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Sciences Po Bordeaux veut faire taire le sexisme et les critiques

par La rédaction

La direction porte plainte contre les auteurs d’une page Facebook sexiste… et contre le collectif qui l’a dénoncée.


Suite à la polémique provoquée fin janvier par une page Facebook au caractère sexiste (Lire : Sexisme ou ‘tradition potache’ à Sciences Po Bordeaux ?), la direction de l’Institut d’études politiques (IEP) de Bordeaux a déposé deux plaintes. La première, contre X, vise le créateur la page « Osez le masculinisme » qui contenait « des propos ouvertement sexistes, homophobes et injurieux », rapporte l’AFP. Par ailleurs, dix élèves qui avaient commenté cette page seront traduits le 25 février devant le conseil de discipline.

Mais la direction de l’établissement ne s’arrête pas là. Elle a également déposé plainte, pour diffamation, contre le « collectif féministe bordelais contre les violences sexistes dans l’enseignement supérieur ». C’est ce collectif, composé d’étudiants et de professeurs, qui avait alerté sur les « propos sexistes et homophobes » tenus notamment sur cette page Facebook, mais également dans d’autres circonstances par des étudiants de Sciences Po Bordeaux.
Le 31 janvier, il évoquait
notamment « un climat favorable à l’expression du sexisme ordinaire à l’IEP » et la « cécité » de la direction. Le collectif écrivait aussi que« Sciences Po Bordeaux est une grande école où la domination masculine se donne à voir de manière exemplaire dans son organigramme et dans la composition de son personnel ».

 

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7 commentaires

Romane 19 février 2013 - 16:30

Et si le « collectif féministe bordelais contre les violences sexistes dans l’enseignement supérieur » portait plainte à sont tour contre SCPo Bordeaux?

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Céline 19 février 2013 - 21:08

Ce collectif est anonyme. Difficile pour lui de porter plainte.

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florence larroque 20 février 2013 - 07:26

je ne vois rien de diffamatoire dans les textes publiés par le collectif féministe bordelais.. à moins qu’il soit devenu insultant et passible de sanctions le fait de dénoncer la domination masculine ? ouh ! les vilaines phallocratie-phobes !

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John 20 février 2013 - 09:20

Il ne s’agit pas de domination masculine puisque les deux sexes ont les mêmes chances de réussir. Les quotas de femmes ou d’hommes qui font fi des compétences pour « paraître » n’ont rien à voir avec l’égalité. Le féminisme se permet tout simplement de censurer quiconque exprime ouvertement un avis contraire et une opposition idéologique. Sous couvert de tolérance, d’humanisme, de prétendu égalitarisme… L’incohérence règne !

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chacha 20 février 2013 - 12:02

« John »
Il ne s’agit pas de domination masculine puisque les deux sexes ont les mêmes chances de réussir.

En fait non: de l’inégalité des salaires à l’accès aux postes à responsabilité, les femmes n’ont pas les mêmes chances de réussir.

« John »
Les quotas de femmes ou d’hommes qui font fi des compétences pour « paraître » n’ont rien à voir avec l’égalité.

C’est votre point de vue. Il y a peut-être un problème avec votre définition de l’égalité?

« John »
Le féminisme se permet tout simplement de censurer quiconque exprime ouvertement un avis contraire et une opposition idéologique.

En fait non, c’est la Loi qui le permet, pas le féminisme. Les féministes, comme tout autre personne humaine, utilisent les outils judiciaires de la Cité pour se défendre et vivre.

« John »
Sous couvert de tolérance, d’humanisme, de prétendu égalitarisme… L’incohérence règne !

C’est confirmé: il y a un problème avec la définition d’égalité. C’est quoi exactement l’égalité selon vous?

Moi il y a un truc que je ne comprends pas: pourquoi ne pas aimer les machos signifierait-il être misandre? Tous les hommes seraient-ils donc des machos? Ce n’est pas un peu « féministe radicale », ça, comme propos?! 😀 Blague à part, je vous informe que tous les hommes ne sont pas des violents misogynes phallocrates et que, pour eux, ça se passe super bien avec les femmes…

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meg 20 février 2013 - 15:03

http://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2013/02/20/sexisme-dans-lenseignement-superieur-la-fin-dun-tabou-qui-nen-finit-pas/

« Ainsi, le 24 janvier 2013, le Collectif féministe bordelais contre les violences sexistes dans l’enseignement supérieur dénonçait publiquement les propos sexistes et homophobes contenus dans des pages Facebook intitulées « Osez le masculin » et « Osez le masculisme ». Ce petit groupe d’étudiants revendiquait son appartenance à Sciences Po Bordeaux. La direction de l’IEP a réagi et des procédures disciplinaires sont en cours. Nous avons également dénoncé un certain climat propice à l’expression des propos sexistes et homophobes. Nous pensons que toute institution d’enseignement supérieur doit lutter contre la « tradition dite potache », qui n’est que l’expression des rapports de domination, et contre les discriminations de sexe : 95% des professeurs d’université sont des hommes à l’IEP de Bordeaux qui n’est pas une exception en matière d’inégalité dans l’accès aux positions hiérarchiques les plus élevées puisqu’au niveau national, et toutes disciplines confondues, les femmes représentent 23% des professeurs d’université. Alors que nous témoignons de ces inégalités, la direction de l’IEP de Bordeaux a déclaré dans la presse vouloir porter plainte pour diffamation contre le Collectif bordelais contre les violences sexistes dans l’enseignement supérieur (article de Libération du 8 février 2013, « Sciences po et le sexisme de ses étudiants »). »

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Yohan Simonnot 21 février 2013 - 11:56

Redéfinir le terme « égalité »… c’est une très bonne idée. L’égalité en son sens radical est très criticable. La même chose pour tous et toute. C’est très abstrait, et un peu totalitaire.
On peut préférer le terme « équité », bcp moins absolu car prenant en compte la disparité de chacuns et chacunes. De « chacun la même chose » on arrive à « chacun selon ses besoins ». c’est un peu plus fin nan ?

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