Bachelot l’a défendue. Le Bus des femmes alerte sur l’impact sur la prévention. Poursquoi ne pas parler de leurs positions ?
– Nous publierons notre lecture du rapport dès que l’analyse en sera terminée. Notre communiqué ne concernait que les interventions publiques comme le montre clairement une lecture attentive, sans procès d’intention ni malhonnêteté, de ce que nous écrivons.

Cordialement
Pour Act Up-Paris
Jérôme Martin

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Act Up-Paris 3 13 avril 2011 - 20:29

Un oubli, concernant le procès d’intention : que Danielle Bousquet sacrifie un combat contre le délit de racolage passif, alors qu’elle juge cette mesure inefficace, « qui se trompe de cible », est indiqué noir sur blanc ici :

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/societe/20110331.OBS0576/prostitution-polemique-autour-d-une-penalisation-des-clients.html

Je souhaite que tous les membres de la mission votent à l’unanimité le rapport qu’elle doit remettre, mais si nous demandons de but en blanc son abrogation, nos collègues de l’UMP pourraient ne pas voter le rapport », justifie-t-elle.

Elle prétend ensuite que ce délit sera caduc du fait d’une nouvelle directive européenne, mais combien de temps faut-il pour sa transcription dans le droit français.

Le terme de procès d’intention nous semble donc infondé, puisque D.Bousquet elle-même reconnait agir pour des motifs politiciens.

Désolé d’être si long

J. Martin

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Camo 13 avril 2011 - 22:29

il n’existe pas de prostitution libre, choisie ou consentante. (…) L’achat d’un acte sexuel correspond à la mise à disposition du corps des femmes pour les hommes, indépendamment du désir de celles-ci.

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Camille 14 avril 2011 - 06:50

La lutte pour la pénalisation des clients ne condamne pas la traite.

Lutter contre l’esclavage (et la traite) passe au contraire par une légalisation.

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Maths 14 avril 2011 - 07:22

Les clients effectivement occupent actuellement les média et souvent avec des arguments et des positions parfois écoeurante comme l’a montré Caubère. J’ai été un client de la prostitution et je suis quelqu’un de tout à fait normal. J’ai moi-même justifié mon comportement en invoquant la misère sexuelle. Je comprends la position d’association comme Act-Up mais la réalité de la rue est déjà que les prostituée sont en danger sanitaire. J’étais proche d’une prostituée et lorsque vous voyez des filles se nettoyer le sexe avec leur propre urine car elles ont eu un rapport non protégé avec un client, il y a de quoi s’alarmer. Mon amie qui se prostituait a tenté de se suicider car elle ne supportait plus sa condition, entre ses souteneurs, la pression des autres filles, ce qu’elle voulait et ce que sa famille espérait d’elle. Je ne suis plus client et j’espère que cette proposition aboutira à une loi. Ce n’est que mon expérience personnelle du monde de la prostitution qui est complexe. Mais cette expérience a été d’une extrême violence. Et les clients font partie de cette violence.

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Blogueur Influent 14 avril 2011 - 07:47

J’ai une petite tendance à me dire qu’il faudrait changer énormément de choses à la société avant de pouvoir imaginer la fin de la prostitution. Mais je peux me tromper.

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Emilie Martin 14 avril 2011 - 08:34

Tant que les hommes -et des femmes aussi- trouveront normal de louer un vagin, une bouche, un anus ou une paire de seins pour éjaculer, il n’y aura pas de respect ni d’égalité entre hommes et femmes et « pute » restera l’insulte la plus populaire. Abolir la prostitution, c’est oeuvrer pour l’égalité.
La prostitution des hommes, en particulier des gays escort boys ressort d’un autre phénomène, la marchandisation des corps. Elle ne nuit pas à l’image de l’homme roi, seigneur, guerrier, président, chef et décideur.

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PhiG 14 avril 2011 - 10:15

Sur la transmission du VIH dans le cadre de la prostitution, la responsabilité est entièrement du côté des clients. Toutes les personnes prostituées sont confrontées à des demandes de rapports non protégés, contre plus d’argent. Y compris en allemagne, ce « modèle » de la régulation, des bordels proposent des tarifs officieux (mais imprimés noir sur blanc)pour des rapports non protégés. Tant et si bien que dans le débat législatif actuel en allemagne pour compléter la loi de 2002 se pose la question d’une obligation du préservatif dans la prostitution. Mais alors les béats de la régulation m’expliqueront comment on vérifie ça, quand on est déjà scandalisé par « l’atteinte aux libertés » que représenterait la pénalisation du client….

