
Photo : Janet Yellen en 2005 / Lawrence Summers en janvier 2007 au Forum économique mondial de Davos.
Qui prendra la succession de Ben Bernanke à la tête de la Réserve fédérale (Fed), la Banque centrale des États-Unis ? Le champion de la dérégulation Lawrence Summers ou la keynesienne Janet Yellen ?
Deux favoris se détachent pour remplacer celui qui laissera la place le 31 janvier prochain : Lawrence Summers, ancien secrétaire d’État au Trésor et conseiller économique de Barack Obama pendant la crise financière ; et la vice-présidente de la Fed Janet Yellen, dont le nom circule depuis un an.
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Pendant ce temps, l’équivalent européen de la Fed, la BCE, dirigée uniquement par des hommes, et vivement critiquée pour cela l’automne dernier, fait vœu de féminisation (Voir : La BCE découvre l’égalité). |
Summers semble être le favori du président Obama, qui doit annoncer son choix à l’automne, mais les soutiens de Janet Yellen s’activent. C’est au final au Sénat que reviendra le choix de valider le candidat – ou la candidate -, et rien ne semble joué chez les Sénateurs. Un tiers des élus démocrates soutiennent ouvertement la candidate.
Selon l’agence Reuters, nombre de Démocrates critiquent « la politique de déréglementation de la finance quand [Summers] était le secrétaire au Trésor de Bill Clinton à la fin des années 1990, la jugeant en partie responsable de la crise financière de 2007-2008. » Alors que Yellen est plutôt « créditée d’avoir alerté très tôt sur la menace que constituait la bulle du marché immobilier. » Faucon libéral contre colombe keynesienne. Même si, comme le remarque le Wall Street Journal, les deux candidats ont une chose en commun : un patrimoine qui s’élève à plusieurs millions de dollars.
A cela s’ajoute la question homme/femme. Janet Yellen serait la première femme à diriger une haute institution financière. Et, comme le fait remarquer l’association NOW (National Organisation for Women), sa nomination équilibrerait la balance des genres haute administration du second mandat d’Obama, critiquée pour la place qu’y occupent les hommes (Voir : Les hommes et les femmes du président Obama).
NOW et d’autres groupes de femmes se préparent à lancer une vaste campagne de lobbying auprès des sénateurs en faveur de la vice-présidente de la Fed, note Politico.com. Ils mettent notamment dans la balance le « sexisme » des soutiens de Summers qui dénigrent Yellen en mettant en cause son manque de « ténacité », sa « faiblesse ». Mais aussi de Summers lui-même : en 2005, alors qu’il présidait la prestigieuse université de Harvard, il s’était interrogé sur « l’aptitude intrinsèque » des femmes dans les affaires scientifiques. Il s’était rapidement excusé pour ces propos et plusieurs de ses proches soulignent qu’il a promu de nombreuses femmes.
