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Au Salvador, les (non) droits à l’avortement en débat au Parlement

par La rédaction
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Lorena Piena, photo
Presidencia El Salvador sur Flickr (domaine public)

Passible de 30 ans de prison, l’avortement au Salvador est totalement interdit. Le parti de gauche FMNL voudrait y remédier, mais c’est compter sans l’opposition qui propose… d’allonger les délais d’emprisonnement.


 

Après la Pologne, direction l’Amérique centrale. Le Salvador est l’un des pays au monde qui limite le plus l’avortement. Il n’est autorisé en aucun cas, et passible de 30 ans d’emprisonnement. Mais le parti de gauche FMLN (Front Farabundi Marti de Libération nationale), majoritaire, voudrait revoir la législation. À l’occasion de la Journée internationale des filles, le groupe a déposé au Parlement une proposition de loi visant à dépénaliser l’avortement dans deux cas : le viol et une grossesse qui présente un danger grave pour la mère.

Le FMLN en manque de voix 

« Il est du devoir des législateurs de donner aux femmes une chance de sauver leur vie, afin qu’elles ne meurent pas dans ces circonstances. Cette proposition de loi est également destinée à prendre en compte l’impact de donner naissance après un viol », a déclaré la présidente du Congrès. « Ce n’est pas à la victime de viol de porter les conséquences de cette criminalité sexuelle », a martelé Lorena Pena.

Mais rien n’est gagné. Pour que le texte soit adopté, il faudrait que 43 député.e.s sur 84 y soient favorables. Or, le FMLN ne dispose aujourd’hui que d’une majorité relative de 31 sièges. 

Des alliances sont encore possibles. Mais les anti-choix n’ont pas dit leur dernier mot, bien au contraire. Le député d’opposition Ricardo Velasquez Parker, de l’ARENA, l’Alliance nationale républicaine, a déposé une proposition de loi rivale, le mois dernier, prolongeant jusqu’à 50 ans la peine d’emprisonnement pour avortement.

La vie, dès la conception

« ARENA croit en la vie dès la conception », a rappelé le groupe dans un communiqué. « Le débat sur l’avortement n’a pas lieu d’être. L’avortement n’est tout simplement pas négociable ni acceptable. Avorter c’est assassiner », a-t-il martelé, considérant que la proposition de loi du FMLN n’est qu’un « écran de fumée » pour cacher « la grave crise économique » que connaît le pays.

Rappelons que les femmes les plus précaires sont les plus touchées par la loi sur l’interdiction de l’IVG. La plupart ne peuvent en effet payer un avocat pour se défendre. Des dizaines de femmes sont en prison pour avoir avorté, certaines même pour des fausses couches. Un groupe de femmes appelées « Las 17 », Les 17, ont été condamnées entre 1999 et 2001 pour homicides aggravés sans procès équitable ni preuves suffisantes, estiment les militants pro-choix. En janvier 2015, pour la première fois, l’une d’elles était grâciée après 7 ans passés derrière les barreaux.

Voir : Justice pour Guadalupe Vasquez au Salvador

En 2013, il avait fallu une longue bataille juridique pour que des médecins soient autorisés à pratiquer une interruption de grossesse pour sauver la vie d’une jeune femme, alors que son foetus allait de toute façon naître sans vie.

Voir : Avortement au Salvador : la médecine l’emporte

 

 

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