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Sombres signaux pour les Afghanes

par La rédaction

Toujours plus de femmes emprisonnées pour des « crimes moraux », pourtant sans fondement légal. Et un Parlement divisé sur la loi sur l’Élimination de la violence contre les femmes.


 

En septembre 2012, les autorités afghanes annonçaient officiellement, pour la première fois, que le fait pour une femme de fuir le foyer n’est pas un crime. Le ministre de la Justice et celle des Droits des femmes assuraient que les Afghanes ayant fui un mariage forcé ou des violences domestiques ne feraient plus l’objet de poursuites (Voir : Fuir les violences domestiques n’est pas un crime).

Problème : cette annonce « a eu un impact limité dans les faits », déplore Human Rights Watch dans un nouveau rapport publié mardi 21 mai (ici en anglais). Pire, le nombre de filles et femmes afghanes emprisonnées pour de tels « crimes moraux » a connu une augmentation « alarmante » ces derniers mois, passant de 400 en octobre 2011 à 600 en mai 2013.

L’ONG déplore également que se perpétue « la pratique abusive d’examens gynécologiques » et « l’absence de progrès dans le recrutement de femmes policiers ».

 Loi sur les violences contestée

Human Rights Watch formule ses constats alors qu’un débat au Parlement afghan a mis en avant le bien fondé des craintes pour les droits des femmes afghanes : samedi 18 mai, les parlementaires afghans devaient adopter le décret EVAW (« Élimination de la violence contre les femmes »), signé par le président Hamid Karzaï en 2009.

« À la veille des élections de 2014 et du retrait des troupes de l’Otan, des députés ont souhaité que ces droits soient validés par un vote au Parlement afin de s’assurer que ce décret ne sera pas remis en cause par le prochain président. Leurs efforts risquent d’être vains », observe France24. Car le débat a tourné court : « les députés conservateurs se sont violemment opposés à [ce] texte visant à ancrer dans la loi certaines mesures contre le mariage forcé et le crime d’honneur ou encore pour augmenter l’âge légal du mariage à 16 ans… Les débats ont été suspendus et aucune date de reprise n’a été fixée. »

Sans compter qu’il existe là aussi un fossé entre le texte et la situation sur le terrain : l’application de cette loi de 2009« reste faible », déplorait en décembre la mission de l’ONU en Afghanistan (Voir : Les violences contre les Afghanes « largement sous-déclarées »).

 

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