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Quand une jeune cinéaste fait barrage au harcèlement sexuel

par Camille Saint-Cricq

Harcelée, cette jeune cinéaste a refusé de se résigner. Elle le raconte dans une vidéo devenue virale qui pourrait pulvériser la culture du viol.

« Ma bonne bite bien chaude » est le titre de la vidéo de Victoria Jadot qui a été vue plus d’un million de fois. C’est surtout l’extrait d’un message qu’elle a reçu d’un voisin.  Le harcèlement qu’a subi cette jeune cinéaste belge ressemble à ce que subissent des millions de jeunes filles et de femmes.

Un matin de confinement, alors qu’elle a entrouvert la fenêtre de son appartement situé au rez de chaussée d’une rue passante, elle trouve un papier sur son bureau. Un homme a donc glissé sa main par la fenêtre pour déposer ce mot : «Appelle-moi s’il te plaît, je suis ton voisin tu me plais trop, hier je n’ai pas dormi toute la nuit à cause de toi… J’habite au numéro 59 en face de toi. »

Elle lui envoie alors un message clair disant qu’elle n’est pas intéressée et lui demande de ne pas recommencer. Mais quelques jours plus tard elle reçoit ce SMS : « Coucou, comment vas-tu ? Depuis lors je n’ai pas eu ta réponse mais sache qu’une bonne bite bien chaude et endurante t’attend… C’est ta chance, profites-en c’est une opportunité pour bien se confiner. Tu es la bienvenue je vis seul dans mon studio. »

Ce qu’elle raconte ensuite dans sa vidéo est, en un premier temps, une réaction ambivalente assez habituelle dans ce genre de circonstances. Elle est choquée, se sent mal mais essaie d’en rire avec ses ami.e.s. 

Elle énumère les conseils de l’entourage qui sont de trois ordres. Minimiser : « c’est un pauvre type, c’est pas très grave, passe à autre chose ». Ignorer :« Ne réponds pas, n’entretiens pas le truc ». Avoir peur et se protéger : «attention fais gaffe, ferme bien ta porte à clef, ne dors pas seule, surtout ne va pas lui parler, envoie un garçon à ta place ». Bref ne pas se rendre « coupable » d’une réaction autre que la peur. Une sorte de définition de l’obscurantisme. Des conseils qu’elle réfute : « le silence est une forme de validation » et d’acceptation du harcèlement. Elle choisit une autre option : dire stop.

« Accepte mon ‘non’ »

Alors elle écrit le message reçu par SMS sur une feuille de papier, traverse la rue, sonne chez cet homme et lui rend son message. Elle lui dit deux choses importantes : « accepte mon ‘non’ » et « c’est toi le problème » ajoutant « je n’ai pas de temps à perdre à venir te faire des leçons. » L’homme bafouille des excuses.

Victoria Jadot est agacée d’avoir ressenti de la peur en y allant alors qu’elle ne risquait rien en plein jour dans une rue passante. Mais cette peur a tellement été apprise aux filles, tout comme le sentiment confus de faire une histoire pour rien ou d’être folle « parce que c’est « souvent ce qu’on nous dit ». Mais « Je veux continuer à ouvrir ma fenêtre » « je ne suis pas une proie.» Elle voulait le dire à ses congénères et « ça fait du bien » dit-elle.

« Ce n’est pas à nous de nous protéger, c’est aux mecs de s’éduquer » dit-elle. Sa vidéo, qui a été vue plus d’un million de fois, pulvérise « la culture du viol » qui culpabilise les victimes et déculpabilise les agresseurs.

Elle est visible sur Instagram ici 

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