Le sexe de l’économie, le sexe de l’éducation

La politique économique est empreinte de stéréotypes de sexe et dictée par des aspirations “masculines”. Pour ne plus penser la politique à moitié, commençons dès l’école avec le concours #ZéroCliché.


 

Une nouvelle étude montre que les économistes femmes préconisent des politiques différentes de celles des économistes hommes en Europe. Ils privilégient les « solutions de marché » tandis qu’elles se disent plus favorables aux interventions de l’État et aux politiques de protection de l’environnement. Et surtout, elles ne considèrent pas qu’une meilleure protection de l’emploi se traduise par une croissance économique plus faible, contrairement à leurs collègues masculins.

Une autre étude dressait un constat semblable outre-Atlantique il y a quelques années. Notre colloque sur « le sexe de l’économie » montrait aussi la face cachée de la politique économique.

Question d’hormones ? Non, plus probablement question d’éducation. Les attentes que l’on projette sur les filles et sur les garçons sont très différentes dès la naissance, et ça ne s’arrange pas par la suite.

Le fabricant de vêtements pour enfants Petit Bateau le résumait ainsi il y a quelques années sur des bodys. Une fillette devait être : « jolie, têtue, rigolote,  douce, gourmande, coquette, amoureuse, mignonne, élégante, belle ». Tandis que les qualités attendues d’un garçon étaient : « courageux, fort, fier, robuste, vaillant, rusé, habile, déterminé, espiègle, cool ».

Par la suite, on fait comprendre aux filles qu’elles doivent aussi prendre soin des autres. Le « care » c’est pour elles. Tandis que le goût du risque, le rapport de force, c’est pour eux.

Cette semaine, une marque de chips a laissé planer l’idée d’une gamme pour les femmes afin qu’elles mangent avec élégance… Chaque jour des messages sont adressés aux hommes et aux femmes, aux garçons et aux filles, pour leur dicter des comportements alignés sur leur sexe biologique (voir notre dossier stéréotypes).

Pour que les femmes puissent proposer d’autres politiques économiques, et donc une autre vision du monde, il faut, d’une part, qu’elles prennent place à la table du pouvoir et, d’autre part, que l’éducation des enfants soit rééquilibrée et les stéréotypes de sexe mis à distance.

Avec le CLEMI nous invitons  les classes, de l’école primaire au lycée, à débusquer les stéréotypes sexistes en participant au concours #ZéroCliché. Les éditions précédentes de ce concours nous ont montré que, dès que les enfants s’interrogent sur les stéréotypes avec leurs enseignant·e·s, ils ont envie de leur tordre le cou (aux stéréotypes). Nous invitons le plus grand nombre à participer à ce concours. Faites passer le message à vos ami·e·s profs !

 

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