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Sur le toit du monde, et enfin à la une

par La rédaction

Les handballeuses françaises auront dû réussir l’exploit de devenir championnes du monde pour faire la une de L’Équipe. Nouvelle démonstration de la sous-médiatisation des sportives.


Il aura fallu que les handballeuses françaises décrochent leur deuxième titre de championnes du monde, face aux favorites norvégiennes, pour avoir le droit au gros titre de la une de L’Équipe, lundi 18 décembre. Une exposition médiatique à la hauteur de cette victoire, mais il aura fallu cet exploit pour qu’elles obtiennent enfin cette visibilité méritée.

Car la qualification des Bleues pour la finale était restée un événement de second ordre pour le principal quotidien sportif : le 16 décembre, au lendemain de leur victoire en demi-finale, les handballeuses françaises étaient éclipsées à la une par… le footballeur star du Paris Saint Germain. Pensez donc : Neymar (l’homme qui vaut 1700 footballeuses) faisait son retour sur les terrains après deux matchs sans jouer. Un sens des priorités que beaucoup avaient dénoncé, à l’image de l’internationale Chloé Bulleux.

 

Certes, la médiatisation des sportives est en progrès, surtout sur les antennes. Car les chiffres montrent qu’il y a là un vivier d’audience. Cette finale du mondial de handball, diffusée sur TF1, a attiré plus de 4,3 millions de téléspectateurs et téléspectatrices.

Mais côté presse écrite, l’écart de valorisation entre sportifs et sportives reste immense. Pour elles, les gros titres restent exceptionnels, comme Les Nouvelles NEWS le remarquent au fil des ans. Au printemps 2016, par exemple, les footballeuses de l’OL qui jouaient la finale de la Ligue des Championnes n’avaient pas eu le droit au moindre encart à la une de L’Équipe. La même année, même absence alors que les tenniswomen françaises s’étaient qualifiées pour la finale de la Fed Cup. Un silence médiatique qui avait provoqué la colère des joueuses.

Et derrière la façade de la une, le titre mondial des handballeuses françaises reste ce lundi en pages intérieures, un sujet de second ordre face aux hommes de la Ligue 1 de football.

Reste à voir quelle sera la visibilité des Bleues, et des handballeuses en général, alors que la France accueillera en décembre 2018 le championnat d’Europe féminin de handball. Un événement sportif qui, déjà, n’a pas eu droit aux mêmes avantages fiscaux que des événements sportifs masculins de même ordre.

 

 

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