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Québécois contre Grand Prix « sexiste et polluant »

par La rédaction

Manufestation

Tout en continuant à manifester contre le projet du gouvernement d’augmenter les droits d’inscriptions à l’Université, des étudiants québécois s’attaquent au Grand Prix de Formule 1, ce week-end à Montréal, et à ses « valeurs sexistes, non environnementales, élitistes et économistes ».


 

Le Grand Prix du Canada de Formule 1, qui se court ce week-end à Montréal, est l’occasion pour les étudiants du « printemps érable » de relancer la mobilisation. L’événement sportif, mondialement télévisé, donne de l’écho aux revendications qu’ils portent depuis plus de 100 journées de grève. Il est aussi une cible en soi.

Portes fermées

La « maNUfestation », organisée jeudi soir à Montréal, a ainsi bénéficié d’un large écho dans la presse (comme ici sur Libération.fr, reprenant l’AFP) , même si elle n’a concerné que quelques centaines de personnes. Elle était organisée par l’AFÉA, l’Association des étudiants-es en arts de l’UQAM. Les manifestants, en partie dénudés voire complètement nus, entendaient « critiquer » le Grand Prix et « s’opposer à l’hypocrisie de la civilisation occidentale qui cherche à tout vendre, à tout prix, et de son conservatisme régressif qui ne manque pas d’instrumentaliser le corps humain. »

Une forme de manifestation dans la lignée, décidément porteuse, des activistes ukrainiennes de Femen dont les dernières actions ciblent la Coupe d’Europe de football. Les menaces de troubles avaient déjà obligé la direction du Grand Prix à annuler la journée portes ouvertes qui était prévue jeudi sur le circuit de F1.

« Spectacle absurde et provocateur »

C’était une façon, pour le syndicat étudiant québécois, de souligner les « valeurs sexistes, non environnementales, élitistes et économistes » cachées « derrière les bagnoles rutilantes, l’enivrante vitesse et la mise en scène de femmes érotisées » qui font le Grand Prix de Formule 1.

« Le spectacle de pilotes automobiles millionnaires qui tournent en rond sur une piste nous paraît absurde et provocateur dans un contexte illusoire d’austérité économique inévitable », souligne encore le manifeste de l’AFÉA. Qui cible plus précisément le luxe et la luxure qui accompagnent l’événement : « le Grand Prix de F1 est très couru par l’élite économique mondiale qui, chaque année, vient profiter des ‘charmes’ de Montréal : hôtels luxueux, bars de danseuses, services d’escortes et de prostitution, soirées V.I.P., expositions de voitures de luxes, etc… »

« El Dorado des proxénètes »

Des « féministes radicales montréalaises » appellent par ailleurs à une autre manifestation, samedi 9 juin devant l’hôtel Sheraton de Montréal, pour s’en prendre aux « clients-prostitueurs de la F1 ». Elles rappellent la « forte corrélation entre l’exploitation sexuelle des femmes et la tenue des grands événements sportifs. »

Quelques jours plus tôt, une députée québécoise utilisait les mêmes arguments pour s’en prendre à ce rendez-vous automobile. « Le Grand prix…un événement sexiste et polluant. Le El Dorado des proxénètes, des touristes sexuels et de toute l’industrie de l’exploitation sexuelle. Cela nous rapporte moins que cela nous en coûte socialement, économiquement et humainement », écrivait Maria Mourani, porte-parole du Bloc Québécois, parti d’opposition social-démocrate et souverainiste. Elle s’est toutefois aussitôt attiré les foudres de son parti. Le chef du Bloc Québécois, Daniel Paillé, a pris la défense du Grand Prix, « un événement économique et financier important pour Montréal ».

 

Image : © Jérémie Battaglia. Dans la maNUfestation le 7 juin à Montréal.

 

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