Réalisatrices discriminées ? Hollywood sous pression

par La rédaction
Los Angeles depuis le panneau Hollywood. Par James Gubera sur Flickr

Los Angeles depuis le panneau Hollywood. Par James Gubera sur Flickr

L’enquête pour discrimination envers les réalisatrices, lancée fin 2015 par une agence fédérale, serait bouclée. L’heure est aux pourparlers.. avant un éventuel procès.


Les majors d’Hollywood poursuivis en justice pour discrimination envers les réalisatrices ? Ce scénario est envisageable. C’est ce que révélait le 15 février le site spécialisé Deadline. À l’automne 2015, la Commission sur l’égalité des chances dans l’emploi (EEOC), agence du gouvernement américain, ouvrait une enquête sur les discriminations que subiraient les réalisatrices, écartées des tournages. Une enquête désormais bouclée, selon une « source fiable » citée par Deadline : l’EEOC serait actuellement en pourparler avec les grands studios hollywoodiens pour des arrangements à l’amiable, mais « en cas d’échec, elle pourrait saisir la justice ».

La commission, légalement, ne peut pas commenter une procédure en cours, et ne peut donc ni confirmer ni infirmer cette information, mais l’ACLU, l’association de défense des droits civiques qui avait saisi l’EEOC, assurait dans un communiqué, le 18 février, n’avoir « aucune raison de douter » de sa véracité.

L’association se dit aujourd’hui « ravie que l’EEOC soit peut-être prête à faire ce qu’on lui demandait : user de son autorité en tant qu’agence gouvernementale chargée de faire appliquer les lois anti-discrimination pour que les grands studios rendent des comptes sur la discrimination des réalisatrices en raison de leur sexe ».

Dans sa lettre à l’EEOC pour réclamer l’ouverture d’une enquête en 2015, l’ACLU évoquait « l’absence flagrante » de femmes à la réalisation de films de cinéma ou d’épisodes de séries télévisées, « significative d’une discrimination systémique ». Et note aujourd’hui encore que « la vaste majorité des réalisatrices ne peuvent toujours pas glisser un pied dans la porte ».

En janvier, la dernière étude annuelle du « Plafond de celluloïd » relevait que les femmes n’ont dirigé que 7% des 250 principaux films sortis sur les écrans états-uniens en 2016. Un pourcentage inférieur à ce qu’il était en 1998.

Au printemps dernier, le Réseau audiovisuel européen des femmes (EWA) constatait que seul 1 film sur 5 en Europe est réalisé par une femme, alors même que les réalisatrices représentent 44% des diplômés des écoles de cinéma. En France, le Centre national de la Cinématographie doit publier jeudi 23 février une nouvelle étude sur la place des femmes dans l’industrie du cinéma et de l’audiovisuel

 

Lire aussi sur Les Nouvelles NEWS :

Au cinéma, les femmes n’ont « pas besoin d’aide, mais d’argent »

Geena Davis, Emma Watson, Lexi Alexander… elles parlent du sexisme au cinéma

 

Partager cet article

Laisser un commentaire