Accueil Eco & Social Quatre startups sur cinq sont fondées par un boys’ club…

Quatre startups sur cinq sont fondées par un boys’ club…

par La rédaction

…Et ces équipes 100% masculines ont récolté plus de 90% des fonds levés en 2020. Mais des progrès epsilonesques sont à noter.

Nouveau baromètre réalisé par Boston Consulting Group (BCG) pour Sista, le collectif engagé dans la réduction des inégalités dans la tech, en partenariat avec le Conseil national du numérique (CNNum). Et nouvelles déceptions sur la place des femmes dans les jeunes pousses françaises.  

Mais en présentant les résultats de l’étude, le BCG préfère commencer par un « timide progrès » : « La part des startups fondées par des équipes féminines ou mixtes a augmenté de quatre points en un an pour atteindre 21% ».  Quatre petits points de mieux, mais pas de quoi s’emballer : sur cinq jeunes entreprises promises à un avenir radieux quatre ne comptent aucune femme parmi les fondateurs. On partait déjà de loin.

Lire : PAS D’ARGENT POUR LES ENTREPRISES DES FEMMES

Autre petit progrès : l’écart entre les fonds moyens levés par les équipes masculines et féminines se réduit de 8 %. Mais l’augmentation n’est pas valable pour les levées de fonds les plus importantes. Les équipes avec des fondatrices ne comptent que pour 2% des levées de fonds lorsqu’il s’agit de montants situés entre 15 et 50 millions d’euros. 11 % sur la tranche  50 à 100. Mais sur les gros montants de plus de 100 millions d’euros, les investisseurs ne font confiance qu’à des équipes 100% masculines. Et, au total, ces équipes non mixtes raflent plus de 90% des fonds levés en 2020.

Les progrès notés sont, à chaque fois epsilonesques, et toujours très nuancés, comme la légère augmentation de la mixité au sein des équipes fondatrices : « 14% des fondateurs privilégient une équipe mixte, soit trois points de plus qu’en 2019. C’est tout de même loin derrière les fondatrices, qui sont 75% à choisir une équipe mixte, soit 13 points de plus en un an. »

Le BCG cherche des explications : « Le poids de l’héritage de cet écosystème se retrouve aujourd’hui encore dans le fonctionnement même des acteurs. La moitié des principaux fonds français ne compte toujours aucune femme « partner » en 2020. » Et des raisons d’espérer : en octobre 2019, une Charte SISTA x CNNum, a été signée par 56 fonds s’engageant à bouger. Répondant au questionnaire BCG Sista, ils se disent trois fois plus nombreux qu’en 2019 à « prendre en compte le genre dans l’intégralité des propositions d’investissements qui leur sont apportées ». Près de 80% disent avoir « adopté des pratiques d’investissements plus inclusives et / ou fait rayonner les bonnes pratiques dans l’écosystème ». L’étude, qui ne veut pas céder au pessimisme note aussi que « Les fonds signataires comptent en moyenne 13% de femmes partners soit près de 50% de plus que la moyenne des principaux fonds français »… 13 % seulement quand même.

« C’est encourageant même si beaucoup reste à faire pour réduire les écarts de financement entre femmes et hommes entrepreneurs qui restent beaucoup trop importants », conclut Tatiana Jama, Entrepreneure Levia.ai, cofondatrice et coprésidente de SISTA.

Partager cet article

A VOUS DE JOUER

o Vous appréciez nos articles ?
o Vous voulez partager l’information pour que tout le monde ouvre les yeux sur l’inégalité des sexes ?
o Vous considérez que l’égalité dans les médias est la mère de toutes les batailles pour l’égalité ?
o Vous savez qu’un journal indépendant et de qualité doit employer des journalistes professionnels ?
Si vous avez répondu oui à une de ces quatre questions, faites un don pour financer l’information. Ce don est défiscalisé à 66 %. (Un don de 50 € vous coûte en réalité 17 €)

JE FAIS UN DON

0 commenter

Laisser un commentaire