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Chez Qatar Airways, les hôtesses sous contrôle

par Arnaud Bihel

QatarAirwaysLa compagnie aérienne s’arroge un droit de regard sur les mariages et les grossesses. Deux autres compagnies, émiraties, sont accusées de bafouer le droit du travail. Accusations d’esclavage moderne également sur les chantiers de la Coupe du monde 2022 au Qatar.


 

Les compagnies aériennes des Émirats Arabes Unis et du Qatar, toujours plus présentes dans le ciel international, méprisent le droit du travail. C’est l’accusation portée par le syndicat ITF, fédération internationale des travailleurs des transports.

Le syndicat va porter ses accusations devant l’Organisation de l’aviation civile internationale, qui se réunit en Assemblée générale jusqu’au 4 octobre. En cause : Emirates et Etihad Airways, deux compagnies émiraties, et Qatar Airways.

Grossesse = licenciement

Le cas de cette dernière « est le pire », dénonce l’ITF, qui met en avant cet exemple : le contrat de travail standard des milliers d’hôtesses de l’air de Qatar Airways stipule qu’elles doivent demander à la compagnie la permission de se marier. Et en cas de grossesse, elles sont tenues d’avertir leur employeur au plus tôt… et la compagnie s’arroge le droit de mettre un terme à leur contrat dès cette notification. Et si elles cherchent à cacher leur grossesse, elles peuvent êtres licenciées pour faute.

Cette situation est rendue possible par l’impossibilité de se syndiquer au sein de ces compagnies. Impossibilité elle-même due au fait que 90% des employé-e-s sont des travailleurs étrangers, sous un régime de visas de travail temporaires.

Le président de l’ITF, Paddy Crumlin, dénonce : « Le fait est que ces compagnies font fortune grâce aux efforts de leur personnel qui, sans défense, peut être licencié d’un claquement de doigt ». Et de rapporter cette récente remarque du patron de Qatar Airways : « Si vous n’aviez pas de syndicats, vous n’auriez pas ce problème de chômage dans le monde occidental ».

Les « esclaves » de la Coupe du monde

« Les États et compagnies ne peuvent pas continuer à fermer les yeux sur les abus à l’encontre des travailleurs au Qatar », avertit Sharan Burrow, secrétaire générale de l’ITF.

Les compagnies aériennes sont loin d’être le seul secteur où le droit du travail est bafoué dans les monarchies du Golfe. Mercredi 25 septembre, The Guardian titre sur le scandale des « esclaves » des chantiers de la Coupe du monde de football 2022 qui déroulera au Qatar. Le quotidien britannique révèle les conditions d’exploitation de milliers de travailleurs népalais – retenues sur salaires, passeports confisqués pour les empêcher de fuir, conditions de travail terrifiantes dans le désert… En deux mois, entre juin et août dernier, 44 de ces ouvriers népalais eux ont trouvé la mort. Voilà comment « l’un des pays les plus riches du monde exploite l’un des plus pauvres afin de préparer le tournoi sportif le plus populaire du monde ».

Des accusations similaires ont été portées récemment contre les conditions de travail sur les infrastructures de Saadiyat, « l’île du bonheur » à Abu Dhabi, la capitale des Émirats Arabes Unis.

 

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2 commentaires

michael 27 septembre 2013 - 04:57

Il ne devrait pas avoir le droit à la coupe du monde . C’est une honte à l’époque que l’on vie

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09 Aziza 4 avril 2016 - 17:37

Rappelons que dans les années 50/60, les hôtesses le l’air des pays occidentaux étaient aussi tenues d’être célibataires; et, si elles avaient obtenu l’autorisa ne pouvaient plus voler dés l’annonce de leur grossesse…..ce qui est certes médicalement logique.

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