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Angelitoo 14 avril 2011 - 10:57

Je suis un peu choqué par la teneur de cet article. Les personnes qui sont contre la pénalisation des clients ne minimisent en aucun cas la violence subit par les personnes victimes de la traite. Quant aux conséquences sanitaires, les associations de lutte contre le Sida avaient prévenu le gouvernement dés 2002 avec l’article sur le racolage, et elles ne s’étaient pas trompées! Ces mêmes associations ont travaillé en qualité d’experts (à la demande du Minisitère Mme Bachelot, alors à la Santé) à la rédaction du plan national de lutte contre le Sida en 2010. Faut il rappeler qu’en 2008, lors de la conférence sur le Sida à Mexico, dans un communiqué, Mme Bachelot parlait elle même de travailleurs du sexe (et non pas de victimes ou de prostituées, comme elle le fait en 2011)! Faut il rappeler que la mission parlementaire a auditionné certaines associations de santé communautaire uniquement parceque ces dernières ont insisté pour être reçues et entendues?
Oui ce rapport va précariser les prostituées et les rendre plus vulnérables! Et puis ras le bol d’entendre les gens parler à la place des premières concernées. On peut être prostitué et et avoir des choses à dire!!
Les prostituéEs ne sont pas le problème, ils/elles font partie de la solution!

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manon 14 avril 2011 - 11:52

Non les protitué(e)s ne sont pas le problème, mais la demande (les clients) oui.
Cet article n’est pas violent du tout en regard des réations de certaines personnes qui s’insurgent qu’on essaye de leur retirer leur droit à recourir à la prostitution et surtout des conclusions de ce rapport qui démontre bien toute la violence de la prostition.

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Angelitoo 14 avril 2011 - 12:37

@Manon, je respecte entièrement votre point de vue. Mais là ou il y a erreur, c’est dans l’amalgame qui est fait entre prostitution libre et traite des être humains! Oui il y a bien une violence présente dans la prostitution, une violence subit par les personnes qui n’exercent pas librement, mais bien sous contrainte. Pour les personnes qui exercent cette activité librement, il y a aussi une violence présente, mais cette fois ci c’est celle engendrée par les lois qui les crimanlisent ou les rendent vulnérables et leur suppriment leur liberté d’expression et de choix d’exercice! Je vous rappelle que l’article sur le racolage assimile les prostituéEs, aux yeux de la loi, à des déliquantes et rien que des délinquantes. Pensez vous vraiment que cela soit acceptable?? Cela aussi est une violence. D’ailleurs, dans les propositions faites par la mission, je ne vois pas la question de l’abrogation de cet article. Et que pensez des ordonnances de 60, toujours d’actualité qui considérent les prostituées comme des inadaptées sociales? C’est bien une violence de plus, non?

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Lora 14 avril 2011 - 13:51

@ Angelitoo

Vous êtes dans l’illusion.
– Les prostituées qui se disent « libres » sont une très petite minorité (2-3 %) Pas assez pour la demande.
Et beaucoup de prostituées qui disaient avoir « choisi » changent de discours une fois sortie de ce milieu.

Autoriser l’achat de sexe à des prostituées « libres » (comment les acheteurs, s’ils le veulent, et la majorité s’en balance, pourraient-ils le savoir?) c’est de fait appeler la traite.

De plus, s’engager consciemment dans la prostitution ne veut pas dire choisir et les conséquences sur la santé mentale et psychique des prostituées volontaires sont les mêmes que pour les autres.

Et dans les pays abolitionnistes, en effet, les personnes prostituées ne sont pas considérées comme des délinquantes, cela doit aller de pair avec la criminalisation de l’achat.

Reste que les violences subies par les prostituées viennent principalement des « clients » : refus du préservatif, insultes,viols, coups et en premier lieu, multiplication de rapports sexuels non-désirés avec des inconnus, avec l’angoisse qui accompagne.
Voir le travail de la Docteure Trinquart

http://www.france.attac.org/archives/spip.php?article1232

Dans les bordels légaux, la violence est aussi institutionnelle : pression du « patron » pour accepter des pratique risquées, plus chères, augmentation des actes pour le même prix (crise oblige…

Au Pays-Bas existe légalement « le consentement à sa propre exploitation ».
Quand la victime revendique sa situation, c’est que l’aliénation est parfaitement réussie ou que le système d’oppression est tout à fait au point.

