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Sheryl Sandberg et Justin Trudeau : plaidoyers féministes à Davos

par La rédaction
Trudeau et Sandberg, féministes à Davos
Trudeau et Sandberg, féministes à Davos

Justin Trudeau et Sheryl Sandberg à Davos le 22 janvier 2016. WORLD ECONOMIC FORUM/swiss-image.ch/Photo Remy Steinegger (CC BY-NC-SA 2.0)

Citations choisies. Du concept des « inégalités salariales dès le berceau » à « Il ne faut pas avoir peur d’utiliser le mot ‘féministe’. »

C’est déjà une solide punchline que lançait Sheryl Sandberg mercredi 20 janvier, au premier jour du Forum de Davos où, comme tous les ans, sur les 2500 « leaders » invités, moins de 20% sont des femmes :

« Les hommes continuent à diriger le monde,
et ça ne se passe pas si bien »

Et c’est un nouveau message fort qu’a fait passer la numéro 2 de Facebook à Davos, vendredi 22 janvier, lors d’une session consacrée aux « Progrès vers la parité ». Sheryl Sandberg a lancé le concept de « toddler wage gap », qu’on pourrait traduire par « inégalités salariales dès le berceau ». Comme l’a expliqué l’auteure de Lean In, les différentes attentes et attitudes à l’égard des hommes et des femmes dans le monde du travail sont inscrites dès l’enfance, au sein de la famille :

« Nous assignons des tâches à nos enfants [en fonction de leur sexe] aux Etats-Unis, et ça peut être pire dans d’autres endroits du monde… les garçons sortent les poubelles, ce qui prend moins de temps que faire la vaisselle, et ils reçoivent plus d’argent de poche que les filles. »

Lors du même débat, le Premier ministre du Canada Justin Trudeau s’est lancé dans un nouveau plaidoyer féministe. En s’appuyant d’abord sur sa femme Sophie :

« Elle m’a interpellé il y a quelques mois pour me dire : ‘OK, c’est super que tu t’impliques auprès de ta fille, que tu te poses en modèle, que tu veuilles qu’elle ait du pouvoir ; mais il faut que tu consacres autant d’efforts à parler à ton fils (…) de la façon dont il doit se comporter avec les femmes et pour qu’il devienne féministe en grandissant ».

Au passage, a poursuivi Justin Trudeau :

« Il ne faut pas avoir peur d’utiliser le mot ‘féministe’. Les hommes et les femmes doivent se l’approprier pour se décrire, quand bon leur semble ».

Justin Trudeau, nouvellement élu Premier ministre du Canada, s’était distingué en novembre dernier justifiant ainsi la mise en place d’un gouvernement paritaire : « Parce qu’on est en 2015. »

Mais cela n’a pas été si simple de composer ce gouvernement, a-t-il expliqué à Davos. Il s’est retrouvé confronté à la réticence de femmes, et a dû « tordre le bras » à certaines pour qu’elles acceptent d’être ministres. D’où cette autre remarque :

« Toute une série d’études montrent que si vous proposez un poste important à un homme, sa première question sera sans doute : ‘Est-ce que je devrai porter une cravate tous les jours ?’ Et si vous proposez le même poste à une femme, elle demandera d’abord : ‘Vraiment ? Pourquoi moi ?’. Il est temps d’encourager les politiques et les entreprises qui ne se laissent pas guider par une conduite machiste ».

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