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Sheryl Sandberg invite les femmes à aller de l’avant

par La rédaction
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Sheryl Sandberg le 25 janvier 2013 à Davos © World Economic Forum sur Flickr

Dans son livre Lean In, la vice-patronne de Facebook met en question les freins aux carrières des femmes et n’hésite pas à les responsabiliser.


 

Sheryl Sandberg est une figure du monde numérique. Elle est la directrice générale de Facebook après avoir été aux commandes chez Google. Mais c’est avec un livre qu’elle fait l’actualité aujourd’hui.

Avec Lean In, publié en anglais lundi 11 mars, Sheryl Sandberg a écrit un « manifeste féministe », ainsi qu’elle le présente elle-même. Celle que Forbes a classée comme la dixième femme la plus puissante du monde y invite les femmes à « aller de l’avant » (1).

Affaire de volonté

Elle raconte qu’au début de sa carrière, elle imaginait connaître l’égalité entre hommes et femmes en entreprise. Mais à 43 ans, la numéro 2 de Facebook constate que si les femmes aujourd’hui sont plus diplômées que les hommes, elles ne détiennent pas plus de 20% des postes à responsabilité.

Dans Lean In, Sheryl Sandberg pointe du doigt, exemples et études à l’appui, les causes de cette disparité : une culture masculine de l’entreprise qui bloque l’avancement de carrière des femmes, le poids persistant de la vie familiale, et plus globalement des rôles stéréotypés.

Pour avancer, il faut avoir conscience de ces freins, et sans cesse les remettre en question. Au sein de l’entreprise comme de la famille, écrit-elle, en prônant le partage des tâches au sein du couple. Avec Lean In, Sheryl Sandberg entend ainsi faire passer ce message positif : avec de la volonté, concilier vie familiale épanouie et succès professionnel est possible. Elle assure d’ailleurs quitter son travail chaque soir à 17h30 pour passer du temps avec ses deux jeunes enfants.

Ce à quoi certain(e)s lui rétorquent que cela est bien plus facile quand on est déjà riche et au sommet. Car si le livre s’est majoritairement attiré des critiques positives, il a aussi ses détracteurs.

Tout avoir ?

Ce qui passe mal, surtout, c’est que Sheryl Sandberg rend les femmes en partie responsables de leur situation, du fait qu’elles n’osent pas s’imposer, qu’elles manquent de confiance en elles. Plusieurs voix accusent alors la numéro 2 de Facebook de trop mettre en cause celles que son livre est censé aider. Même si, comme elle le raconte, elle a elle-même dû se faire violence, surmonter ses propres incertitudes au fil de sa riche carrière.

Plusieurs commentateurs ont d’ailleurs cherché à opposer la vision de Sheryl Sandberg – qui appelle les femmes à oser s’imposer dans leur vie professionnelle tout en menant une vie familiale épanouie – à celle d’Anne-Marie Slaughter – qui dans un article très commenté en juin dernier s’en prenait précisément au piège du « tout avoir ». Pour autant, Anne-Marie Slaughter elle-même accueille plutôt favorablement Lean In. Tout en regrettant que le livre insiste davantage sur les barrières que se posent les femmes elles-mêmes plutôt que sur les obstacles extérieurs. « Aide-toi, le ciel t’aidera » n’est pas toujours un message efficace…

Les critiques négatives, parfois féroces, qui lui sont adressées, Sheryl Sandberg les anticipait, peut-être sans le vouloir, en janvier dernier. Au Forum de Davos, elle dénonçait cet état d’esprit encore trop commun : « plus les hommes ont du succès professionnel, plus ils sont appréciés humainement ; à l’inverse, les femmes qui ont du succès sont dépréciées ; elles apparaissent antipathiques ».

 

 


(1) En plus de son livre, Sheryl Sandberg adresse son message par l’intermédiaire de son site internet, LeanIn.org. Elle n’est alors plus la seule à servir de modèle puisqu’elle y propose de créer ou s’intégrer à des « circles », des réseaux – avec des femmes, mais aussi des hommes – pour aider à grimper les échelons.

 

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2 commentaires

Lili 13 mars 2013 - 09:43

Evidemment, on est là dans un féminisme de riche. Dommage qu’il y ait peu de livres sur des parcours de femmes dans des milieux plus difficiles.

Mais c’est tout de même intéressant et à promouvoir. Des livres sur les obstacles extérieurs aux femmes, il y en a pas mal. Celui-ci aborde la croissance intérieure, la prise de confiance. C’est important aussi que les femmes sachent qu’elles ont la capacité à avoir ce qu’elles veulent, qu’elles ne sont pas totalement dépendantes du reste du monde. Certaines femmes ont la chance d’être dans des situations ou les obstacles extérieurs sont moindres et c’est bien leur propre manque de confiance et/ou de combativité qui les freine. rencontrer une femme qui a su prendre confiance, lire ce livre, c’est utile pour elles.

Ce que je relève aussi :
– elle sort à 17 h 30. Ca veut dire que pour une fois on n’a pas quelqu’un qui prétend « concilier travail et vie de famille » avant d’expliquer qu’elle/il a une nounou sympa qui accepte de bosser jusqu’à 20 h voire plus. (remarque valable pour les hommes aussi…). Après, c’est sûr qu’à son niveau elle a peu de supérieurs hiérarchiques pour lui mettre la pression…

– elle ne nie pas les obstacles extérieurs. Après j’aimerais bien savoir si elle a amené, chez Google ou Facebook, des évolutions dans la culture d’entreprise…

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hic 13 mars 2013 - 10:01

« – elle ne nie pas les obstacles extérieurs. Après j’aimerais bien savoir si elle a amené, chez Google ou Facebook, des évolutions dans la culture d’entreprise… »
Oui, moi aussi je serais curieuse. C’est bien de faire un livre pour donner du courages aux autres femmes de classe sociale élevée, mais c’est pas mal lorsque l’on a du pouvoir, d’utiliser ce pouvoir pour les échelon les plus bas..

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