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Réfugié.e.s, entre promesses et rejet

par La rédaction
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refugiésÀ l’ONU, nouvelles promesses d’humanité à l’égard des réfugiés, à l’heure où la xénophobie à leur égard est plus palpable que jamais – particulièrement en France.


 

Pour la première fois, l’Assemblée générale des Nations Unies tenait, lundi 19 septembre, un Sommet consacré aux « déplacements massifs des réfugiés et des migrants ». Un sommet débouchant sur l’adoption d’un consensus jugé historique par le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon : la Déclaration de New York, par laquelle les Etats s’engagent à adopter une « approche plus humaine et mieux coordonnée », à partager la responsabilité du soutien et de l’accueil des réfugiés et des migrants, et à combattre la xénophobie et la discrimination.

Mais derrière les discours – et notamment celui de la survivante yézidie Nadia Murad, appelant à « faire en sorte que l’individu soit une priorité » – les engagements concrets se font toujours attendre. La Déclaration renvoie d’ailleurs à 2018 l’adoption d’un « pacte mondial ». Il y a un an, les États membres de l’Union européenne s’engageaient à réinstaller 160 000 demandeurs d’asile, principalement depuis la Grèce et l’Italie, vers d’autres pays européens. Un an plus tard, le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, faisait les comptes : seuls 4 776 demandeurs d’asile ont été concernés, 3% de l’objectif initial.

Derrière les chiffres, Ban Ki-moon relevait dans un point de vue publié le 16 septembre dans le quotidien américain Boston Globe : « De toutes les questions qui préoccupent à l’heure actuelle la communauté internationale, celle des réfugiés et des migrants est sans doute la plus propice aux manipulations des démagogues de tous bords ». Le Secrétaire général de l’ONU annonçait d’ailleurs lors du Sommet le lancement d’une campagne intitulée « Ensemble », pour « répondre à l’augmentation de la xénophobie et transformer la haine en espoir ».

Intolérance française

Et les Français apparaissent comme l’un des peuples européens les plus propices à céder aux démagogues, à en croire une enquête Ipsos pour l’International Rescue Committee (IRC) dévoilée le 16 septembre (enquête portant sur 12 pays européens, environ 1000 personnes interrogées par pays). En France, 19% des répondants disent n’éprouver « aucune sympathie » pour les Syriens réfugiés dans leur pays, et 37% une « petite part » de sympathie seulement.

Une intolérance bien plus marquée qu’en Allemagne, qui a accueilli en 2015 trois fois plus de demandeurs d’asile que la France, ou qu’en Suède, qui en a accueilli davantage malgré une population sept fois moindre.

Avec 63 millions de personnes, le nombre de personnes « déracinées » – demandeuses d’asile, déplacées internes ou réfugiées – n’a jamais été aussi élevé, soulignait en juin dernier le HCR. Et la grande majorité des réfugiés dans le monde ne se trouvent pas dans les pays riches : 86% des réfugiés relevant de la compétence du HCR en 2015 se trouvaient dans des pays à faible revenu ou à revenu intermédiaire, proches de situations de conflit.

L’ONG Oxfam calculait en juillet que les six pays les plus riches de la planète, qui représentent plus de la moitié de l’économie mondiale, accueillent moins de 9 % du nombre total de réfugiés dans le monde.

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1 commenter

09 Aziza 20 septembre 2016 - 09:31

Les français seraient ils devenus incapables de s’identifier à autrui? On peut se le demander, non seulement en voyant ces chiffres, mais aussi en lisant les commentaires de personnes pourtant en principe éduquées, sur les sites de la presse d’information. Rejet, stéréotypes, amalgames, et le plus grave, insultes immédiates à qui conteste ces affirmations fumeuses….la « lepénisation » des esprits a gagné. 51% des réfugiés et déplacés sont des enfants: ces gens veulent combattre la venue d’enfants. Bien sûr, ce ne sont pas les leur!

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