Accueil International Sexisme, homophobie, alcool et « sentiment de toute-puissance » : les maux du rugby néo-zélandais

Sexisme, homophobie, alcool et « sentiment de toute-puissance » : les maux du rugby néo-zélandais

par La rédaction

Photo Alasdair Massie, Cambridge, UK [CC BY-SA 2.0], via Wikimedia Commons

Les comportements doivent « changer en profondeur », admet la fédération néo-zélandaise de rugby, après un rapport qui dénonce les « comportements problématiques » à l’encontre des femmes et des sexualités autres qu’hétérosexuelles.


 

Les comportements dans le rugby néo-zélandais doivent se transformer en profondeur, pour devenir plus responsables et inclusifs, et tout particulièrement en matière d’égalité des sexes. C’est le message général d’un rapport remis jeudi 7 septembre à la New Zealand Rugby. Un exercice d’introspection pour la fédération qui domine le rugby mondial.

Ce rapport de 166 pages, intitulé « Respect et Responsabilité », avait été commandité à l’automne 2016 suite à plusieurs incidents impliquant des joueurs ou des équipes du pays, et en particulier le « strippergate », une affaire très médiatisée : une strip-teaseuse s’était plainte d’attouchements de la part de joueurs d’une équipe locale.

« Il existe toujours de nombreux comportements problématiques à l’encontre des femmes, les sexualités autres qu’hétérosexuelles, et une forte culture de la boisson qui exacerbe, et parfois rend dangereux, ces attitudes et comportements », note le rapport dirigé par Kathryn Beck, présidente de la New Zealand Law Society, l’Ordre des avocats néo-zélandais. Il pointe également du doigt le « sentiment de toute puissance » des joueurs.

New Zealand Rugby, promet de « s’assurer que nos attitudes à l’égard des femmes dans le rugby, la diversité, le respect, la responsabilité et l’intégration » soient irréprochables. Reconnaissant qu’il s’agit là d’un « changement culturel significatif », la New Zealand Rugby mettra en place un « programme de long terme » pour mettre en œuvre les recommandations du rapport.

Elles s’articulent autour de six grands axes, autour de ces valeurs de respect et responsabilité. « L’une des plus impérieuse » étant la numéro 4, souligne Kathryn Beck : la fédération doit « renforcer l’égalité des sexes », en encourageant la participation des femmes et des filles à tous les niveaux. Le rapport souligne également « la nécessité de développer un modèle commercial durable pour le rugby au féminin ».

La question s’était d’ailleurs posée tout récemment sous une autre forme, après que les joueuses néo-zélandaises ont remporté la Coupe du monde pour la cinquième fois. Contrairement à leurs homologues masculins, elles ne sont pas payées pour porter le maillot noir des Back Ferns.

Pour l’ancienne joueuse Melodie Robinson, « il est temps que la Nouvelle-Zélande envisage des contrats professionnels », au moins à temps partiel. Mais du côté des joueuses actuelles, ce ne semble pas être une revendication forte, et la fédération disait alors n’envisager aucune professionnalisation dans un futur proche. Elle mise avant tout sur le rugby à VII – discipline olympique, où les joueuses sont effectivement professionnelles.

 

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