Mis à jour, vendredi 27 février. Les organisateurs de l’E3 Harelbeke, une course cycliste en Flandre, ont fini par retirer leur affiche particulièrement sexiste. Il aura fallu que l’Institut pour l’égalité des femmes et hommes et l’Union cycliste internationale montent au créneau.
En Belgique, l’Institut pour l’égalité des femmes et hommes a mis en demeure mardi 24 février les organisateurs d’une course cycliste en Flandre. Il demande le retrait immédiat d’une « campagne sexiste incitant à l’intimidation sexuelle à l’égard des femmes ».
Les organisateurs avaient dévoilé la veille l’affiche de l’édition 2015 de l’E3 Harelbeke, qui se courra le 27 mars. Ce n’est pas une course de seconde zone, elle est au programme du WorldTour de l’UCI, Union Cycliste internationale.
[Mise à jour : l’UCI a réagi à son tour mercredi 25 février, se disant « extrêmement mécontente de l’affiche promotionnelle d’E3 Harelbeke 2015 ». Selon l’UCI, les organisateurs « ont accepté de retirer l’affiche de tous leurs supports de communication ». Mais il aura fallu attendre encore près de deux jours pour que cela soit effectif. Ce n’est que vendredi 27 février au matin que le visuel a disparu des profils Twitter et Facebook de la course.]
Pour reprendre les mots de l’Institut pour l’égalité, l’affiche « représente une hôtesse de dos, avec la jupe soulevée, et la main d’un coureur cycliste qui s’en approche sous-entendant que ce dernier à l’intention de la pincer ». Une référence à la course de 2013 où le deuxième, Peter Sagan, avait effectivement pincé les fesses d’une hôtesse sur le podium.

Le slogan, « Qui les pincera à Harelbeke ? », « confirme l’intention du coureur de pincer l’hôtesse et incite les cyclistes à l’imiter », note l’Institut pour l’égalité.
Il exige donc la cessation immédiate de la campagne et le retrait des affiches, violation de la loi anti-discrimination du 10 mai 2007, qui interdit « tout comportement indésirable lié au sexe, et qui a pour objet ou pour effet, de porter atteinte à la dignité de la personne et de créer un environnement intimidant, hostile, dégradant, humiliant ou offensant ». L’Institut entendait également prendre contact avec les sponsors principaux de la course.
Les organisateurs, avant de reculer sous la pression de l’UCI et de l’Institut pour l’égalité, s’étaient dans les premiers jours délectés de la polémique. Un bad buzz reste un moyen de faire parler de soi à peu de frais. Ils n’en sont pas non plus à leur coup d’essai, comme le note par exemple le site Focus/WTV.
