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Questions après le drame de l’accouchement dans le Lot

par La rédaction

Une mère a perdu son enfant sur la route d’une maternité trop éloignée. Illustration dramatique de la persistance de déserts médicaux. Même si la situation s’avère plus complexe.


 

La mort d’un bébé après que sa mère a accouché sur l’autoroute dans le Lot, en se rendant à la maternité, vendredi 18 octobre, a suscité l’émoi. Cette situation pose « beaucoup de questions », a souligné dimanche 22 octobre la ministre des Affaires sociales.

Le drame a eu lieu alors que la mère se rendait à la maternité de Brive, à plus d’une heure de chez elle. Cette situation « relance le débat sur la fermeture de petites maternité, notamment en milieu rural », souligne l’AFP.

Quelques jours plus tôt, la DREES, service statistique du ministère, publiait une étude consacrée précisément au temps d’accès aux maternités. Elle y rappelait le bilan de la réorganisation des maternités : en 2001 et 2010, un cinquième d’entre elles ont fermé en France. Malgré cela, le temps d’accès médian à ces maternités est resté stable : la moitié des femmes mettent moins de 17 minutes pour aller accoucher. « Les disparités des temps d’accès entre départements restent néanmoins fortes », constatait la DREES.

Et le Lot fait justement partie des zones les plus touchées. Il figure parmi les 8 départements dans lesquels plus de la moitié des femmes accouchent à une demi-heure ou plus de leur domicile. Et même des 4 seuls départements (avec la Haute-Saône, le Gers et l’Ariège) dans lesquels le temps d’accès médian à une maternité a augmenté au cours des années 2000. Le département comptait 3 maternités en 2000, et plus qu’une en 2010.

Reste que cette situation n’explique pas à elle seule le drame de l’autoroute. Car la maternité de Brive n’était pas la plus proche du domicile des parents, a tenu à rappeler la ministre. Europe1.fr revient sur les autres questions en suspens. C’est semble-t-il la situation à risque de la grossesse qui a conduit les parents, sur avis d’un gynécologue, à se tourner vers cette structure. La mère « a-t-elle été prise en charge dans de bonnes conditions ? », s’interroge Marisol Touraine. Selon Israël Nisrand, chef du département de gynécologie au CHU de Strasbourg, « il y aura toujours des circonstances comme celle-là, même si on mettait tous les cinq kilomètres une maternité avec réanimation pédiatrique ». Selon lui, le nourrisson aurait pu être sauvé si la femme enceinte avait bénéficié d’un moyen de transport médicalisé.

 

 

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5 commentaires

Solisiter 22 octobre 2012 - 10:00

Bizarrement personne n’évoque la possibilité d’accoucher chez soi alors que c’est une pratique très répandue dans d’autres pays de l’union.

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las vegas 22 octobre 2012 - 10:35

Au siècle dernier en France il y avait encore beaucoup d’accouchements à la maison,au moins jusqu’en 1950.Difficile à organiser maintenant,en raison des types d’habitat.
En fait pour la grosse majorité des accouchements il suffit d’avoir un local adapté et l’assistance d’une sage femme.Pourquoi ne pas prévoir quelques chambres pour des accouchements plus prés des utilisatrices éventuelles?
Où allez-vous dire?
Pourquoi pas dans les crêches ? Voire même dans les maisons de retraite…

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hic 22 octobre 2012 - 10:45

« Solisiter »
Bizarrement personne n’évoque la possibilité d’accoucher chez soi alors que c’est une pratique très répandue dans d’autres pays de l’union.

En effet, mais il me semble que ces pratiques ne peuvent que concerner les grossesses sans risque. Que n’était pas celle de cette femme.

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NR77 23 octobre 2012 - 19:38

Je suis d’accord avec Nisrand, le risque zéro n’existe pas. Il semble que nous n’ayons pas suffisamment d’information par rapport à cette histoire (pourquoi les pompiers ne sont-ils pas intervenus ?) mais cela m’inspire quelque réflexions:
– l’accouchement n’est pas une maladie, les structures hospitalières ne sont pas nécessaires dans la plupart des naissances. Elles sont même inadaptées aux grossesses et accouchements « normaux » dans le respect des femmes et des bébés.
Pour des raisons d’assurance et de la toute puissance des médecins, les accouchements à la maison disparaissent alors que c’est une expérience formidable. J’ai connu de nombreuses femmes qui ont accouché à la maison et même en cas de difficulté, avec les appareils ambulatoires et les connaissances actuelles, une sage femme peut remédier à de nombreuses difficultés même inattendues.

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NR77 23 octobre 2012 - 19:39

-l’accouchement n’est pas une maladie mais il peut générer des situations risquées et bien sûr mortelles pour le bébé et la maman. Cela arrive encore même à l’hôpital. Evidemment dans des cas très difficiles il est plus sûr d’être à l’hôpital qui qui sauvent de nombreuses vies, en particulier pour les grands prématurés.
l’augmentation des enfants nés prématurément est d’ailleurs devenu un problème de santé publique sur lequel cette terrible histoire pourrait alerter les médias (est-ce que cela intéresse quelqu’un de savoir pourquoi il y a tant de prématurés ? moi oui ! ). D’ailleurs cela pose des problèmes éthiques pour les soignants, tellement est grande la souffrance de ces bébés qui ne sont pas encore prêts à venir au monde.
– L’intermédiaire entre un hôpital sur-équipé et l’accouchement à la maison c’est la maison de la naissance qui existe dans de nombreux pays mais qui est bannie en France (il existe tout de même qq projets expérimentaux) . Elles sont complètement dédiées et adaptées à la naissance ce qui n’est pas le cas des hôpitaux (peu de conseils à la parentalité, peu d’accompagnement sérieux à l’allaitement, papa et fratrie mal ou pas accueillis, impossibilité pour les mamans de se reposer, accouchements à la chaîne, exagération sur les césariennes, les épisiotomie, les déclenchements, substance administrée avec la péridurale qui accélère l’accouchement ….
Au delà de la question de la proximité des maternités et hôpitaux nous devons nous interroger sur l’ éthique de la naissance que nous voulons. Et ce n’est pas à l’Etat d’en décider pour nous.

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