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Angelitoo 14 avril 2011 - 14:33

@Lora,
Je suis sans doute pour vous dans l’illusion, mais je vous assure que je ne suis pas dans la morale, moi.
Mais peut être avez vous une véritable expérience de terrain ou bien avez vous fait des recherches très poussées pour nous livrer des pourcentages sortis de je ne sais ou?
Quant aux idées de Mme Trinquart, permettez moi de ne pas y prêter plus de credit que cela! La thése écrite par Madame Trinquart sur la notion de décorporisation me semble d’une violence extreme à l’égard des prostituées. Vous parlez de la question du choix, mot qui ne me plait pas, en effet la problématique du choix est bien ce qui nous gouverne tous (enfin au moins les personnes normalonévrosées). Je parle bien de prostitution libre! POur ce qui est des conséquences, sur le plan de la santé et d’un point de vue psychique, il est certain que depuis les lois qui criminalisent les prostituées existent, l’etat de santé et de vulnérabilité des personnes qui exercent la prostitution s’est dégradé.
Quant à votre remarque pays abolitionniste = prostituées pas des délinquances, je vous conseille de lire l’article qui pénalise le racolage passif et peut conduire la prostituée à devoir payer une amende de 3750 euros ou des mois de prison. Cela ne la relègue pas au rand de déliquante? ou préférez vous la notion d’inadaptée sociale des ordonnances de 60?

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Camo 14 avril 2011 - 18:28

@ Lora
Merci Lora pour votre analyse éclairée et fort bien étayée par le lien vers l’enquête médicale sur les conséquences psychiques et physiques de la prostitution.
J’avais déjà eu connaissance de ce processus de dissociation du corps que développent les personnes ayant vécu l’inceste ou le viol. Je ne m’étonne pas du tout de retrouver ce mécanisme de défense psychique chez les personnes prostituées.

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valed1904 14 avril 2011 - 18:30

Il y a longtemps déjà, Daniel Mermet en pleine croisade pour défendre la prostitution contre les pères la rigueur sur France Inter avait interviewé une prostituée assez âgée,libre, volontaire pour se prostituer, qui se considérait elle-même comme une infirmière pour des hommes en situation de misère sexuelle. A la toute fin de l’interview, elle informait en passant qu’elle avait été violée à partir de l’âge de 12 ans par son beau-père …. Ceci etait-il vraiment sans rapport avec cela ? Le journaliste n’a pas relevé.

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de profundis 14 avril 2011 - 20:08

Pour continuer à faire croire que les prostituées ne sont pas des victimes,après avoir laissé Caubère débiter ses aneries, Libération fait un chat avec une des très rares militantes du syndicat de prostituées, pas sur qu’on lui demande si elle a été violée à 12 ans…

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Lora 15 avril 2011 - 06:37

Je poste le lien pour un texte de J. Trinquart de 2010, qui fait le tour de la question.
Elle est maintenant médecin légiste.

http://stopauxviolences.blogspot.com/2010/01/article-du-dr-judith-trinquart-non-la.html

Et j’en profite pour corriger mon post précédent : il s’agit des conséquences sur la santé mentale et PHYSIQUE (et pas psychiques) de l’activité prostitutionnelle sur les personnes prostituées.

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Lirelle 15 avril 2011 - 08:43

et Bayrou itou y va de son avis ‘avisé’ dans l’Express… gerbifiant !

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alexia 15 avril 2011 - 09:47 Répondre
Martin Dufresne 18 avril 2011 - 03:30

Des femmes ayant un vécu de prostitution guident au Québec le travail de la Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES), active deopis 5 ans autour de revendications comme celles qui émeuvent tant les prostitueurs (le mot est de Flaubert) et leurs apologistes. Lorsqu’Angelitoo joue la carte démago « ras le bol d’entendre les gens parler à la place des premières concernées », je serai curieux de voir s’il prendra la peine d’aller entendre ces paroles, justement. C’est au http://www.lacles.org et – dans un portail féministe (horresco referens) extrêmement riche en recherches et témoignages sur le sujet – au http://sisyphe.org

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D Boullier 18 avril 2011 - 08:23

POur arrêter les simplifications et tenter d’inventer d’autres solutions , je vous propose de lire mon billet sur médiapart
http://blogs.mediapart.fr/blog/dominique-g-boullier/140411/de-la-prostitution-aux-services-sexuels-cooperatifs
évidemment c’est un peu long mais il faut prendre le temps de penser un phénomène complexe

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raymond.mora@sfr.fr 18 avril 2011 - 10:36

🙁 caubère baisse dans mon estime.je ne connaissais pas le film « Truands » et je n’ai pas envie de le voir.que pense sa femme puisque il en a une et ses enfants s’il en a?

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Léandre 18 avril 2011 - 12:53

Mais enfin, il n’y a pas moyen de l’arrêter? Pas de prostituée ou ex-prostituée ou association de lutte contre l’exploitation sexuelle pour le mettre en justice??

