Accueil MédiasBruits et chuchotements Résistance à l’effacement des femmes dans « C ce soir »

Résistance à l’effacement des femmes dans « C ce soir »

par La rédaction

Quand l’émission accueille des femmes pour parler de l’effacement des femmes dans l’Histoire, des hommes parlent crise de la masculinité et woke.

Mise en lumière de l’invisibilisation des femmes dans l’émission C ce soir  sur France5 mardi 21 septembre. Depuis la rentrée, les invités étaient tous des hommes. Et quand une femme fut enfin l’invitée principale, c’était pour parler d’invisibilisation des femmes. La journaliste et romancière Titiou Lecoq allait parler de son livre « Les Grandes oubliées » aux éditions Iconoclaste.

 « Pourquoi et comment ont-elles été effacées de l’histoire ? » demandera l’animateur Karim Rissouli, Un coup d’œil à la page d’accueil de l’émission sur le site de FranceTV apportait un début de réponse (voir photo) : les médias qui écrivent l’Histoire contemporaine l’écrivent au masculin. C’est la même chose pour l’Histoire du monde. Titiou Lecoq donnera plusieurs exemples de grands faits ou d’œuvres réalisés par des femmes… dont les historiens ne parlent pas. Et il faut aller fouiller dans les travaux d’historiennes dites « engagées » pour rendre à Cléopâtre ce qui appartient à Cléopâtre. Les historiens, qui ne relatent que des exploits d’hommes, n’étant pas considérés comme « engagés » masculinistes.

Manterrupting et détournement de conversation

Autre piste de réponse : le comportement des hommes invités sur le plateau ce soir-là. Deux principales mufleries à leur actif : couper la parole et détourner la conversation sur des sujets qui les intéressent bien davantage que l’effacement des femmes. Le hic pour eux est qu’ils se trouvaient face à des féministes aguerries à ce genre d’exercice.

Quand Marc Weitzmann, journaliste et écrivain s’est mis à couper la parole pour parler de la crise de la masculinité, il ne s’attendait manifestement pas à l’intervention précise, posée, argumentée de Raphaëlle Rémy-Leleu, militante féministe, ancienne porte-parole de l’association Osez le féminisme, conseillère de Paris. Une réponse dont l’extrait tourne sur les réseaux sociaux en forme de leçon pour faire face au manterrupting. Avec cette fabuleuse réplique : « vous allez attendre avant de parler et vous allez voir que votre masculinité va bien s’en sortir ».

 

L’homme avait aussi fait une tirade pour affirmer que le patriarcat n’existait plus, qu’il valait mieux parler de phallocratie… propos sans intérêt et éloignés du sujet que connaissent parfaitement les deux invitées et la journaliste Laure Adler qui fait partie de l’équipe de l’émission.

Autre invité : un « chercheur » Pierre Valentin, travaillant pour La Fondation pour l’innovation politique, rattachée au parti Les Républicains, a écrit un rapport sur le phénomène woke.  « Woke » vient des Etats-Unis et signifie éveillé aux questions d’injustice et d’oppression des minorités mais est souvent utilisé de façon ironique pour dénigrer certains mouvements. A la question posée dans C ce soir : « Dangereuse idéologie ou fantasme qui vise à disqualifier l’adversaire ? », le chercheur a semblé opter pour la deuxième option. Loin de se référer à des faits de féministes françaises, il a déroulé une succession d’exemples provenant des Etats-Unis et n’ayant rien à voir avec la question de l’effacement des femmes de l’Histoire. Et Marc Weitzmann à côté de lui d’opiner, coupant toute objection en affirmant que les femmes présentes sur le plateau ne connaissaient pas les Etats-Unis et donc devaient se taire… ce qu’elles n’ont pas fait.

L’émission est à voir en entier sur le site de France5 : C ce soir – Titiou Lecoq – Femmes : les grandes oubliées de l’histoire en streaming – Replay France 5 | France tv

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Journalisme de combat pour l’égalité des sexes. La plume dans la plaie du sexisme, Isabelle Germain, LNN edition

 

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