Accueil Médias « #Salepute » : comment les cyberharceleurs musellent les femmes

« #Salepute » : comment les cyberharceleurs musellent les femmes

par Isabelle Germain

Sur Arte, documentaire poignant sur le cyberharcèlement sexiste . Les femmes qui ont exprimé une opinion se trouvent face à l’alternative : se taire ou subir insultes et menaces.

 « En fait, la seule solution que la société propose est de se plier aux injonctions des harceleurs : c’est de disparaître » . Voici la conclusion à laquelle arrivent Myriam Leroy et Florence Hainaut en écoutant les réponses à la question : « as-tu porté plainte contre les cyberharceleurs ? »

Les deux journalistes signent #Salepute, une enquête diffusée ce mercredi 23 juin sur Arte à 22h35. Des témoignages poignants de femmes harcelées et des analyses de cyberviolences qui «ne sont pas une addition d’actes isolés mais un fléau systémique ».

La journaliste Nadia Daam dit que cette épreuve « donne envie de ne plus exister ». Elle a été menacée jusqu’à son domicile, a lu des horreurs d’agresseurs expliquant comment ils allaient violer sa fille. Comme pour les autres femmes qui témoignent, la liste de ce qu’elle a perdu dans cette affaire est terrible. Elle termine par : « la joie »

Même si, dans son cas, elle a été soutenue par son employeur et ses agresseurs condamnés (lire : Cyber-harcèlement : quand la haine anti-féministe déborde et Cyber-harcèlement : les agresseurs de Nadia Daam condamnés).

 

73% des femmes dans le monde ont été exposées à des violences sur internet rappelle le documentaire, et les femmes sont 27 fois plus susceptibles que les hommes d’être harcelées.

Il n’est pas nécessaire pour les femmes d’exprimer une opinion féministe échevelée pour être harcelées. Exprimer une opinion suffit. Celles qui sortent des sentiers battus du sexisme ambiant sont rappelées à l’ordre par les cyberharceleurs. La linguiste Laurence Rosier explique que les femmes sortent des codes sociaux à partir du moment où elles « l’ouvrent. La parole attendue des femmes doit respecter les convenances. Etre polie, mesurée, tout en retenue. »  Si une femme ne respecte pas ces codes, elle est « punie ».

Et le harceleur, c’est « monsieur et (parfois même) madame tout le monde » dit Alice Barbe. La chroniqueuse australienne Emma Jane rappelle qu’Internet ne fait qu’amplifier la misogynie. « Avant les harceleurs criaient depuis leur voiture, maintenant, ils crient depuis leur ordinateur ».

Et ce sexisme se retrouve lorsque les victimes de cyberharcèlement veulent porter plainte. Il leur est conseillé de cesser de s’exprimer sur les réseaux sociaux. Version Web de la culture du viol, les victimes sont considérées comme coupables.  Et les féministes sont réduites au silence.

« #SalePute », Arte mercredi 23 juin 2021 à 22h35, Kwassa Films, 57 minutes.

Ce soir à 22h35 sur Arte ou ici sur ARTE

 

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