Libération raconte comment un groupe ultraconservateur érige le sexisme en système dans les classes préparatoires du lycée militaire de Saint-Cyr. La ministre des Armées promet la tolérance zéro contre ces « agissements inacceptables ».
Un « vase clos réactionnaire ». Libération donne la parole, vendredi 23 mars, à celles qui ont subi « le sexisme systémique » au sein des classes préparatoires du lycée militaire de Saint-Cyr, dans les Yvelines.
Une quinzaine de personnes, surtout des filles, ont témoigné auprès du quotidien. Pour raconter « comment sévit depuis des générations le clan des tradis pour évincer leurs camarades féminines et broyer leurs ambitions. En quasi toute impunité. »
Les « tradis », c’est un groupe masculiniste composé de « garçons ultraconservateurs » officiellement interdit, mais qui continue de prospérer officieusement. Une « minorité puissante », puisqu’elle compterait environ 60 garçons sur les 230 élèves des classes préparatoires du lycée de Saint-Cyr. Chez eux, la misogynie va de pair avec l’homophobie.
Ce sexisme systémique, il s’étale aux yeux de tous et toutes sous la forme de la lettre grecque µ (« mu »), un code signifiant « misogyne », gravé ou tagué un peu partout dans l’établissement. Et passe par les comportements entre humiliations et harcèlement, les références à outrance à la sexualité. Le tout, pour faire craquer les filles pour qu’elles abandonnent leurs ambitions. « En réalité, selon eux, les filles ne devraient tout simplement pas être là. Les femmes sont des êtres merveilleux, doux et gentils, mais mieux à la maison à faire des enfants », explique un témoin à Libération.
« Nous redoublerons d’efforts »
Officiellement, les autorités agissent depuis 2014. Mais la fermeté n’est que de façade, estiment les témoins. « Des dizaines de rapports d’élèves ont été transmis à la direction l’an passé, sans qu’aucune sanction ne soit prise ».
L’article de Libération a rapidement fait réagir des membres du gouvernement. « Nous ne tolérerons pas qu’une minorité maltraite des femmes et salisse l’image des armées », a assuré la sur LCI la secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes.
Sur RTL, la ministre des Armées Florence Parly a indiqué que les enquêtes menées depuis trois ans dans les établissements scolaires sous tutelle du ministère ont révélé « un certains nombre de dysfonctionnements, y compris graves », mais reconnaît qu’il subsiste « des agissements inacceptables ».
« Nous redoublerons d’efforts », promet la ministre, évoquant de possibles exclusions et « des sanctions éventuelles contre le corps enseignant si celui-ci ne réagit pas et ne prend pas les mesures qui conviennent ».
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