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Terry Richardson n’est plus en vogue

par Isabelle Germain

Le scandale de trop. Après une énième accusation de harcèlement sexuel à l’encontre du sulfureux Terry Richardson, le magazine Vogue met fin à sa collaboration avec le photographe.


Il a déshabillé les plus grandes stars. Kate Moss, Miley Cyrus, Lady Gaga ont toutes posé en petites tenues pour Terry Richardson, souvent dans des poses suggestives. Représentant de ce qui s’est appelé, dans la publicité la vague « porno chic », il est longtemps passé pour un génie dans le milieu de la mode. Seulement aujourd’hui, de plus en plus de voix discordantes s’élèvent.

En mars dernier déjà, Charlotte Waters, ex- mannequin de 24 ans, avait accusé le photographe de l’avoir obligée à lui faire une fellation lors d’une séance photo. Démenti formel de Terry Richardson. Mais quelques mois plus tard, d’autres mannequins s’étaient également plaintes de harcèlement sexuel de la part du photographe. Le secret de polichinelle le mieux gardé du milieu ? En tout cas on ne compte plus le nombre de jeunes filles qui parlent de séances photos tournant à l’agression sexuelle. Ce qui n’empêchait pas le photographe de continuer à travailler sans être inquiété

Une tolérance qui n’aura peut-être plus cours pour très longtemps.tweetDimanche, Emma Appleton postait sur Twitter la capture d’écran d’un message Facebook au nom de Terry Richardson : « Si tu me laisses te baiser, je t’arrangerai une séance photo pour Vogue à New York ». « C’est comme ça que fonctionne le milieu de la mode » justifient certains sur les réseaux sociaux. Ce n’est pas l’avis de l’équipe dirigeante du magazine Vogue, pas vraiment ravie de voir son nom associé à ce scandale supplémentaire. « La dernière fois que Terry Richardson a travaillé pour nous c’était en 2010, et nous n’avons aucune intention de retravailler avec lui dans le futur » a-t-elle fait savoir à US Weekly. Une décision suivie par H&M.

« Il ne faut pas se taire »

Emma Appleton, mannequin, a de son côté été contrainte de fermer son compte Twitter après la tempête de réactions provoquée. « Laissez-moi vous expliquer quelque chose. Je n’ai pas voulu attirer l’attention. Je regrette d’avoir posté ce message à cause de tout ce remue-ménage. En même temps, si tout ceci est vrai, alors il ne faut pas se taire. Il y a trop de filles jeunes et vulnérables dans ce milieu. » conclut-elle dans son dernier message. Terry Richardson, lui, continue de nier. Évidemment.

Et sa réputation a longtemps été inattaquable. En 2010, arrêt sur images relayait le témoignage (édifiant) de Jamie Peck, ancien modèle agressée par Terry Richardson à l’âge de 19 ans. À l’époque déjà, la journaliste Laure Daussy s’interrogeait : « pourquoi une telle complaisance des médias dans le traitement de ces affaires ?» Le photographe est un « prédateur sexuel en série », accuse Jamie Peck sur son blog, « qui use de sa position de pouvoir pour forcer de jeunes mannequins à avoir des rapports sexuels avec lui. (…) Vu la situation de l’industrie de la mode, un mannequin n’a aucun recours si le photographe ne se comporte pas bien – si ce n’est de perdre son emploi, et risquer d’être réprimandée par son agence. Le comportement de Richardson est emblématique de ça, mais loin d’être unique. » Pourtant, soulignait Laure Daussy, les portraits élogieux de « l’artiste » se multipliaient cette même année : témoignages de victimes édulcorés dans le New-York Times ou portrait flatteur dans Libération, rédigé par Olivier Zahm, grand ami du photographe. Les réactions tardives de Vogue et consorts vont-elles enfin permettre de briser l’omerta. Après tant d’années ce n’est toujours pas évident…

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