L’Observatoire européen de l’audiovisuel vient de dévoiler les résultats de son étude sur la présence de femmes dans les productions cinématographiques audiovisuelles. Seulement 26% de films européens ont été réalisés par des femmes entre 2018 et 2022.
Si le pourcentage est en hausse de 5% par rapport à la période 2017-2021, il est difficile de se réjouir et de se satisfaire d’un taux aussi faible. Si les femmes signent à peine plus d’un quart des films -26 %-, les hommes en signent donc les trois quarts !
L’étude (à consulter ici) livre bien d’autres chiffres, parmi lesquels le pourcentage de scénaristes. Seulement 29% de femmes ! D’autant plus que dans cette catégorie, elles travaillent bien plus souvent en collaboration avec des homologues masculins. Pour 40% des films réalisés par une femme, 33% sont écrits par des scénaristes femmes et 67% par une équipe mixte. Pour 83% de films réalisés par un homme, 43% sont écrits par des scénaristes hommes et 57% par une équipe mixte. Sur des longs métrages réalisés par au moins une femme, 86% sont co-écrits par au moins un scénariste homme. Alors que les hommes ont davantage l’occasion d’être seuls en charge d’une mission (et donc d’une possible récompense), plus nombreuses sont les femmes à « partager l’affiche » avec des collègues masculins.
Elles travaillent plus souvent en équipe que les hommes
Au-delà d’une inégalité criante sur un plan professionnel, ces chiffres sont révélateurs d’un autre phénomène. Si la grande majorité des œuvres proposées le sont d’un point de vue masculin, il reste alors peu de place aux femmes pour s’exprimer et raconter leurs expériences et leurs vécus. Le cinéma rime certes avec fiction mais celle-ci n’en est pas moins inspirée du quotidien et des observations des cinéastes.
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Autre point significatif : lorsqu’une femme est derrière la caméra, plus nombreuses sont les femmes à travailler avec elle sur le film. Elles sont ainsi 77% de scénaristes à travailler sur un long métrage réalisé par une femme contre seulement 28% lorsqu’il s’agit d’un réalisateur masculin. Ce phénomène se répète également avec les métiers de la production (42% / 33%), direction de la photographie (19% / 10%), musique (16% / 9%) et montage (44% / 33%).
Moins présentes derrière la caméra
Sous-représentées dans les postes importants à l’élaboration d’un long métrage, c’est finalement devant la caméra que les femmes sont les plus nombreuses. 41%, c’est le pourcentage d’actrices ayant au moins un rôle principal dans un long métrage. Encore faut-il savoir quel rôle elles jouent !
Sur grand écran, les femmes apparaissent souvent dans des rôles stéréotypés. Iris Brey dénonce très bien ce fameux male gaze (regard masculin) dans son ouvrage Le regard féminin – Une révolution à l’écran. (éditions de l’Olivier)
Le test de Bechdel-Wallace est également un très bon indicateur des rôles sexistes attribués aux femmes. Le test repose sur trois éléments dont voici les conditions :
• Deux femmes nommées dans le film (avec un prénom et un nom)
• Elles parlent ensemble
• Elles échangent sur des sujets qui n’ont pas de rapport avec un homme
Quand ces trois critères ne sont pas réunis, le film se concentre alors sur des figures masculines et les femmes y apparaissent uniquement en tant que faire-valoir des personnages masculins.
A la vue des résultats de cette étude annuelle, il est facile de faire la corrélation entre ces deux éléments. Au même titre que les femmes sont plus nombreuses à travailler sur un film réalisé par une femme, le regard porté sur les personnages féminins est plus positif que lorsqu’il s’agit d’un film réalisé par un homme.
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