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Pub, sex and surf : le point de rupture de Roxy

par La rédaction

RoxyDans le milieu du surf, le clip de promotion du Roxy Pro Biarritz soulève les critiques. Il pousse plus loin que jamais la sexualisation à des fins marketing.


 

« Une femme se réveillant en petite tenue, s’habillant puis se déshabillant pour se doucher avant de prendre son 4×4 pour aller à la plage ». Une publicité pour un shampoing ? Un gel intime ? Des céréales ? Vous n’y êtes pas. C’est le résumé, par le journal Sud Ouest, d’un clip de promotion du Roxy Pro Biarritz, un événement de surf qui se déroulera du 10 au 14 juillet. Et la sexualisation à outrance dans ce clip dégoûte nombre de surfeurs et surfeuses.

https://www.youtube.com/watch?v=GCji6TiJjbE

Sur les sites internet du milieu du surf, les commentaires indignés fleurissent. « Il semble qu’on soit passé à une autre dimension dans l’objétisation de la surfeuse à des fins marketing », faisait remarquer le blog surf-prévention dès le 28 juin.

Une professionnelle est du même avis et sonne la charge. La Californienne Cori Schumacher, qui a justement remporté le Roxy Jam de Biarritz en 2010, appelle au boycott de la marque Roxy. Pour elle aussi, ce clip va trop loin dans la sexualisation sans rapport avec le surf. C’est « paternaliste, ridicule, déshumanisant et au bout du compte dangereux pour les jeunes filles qui doivent devenir des personnes valorisant leurs actes plutôt que leur paraître. Boycottez Roxy et tous ceux qui cherchent à vendre cette absurdité », écrit Cori Shumacher.

Et le clip n’est pas que sexiste, il est aussi anti-écolo, remarquent plusieurs commentateurs. Un comble dans un milieu de la glisse qui se veut en communion avec la nature. Le personnage du clip, pour parcourir les quelques centaines de mètres qui la séparent de la plage, conduit un 4×4. Pas terrible pour le bilan carbone.

Outre les critiques indignées, le clip a déjà sucité une parodie, version masculine. Qui moque la sexualisation à l’œuvre dans celui du Roxy Pro, mais aussi le placement de produit plus que visible. Une parodie à savourer :

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Et notre dossier – Stéréotypes partout

 

 

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2 commentaires

florence 4 juillet 2013 - 10:56

ça devient vraiment très très très lassant… et épuisant, et dangereux. Pas un jour qui n’apporte son lot de machisme, de mépris, de sexisme, d’histoires de viols, de mutilations, de meurtres, de restrictions de libertés, de combats perdus juste parce qu’on est des femmes.. toujours vers les mêmes cibles, les mêmes victimes..
A jouer avec nos nerfs -qui sont parait-il si fragiles… la bonne blague !! ça fait combien de millénaires qu’on se fout ouvertement de notre gueule sans qu’on réagisse ?- ils vont finir par (r)éveiller la haine.

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Vinciane MC 4 juillet 2013 - 11:56

dommage… Le surf est un sport féminin autant que masculin, et Roxy fait une énorme erreur marketing (entre autres) dans ce choix de sexualisation de la pub : toujours les mêmes stéréotypes de genre d’une femme forcément belle, forcément blonde, forcément lascive (dans son lit, sur sa planche de surf), forcément CSP+ branchée (le téléphone, la chemise blanche transparente, la douche, l’écran tactile… le 4X4), forcément fainéante (le trajet en voiture…), forcément factice dans son rapport à la nature. Ce ne sont que des clichés.
Je fais le choix de les dénoncer, et la parodie est une solution qui tourne le sujet en dérision plutôt pertinente. Dommage… dommage que les parodies dénonçant les stéréotypes de genre qui enferment les femmes soient à leur tour blindées de stéréotypes de genre qui enferment les hommes : forcément insatisfait sexuellement (la poupée gonflable), forcément une bisexualité non assumée (la perruque blonde), forcément vulgaire (se gratte les couilles, fait un doigt d’honneur au volant) voire sale (sent ses doigts, se lave sans eau…), forcément mal sappé (le slip kangourou, les tongs et chaussettes blanches à 2 balles), forcément rondouillard (le ventre mou de profil), forcément populaire et ringard(la voiture, le manque de soleil), forcément un looser (il ne sait même pas faire du surf)… la parodie devient grotesque.
Heureusement que je connais beaucoup de femmes et d’hommes bourrés de grandes qualités pour savoir à quel point tout cela est déconnecté de la nature humaine réelle.
Ce sont des dommages pour tout le monde, hommes et femmes…

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