Accueil Politique & Société Quand Olivier Véran gère les vaccins «en bon père de famille»

Quand Olivier Véran gère les vaccins «en bon père de famille»

par La rédaction

Le ministre de la Santé, attaqué pour sa politique vaccinale, affirme gérer les stocks «en bon père de famille». Une expression chassée du Code civil.

Saperlipopette ! Les pères de famille apprécient l’expression surannée. Et les féministes bondissent. Attaqué de toutes parts pour l’incroyable retard de la France dans la politique vaccinale contre le covid-19, le ministre de la Santé, Olivier Véran, face aux caméras de BFMTV, lors de son déplacement à l’Hôtel Dieu à Paris, a répondu à une soignante : «Nous sommes en train de gérer les stocks en bons pères de famille, à mesure qu’ils arrivent ».

De quoi dresser bien des cheveux sur la tête. Et pas seulement parce que les pères de familles n’ont pas envie de se reconnaitre dans une gestion peu glorieuse des stocks de vaccins. Pas seulement parce que la gestion de la famille est plutôt une affaire de femmes compte tenu du nombre de mères célibataires et de la faible implication des hommes… Parce que l’expression est porteuse de stéréotypes détestables à tel point qu’elle a été évincée du Code civil. Mais cette éviction est récente. Elle date de la loi sur «l’égalité réelle entre les femmes et les hommes» du 4 août 2014. Les écologistes, qui avaient demandé la suppression de cette expression expliquaient qu’elle n’était que « pure discrimination, stéréotype de genre ». Quelques députés d’extrême droite avaient vivement contesté cette expression avec des arguments d’un autre temps.

Lire : La fin annoncée du « bon père de famille »

Déjà en 1982, une loi sur les droits et les devoirs des bailleurs et locataires avait remplacé l’obligation « de jouir des locaux en bon père de famille » par l’obligation d’en jouir «paisiblement».

La loi de 2014 a complètement dépoussiéré le Code civil de 1804 qui faisait de l’homme le bonus pater familias, en latin, soit le nec plus ultra du bon gestionnaire. Une expression qui disait en creux que le fait de devenir père faisait illico d’un homme une personne prudente, attentive, raisonnable, soucieuse des biens ou intérêts qui lui sont confiés. L’expression a été remplacée par les termes « raisonnable » ou encore « raisonnablement » dans le Code de la consommation, le Code rural et de la pêche maritime,  le Code de l’urbanisme ou encore le Code de la construction et de l’habitation.

« Nemo censetur ignorare legem », « Nul n’est censé ignorer la loi » dit la justice aux accusés qui ne peuvent ainsi plaider l’ignorance. Mais la loi supprimant l’expression «en bon père de famille» et les raisons qui ont poussé à l’adopter, sont manifestement passées au-dessus de la tête du ministre.

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