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Nicole 21 avril 2011 - 10:23

Vu le face à face C. de Hass et P. Caubère . PC nous apprend qu’il a pratiqué la prostitution alimentaire et qu’il aimait ça
Question : s’est-il prostitué 10 fois par jour pendant 10 semaines
-seulement- ?
PC nous apprend qu’il a couché avec des femmes aussi belles et intelligentes que Mme de Hass
Question : s’il est capable de pareilles goujateries publiques à l’égard d’une femme qui était son égale dans l’émission; comment se comporte-t-il avec les femmes qu’il paie pour le faire jouir ?

Après avoir entendu ce monsieur dire toutes ses aneries avec une feinte bonne foi on com prend qu’il prend sa frénésie de jouisseur de corps de femmes pour du féminisme

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pierrot 25 avril 2011 - 15:14

« La prostitution des hommes, en particulier des gays escort boys ressort d’un autre phénomène, la marchandisation des corps. Elle ne nuit pas à l’image de l’homme roi, seigneur, guerrier, président, chef et décideur. »

Et paf !

Qu’en savez vous? Je pourrais dire la même chose des femmes.Trop facile.

Serieusement,si on est contre la prostitution on est aussi contre la prostitution masculine,ou bien vous vous en foutez et passerez encore une fois pour la radicale qui ne défend que l’intérêt des femmes ,des femmes et des seules femmes…et qui s’étonne après que « féminisme » fasse peur aux jeunes et n’attire pas les hommes (et ne me sortez pas que ce n’est que la « remise en question de leurs habitudes de gros macho » ou la « contestation de leur autorité » qui nous rebute …)

Pareil pour les violences conjugales…qu’est ce qui vous permet,vous autorise plutôt, à minimiser et ridiculiser celles vécues par les hommes (et pas seulement les homos) !?

Etes vous sincères quand vous parlez d’égalité ou défendez vos intérets et vos seuls intérets ?
Où se situe la scission entre le mouvement églitaire,justifié et nécéssaire et le mouvement haineux sexiste et banalisé qui se revendique lui aussi féministe ?!

Ah,et chassons les proxénètes avant le client ce sera peut-être plus simple pour voir qui pratique la prostitution librement…après.
(librement dans le sens « sans rendre des comptes à son mac »,personne ne travail parce qu’il aime ça mais on est tous obligé de bosser pour vivre et on prend la solution qui vient)

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isabelle germain 26 avril 2011 - 03:14

@Pierrot : je ne vois pas à quoi vous faites référence dans la phrase qui est entre «  »… vous pouvez préciser ?

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lamy 11 mai 2011 - 11:21

« Nicole »
Vu le face à face C. de Hass et P. Caubère . PC nous apprend qu’il a pratiqué la prostitution alimentaire et qu’il aimait ça
Question : s’est-il prostitué 10 fois par jour pendant 10 semaines
-seulement- ?
PC nous apprend qu’il a couché avec des femmes aussi belles et intelligentes que Mme de Hass
Question : s’il est capable de pareilles goujateries publiques à l’égard d’une femme qui était son égale dans l’émission; comment se comporte-t-il avec les femmes qu’il paie pour le faire jouir ?

Après avoir entendu ce monsieur dire toutes ses aneries avec une feinte bonne foi on com prend qu’il prend sa frénésie de jouisseur de corps de femmes pour du féminisme

🙂
TRISTE SIRE ! Ses ex-collègues du Théatre du Soleil et A. Mnouchkine doivent surement apprécier ce délire nauséabond !!!
Dr C. Lamy.

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Guille 29 décembre 2011 - 16:08

Pénaliser le client ? Quel client ? Sûrement pas les puissants, mais plutôt le miséreux dont la vie de m… mériterait bien quelque réconfort. C’est bien, empêchons les excités de toutes espèces d’aller décharger leur trop plein d’énergie auprès de professionnelles. C’est bien, faisons de la prostitution un nouveau produit de luxe.
Faisons payer à la masse notre inefficacité face aux réseaux mafieux, et notre totale incapacité à prendre la bonne décision (ré-ouvrir des maisons closes, gérées par l’Etat).

Pénaliser le client est profondément irresponsable, cela reviendra à faire sauter une soupape de sécurité indispensable à la société, juste pour le plaisir futile de pousser la poussière sous le tapis.

Non seulement la misère sexuelle existera toujours mais elle sera encore plus exacerbée, alors que dans le même temps le petit peuple continuera d’être abreuvé d’images pornos de toute sortes.

Continuons d’interdire, de frustrer, d’étouffer, encore, et encore.

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