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Strip-tease aux Galeries Lafayette

par La rédaction

Lafayette

Des femmes en petite tenue pour inaugurer le rayon lingerie ? Syndicats et associations s’indignent contre le grand magasin parisien.


 

Des mannequins en chair et en os pour vendre soutiens-gorge et petits culottes… Un collectif d’associations, alerté par les syndicats des Galeries Lafayette, dénonce une opération de marchandisation du corps des femmes à l’occasion de l’inauguration du nouveau rayon lingerie de l’enseigne parisienne du boulevard Haussmann.

Cette inauguration, selon le collectif, est marqué par « des animations mettant en scène des mannequins dénudés portant la signalétique du magasin tatoué sur leur corps, postées aux portes d’entrée et aux abords des escalators ; d’autres mannequins jouent les fausses clientes et tombent leur manteau pour continuer leurs achats en string et soutien gorge. »

Le collectif appelle à un rassemblement de 16h30 à 19h, ce jeudi 23 mai devant l’enseigne, soulignant que « ces femmes sont des salariées contraintes de s’exposer dans le cadre de leur travail. C’est une atteinte à leur dignité et une mise en danger. La direction des Galeries Lafayette exploite le corps des femmes pour mener une opération de communication afin d’augmenter ses ventes. Le corps des femmes n’est pas une marchandise ! » Et de rappeler que « 80 % des salariéEs des Galeries Lafayette sont des femmes. Le secteur du commerce est particulièrement touché par les bas salaires, les horaires atypiques et la précarité. »

En 1999, déjà…

La direction des Galeries Lafayette, de son côté, cherche à minimiser la situation : « On a inauguré l’espace avec des défilés, mais il n’est pas du tout question de femmes tatouées », a-t-elle assuré à l’AFP ce jeudi.

Il y a 14 ans déjà, le grand magasin avait choqué en exposant en vitrine des femmes vaquant à leurs occupations simplement vêtues de lingerie. Des associations et des politiques s’en étaient indignées, dans des termes qu’on retrouve aujourd’hui : « La loi du marché et la recherche du profit doivent-elles conduire de façon aussi cynique à porter atteinte à la dignité des femmes, renvoyées ainsi au statut de marchandise, et à transformer les passants en voyeurs malgré eux ? », écrivait ainsi Ségolène Royal, alors ministre déléguée à l’Enseignement scolaire.

 

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